L’autodestruction comme soupape

Quand on est enfant, il arrive que notre cerveau ne suffise pas à expliquer pourquoi nous nous sentons malheureux. On sent des fourmis dans les jambes; on ne tient pas en place; on est frustré, mais par quoi? On ne le sait même pas! C’est ça, le drame. Une agitation nous possède, qui nous fait … Lire la suite de L’autodestruction comme soupape

Le magnétisme de la beauté

Même marié avec la femme de ma vie (que je chéris tendrement), mon regard se tourne tout seul vers la beauté, surtout celle des êtres épanouis, resplendissants de santé ou qui dégagent un charme mystérieux, particulier. On cherche toujours son chemin, vous savez, et l’on aime croire, à tort ou à raison, que les clartés … Lire la suite de Le magnétisme de la beauté

Le grand prêt

Nous n’avons jamais que l’usage des choses que nous achetons, louons, empruntons, recevons; que l’usage des êtres que nous aimons, redoutons, croisons, avec lesquels nous avons affaire; que l’usage de l’expérience, du savoir, des idées, des sentiments, des émotions, des sensations; que l’usage de notre corps. Dans le grand jeu de la vie, tout nous … Lire la suite de Le grand prêt

L’expérience des perceptions profondes

À l’écoute de « Végétal » de Bernard Parmegiani (Violostries, CD 1, plage 3), j’ai l’intuition de comprendre que le sentiment d’union ou de communion qu’on peut ressentir avec l’univers tout entier quand on descend loin en soi-même par la concentration, la méditation, l’écriture ou la création d’œuvres d’art est peut-être, en réalité, l’expérience d’un effet miroir, d’un écho : … Lire la suite de L’expérience des perceptions profondes

La ruée vers l’attention

Dans ce demi-monde* connecté serré où chacun recherche les « J’aime » de ses « amis », où les blogueurs se disputent les parts de « temps de cerveau », où les plus performants profitent de leur cote d’écoute pour allécher les commanditaires, où un milliardaire s’est fait élire parce qu’il s’était fait remarquer comme chef de gang, où des … Lire la suite de La ruée vers l’attention

Donnez-nous notre mémoire quotidienne

  À chacun sa réalité La mémoire est un drôle de témoin. Elle enregistre tantôt avec une précision de studio, tantôt à travers un filtre, tantôt encore, elle n’enregistre pas du tout. Souvent, elle reconstitue les événements du passé grâce à la machine à rêves, laquelle se charge sans scrupule de refaire le montage des … Lire la suite de Donnez-nous notre mémoire quotidienne

Les écrans n’ont pas d’odeur

Quand on ouvre un livre neuf à une page qui n’a pas encore été ouverte, ou, pour dire la chose plus exactement, quand on écarte l’une de l’autre deux pages qui jusque là se tenaient face à face depuis la fabrication du livre — disons les pages 226 et 227 —, on crée un microévénement. L’intégrité … Lire la suite de Les écrans n’ont pas d’odeur

Le bourreau consolateur et la rémission des péchés

  De toutes les photos vues au World Press Photo, celle qui me poursuit et me chagrine le plus est cette photo des condamnés à mort et des bourreaux. L’un des deux réprouvés appuie sa tête contre l’épaule du bourreau cagoulé, tandis que celui-ci l’étreint spontanément de sa main gauche. La légende nous apprend que, … Lire la suite de Le bourreau consolateur et la rémission des péchés

Sortir du cadre

À gauche : Pere Borrel del Caso, Escapando de la critica, Madrid (1874). À droite : gravure sur bois d’un artiste inconnu illustrant le livre L’atmosphère : météorologie populaire (1888) de Camille Flammarion (1842-1925).   Voici deux images fascinantes qui illustrent le rêve de tout homme curieux : celui de sortir du cadre de sa vie. … Lire la suite de Sortir du cadre

Un « work in progress »

Il m’est apparu que mon site Internet concorde de plus en plus avec la définition que François Ricard donne des livres dans lesquels un auteur a mis « toute sa pensée, tout ce qu’il sait et ignore de lui-même et du monde[1] ». Ne suis-je pas en train de créer « à partir de là », sur les parties … Lire la suite de Un « work in progress »