De filmer et d’écrire vrai

 

Texte pour philosophes et autres penseurs, sous forme d’archipel de réflexions.

 

 

Extrait d’une lettre de présentation

De filmer et d’écrire vrai est une réflexion fondamentale sur la distance entre le réel et sa représentation (filmique, photographique ou verbale). Plus précisément : sur la distance entre la perception du réel et la perception de sa représentation.

Je pars du principe que, dans la recherche de ce qui est réel pour l’être humain (ce que je qualifie de « vrai » par hypothèse), chacun doit passer par la conscience d’autrui. De même que les astronomes déterminent la distance des corps célestes à la Terre par triangulation, l’être humain évalue la véracité de sa position personnelle par rapport au réel en comparant ses perceptions à celles des autres. Les autres, en particulier les artistes, communiquent leur expérience du réel par des images ou des textes. Images et textes servent donc d’interfaces entre deux consciences (celle du créateur et celle du spectateur-lecteur). Il ressort de cette transmission d’expériences intimes avec la réalité que notre connaissance du réel est foncièrement (et magnifiquement) subjective.

 

Laval, le 19 juin 2018.

Lettre restée sans réponse.

 

 

De filmer et d’écrire vrai

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L’image de la réalité

Au visionnement, certains plans ont un accent de vérité si criante qu’on en est surpris, réjoui, ému, voire bouleversé. On n’arrive pas à croire que quelqu’un a réussi à capter le réel si farouche, le réel qui ferme les yeux quand on fait clic, le réel qui joue faux dès qu’on appuie sur Rec. La caméra a enregistré le sourire inconscient du bébé, le baiser spontané de l’enfant. Le sourire, le baiser sont entrés sans altération dans la boîte. On n’en croit pas ses yeux : à l’écran, c’est toujours aussi vrai!

Quand on visualise une image qu’on perçoit comme authentique, on ne la pense pas, on la voit. On n’a pas le temps d’y réfléchir en tant qu’enregistrement d’une vue. On la vit comme une expérience authentique en soi (vraie, inédite) qui, par surcroît, rappelle les expériences authentiques (vraies, inédites) de faits semblables vécus antérieurement. (Une image ne peut susciter le sentiment de véracité que si on peut la comparer à un souvenir enregistré comme vrai dans la mémoire à long terme.)

La nouvelle expérience visuelle est donc admise dans notre conscience au titre qu’elle est aussi réelle que le réel qui nous entoure. Au moment du visionnement d’une bonne scène filmée, il ne nous importe pas de savoir que l’image appartient au passé, qu’elle a été mise en scène ou qu’elle n’est qu’un fantôme d’elle-même, un simple artéfact. On la perçoit comme vraie, présente, immédiate. On y entre tout entier par l’esprit comme par une porte ouverte.

(Rappelons-nous ici que la présomption de réalité accompagne tout ce qui parvient à la conscience. Les avocats du scepticisme qui travaillent en nous ne manqueront pas de se faire entendre, mais seulement après.)

 

D’expérience en expérience

L’image animée qui s’affiche ou qui est projetée sur un écran transmet au spectateur l’expérience visuelle du caméraman. Le spectateur voit par les yeux d’un témoin oculaire; il voit par personne interposée; il intériorise ce que quelqu’un d’autre a vécu, et par là en conçoit sa propre expérience. Jusqu’à un certain point, il entre dans la conscience du témoin; le témoin a partagé son expérience avec le spectateur par le truchement d’une image.

L’expérience visuelle peut rejoindre ce qu’on appelle en philosophie l’expérience de pensée. Les effets spéciaux, par exemple, permettent de visualiser des irréalités plausibles tout à fait communicables. Cela dit, nul besoin d’effets spéciaux pour faire l’expérience d’une scène qu’on n’a jamais vécue mais qu’on visualise comme vraie. Cela aussi appartient véritablement à l’expérience de pensée — et même à l’expérience tout court —, et on peut en tirer les mêmes conclusions.

Revoir ce que j’ai moi-même filmé appartient à une autre expérience. Celle du décalage. Décalage dans le temps (passé/présent) et décalage de conscience (souvenir/visionnement). Au premier visionnement d’un enregistrement vidéo, l’image enregistrée par la caméra se présente comme semblable et pourtant différente de l’image enregistrée par ma mémoire. L’image est un calque que je pose sur un original. L’original — mon souvenir — s’en trouve immédiatement altéré, pire : condamné à s’évanouir derrière la représentation soi-disant objective du passé. Une photo, une scène filmée peuvent très bien se confondre avec mes souvenirs et les supplanter.

On comprend pourquoi certaines personnes n’aiment pas filmer ou photographier. Elles préfèrent, disent-elles, garder leurs souvenirs « intacts ». Savent-elles cependant qu’elles négligent un détail important? La mémoire est constamment au travail. Au moyen de son « logiciel » de traitement de l’image, elle récrit le passé. Elle a beau jeu de puiser dans la profondeur des données brutes ce que bon lui semble et d’en faire une œuvre d’art : elle éclaircit les ombres, accentue le contraste, assombrit le ciel, nuance les couleurs, applique des textures. Devant le résultat (retouché à chaque rappel), on comprendrait qu’un juge mandaté pour déterminer la réalité des faits envisage de déclarer forfait.

 

La transmission du vrai

De la même façon qu’une image criante de vérité rappelle et crée du vrai chez le spectateur, une phrase criante de vérité établit une triangulation significative, voire décisive, entre deux consciences (celles de l’auteur et du lecteur) et le réel.

Une phrase vraie transporte le lecteur directement dans la conscience de la personne qui l’a pensée, et cela, à l’instant même où elle la concevait (il y a peut-être cent ans, mille ans). Elle la transporte dans l’instant où cette personne, l’écrivant, découvrait sa fraîcheur virginale. (Car l’acte d’écrire sert aussi de révélateur.) Quand l’auteur a touché à du vrai, auteur et lecteur l’attestent d’instinct. Ils s’émerveillent : ce qui est vrai reste frais pour des siècles et des siècles, et sous toutes les latitudes. Pas de date de péremption! Pas de culture privilégiée. Un mot peut suffire. Un mot bien placé.

L’image, le texte servent d’interfaces à deux consciences qui, par cet artifice, deviennent en différé et à volonté les deux hémisphères d’un même cerveau (hémisphères qui, se réfléchissant l’un l’autre, rendent possible l’empathie). Ce bond dans l’esprit de l’autre, ce contact intime, ce coup de sonde répondent à une curiosité universelle : connaître ce qui se passe dans la tête de quelqu’un d’autre. Mais j’anticipe.

 

Le remplissage du vide

Le cinéaste, le photographe et l’écrivain sacrifient au besoin de mettre en forme ce qu’ils voient, ce qu’ils pensent; de tester sur eux-mêmes l’effet de leur production; de faire voir ou lire cette production par quelqu’un d’autre; et finalement de mesurer sur eux-mêmes les effets produits sur autrui et qu’autrui leur a fait connaître.

La succion du vide pousse le créateur à l’action. Le but du créateur : combler le vide, un de ces vides qu’on remarque un peu partout dans la matière du monde, sorte de présence dure, figée en creux, de quelque bulle qu’il faudrait matérialiser de nouveau, tirer hors du moule, réhabiliter, en somme, et qui manque.

L’écrivain s’isole des Hommes pour donner à voir, du monde, ce qu’il en voit de sa place à lui, unique, à travers la lentille de son intériorité, unique. Qu’il donne cela en partage à tout venant relève moins de la générosité que de sa nature — tout comme, pour l’arbre, jeter ses graines à tout vent relève de sa nature. L’arbre ne regarde pas à la dépense : trop de graines pour qu’une ou deux germent, ce n’est pas du luxe.

 

L’accès

L’écrivain ouvre aux lecteurs un accès privilégié à sa conscience, rien de moins. Derrière la porte dérobée, il nous introduit dans son cabinet privé où, malgré le rond de lumière projeté par la lampe sur la table de travail, on remarque dans la pénombre la présence gênante d’un lit défait.

C’est bien l’un des plus grands plaisirs troublants qu’offre la littérature que de proposer au lecteur l’expérience mentale qui consiste à entrer par la lecture dans l’intimité d’une conscience inconnue et à émuler celle-ci — je le répète — à l’instant précis où les mots traduisant sa pensée s’écoulaient dans la page comme une coulée de lave épaisse, craquante et brûlante, au rythme d’un pas d’homme.

Ou encore : comme la tête de l’eau qui avance sur toute la largeur du sol desséché. Tête lectrice, spectatrice, qui ranime l’instant de l’écriture comme l’eau réveille les semences du désert. La lecture reconstitue l’instant de grâce où le texte fut pensé. Insouciant du passage des siècles, le lecteur suit en temps réel le cours ou le dépliement d’une conscience vivante occupée à écrire précisément ces mots-là, ces pensées-là. Il assiste en direct à l’acte d’écrire, un mot après l’autre; il est contemporain de cet accouchement-là.

Le lecteur peut bien poser le calque de sa propre conscience sur ce que dit du réel l’auteur en train d’appliquer son propre calque, peu importe. Certains mots vrais perceront tous les calques comme les rayons du soleil traversant le verre finiront bien par mettre le feu. Par cette trouée qu’une lèvre incandescente agrandit à vue d’œil, le réel parlera, laissant l’auteur et son lecteur pantois.

 

L’empathie

En émulant le romancier, le lecteur émule aussi la capacité d’empathie de l’auteur pour ses personnages. Les lecteurs à qui l’empathie fait défaut apprendront par la lecture de romans axés sur l’intériorité des personnages comment se mettre à la place d’autrui. Il n’est pas interdit de penser qu’à un moment ou à un autre, une lecture déclenchera un saut d’ordre psychologique ou spirituel. Dans un monde sans littérature, comment arriverions-nous à mieux nous comprendre nous-mêmes? Comment apprendrions-nous à mieux comprendre les autres? Il faut impérativement raconter et se faire raconter des histoires. Et ne pas oublier que nous resterons jusqu’à la fin des enfants grandis.

Les enseignements littéraires que j’évoque ici ne sont pas nécessairement définissables par la raison. Comme ils s’expriment souvent en paraboles, ils vont se loger naturellement dans les zones subconscientes où ils entretiennent une sorte de murmure dont nul ne peut sonder les conséquences.

 

L’essentiel

Filmer, photographier, c’est comme écrire. Écrire, c’est dire, mais c’est aussi faire passer quelque chose entre les lignes.

Ce texte, par exemple, ne se donne pas seulement à lire ligne à ligne, mais aussi « entre les lignes » comme on dit. Certaines idées qu’il véhicule, manifestes ou latentes, sont entrées en vous et sédimenteront à votre insu. Elles se déposeront au fond de vous et s’accumuleront avec d’autres, d’autres provenances. Toutes deviendront solides avec le temps.

Je vous ai donné accès à ma conscience; vous avez suivi le tâtonnement de mes dendrites et la croissance de mes axones. Malgré toute mon application, je n’ai pas réussi, je le sens, à mettre toutes mes idées dans un ordre satisfaisant comme l’aurait fait un logicien, un philosophe. Ce n’était pas mon ambition. Il me suffisait d’explorer librement un plan de conscience, comme on le fait d’un plan d’eau quand on s’y balade en canot!

Nous avons pagayé en suivant la rive; nous avons contourné une famille de nénuphars; nous avons poussé notre exploration au-delà d’une pointe; nous avons eu le soleil tantôt à gauche, tantôt à droite; nous avons pris les vagues de front. Notre canot n’a pas fait le tour du lac, et pourtant, nous revenons vers le quai plus méditatifs, plus empreints de nous-mêmes et du monde qu’à notre départ. Quelque chose a changé en nous, quelque chose a eu lieu, a bougé, s’est fait jour. On ne saurait dire quoi exactement. Signature de l’essentiel.

J’ai fait un dessin à la surface de l’eau. Le voyez-vous?

 


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Postface

Hier, mon texte s’arrêtait là, et j’étais content de sa chute.

Ce matin, j’ai lu d’un trait « Sous le charme », le deuxième chapitre d’Exit le fantôme, un roman de Philip Roth. Je suis encore tout remué par le dialogue fictif du vieil homme incontinent et de la jeune femme séduisante. Ce texte m’apprend que je n’étais pas encore allé assez loin dans ma réflexion. Je n’avais pas parlé du flirt.

L’essentiel de l’écriture se joue en coulisse. C’est une affaire intime, un dialogue avec soi-même. S’il y a décalage entre l’image et sa représentation, entre la réalité et la fiction, il y a aussi décalage entre la vie réelle et la vie imaginée (bien que toutes deux soient reliées par un cordon ombilical). Sait-on seulement laquelle nourrit l’autre?

L’écrivain de l’intime entretient avec la vie réelle une relation nourricière. Il compte sur elle pour exprimer ses propres gènes, imaginer des possibles et y comprendre quelque chose. Il y a sans doute une part de consolation émotive dans les tâches d’exploration rationnelle. Pourquoi aurais-je examiné les différents profils de mon sujet avec des mots réflexifs sinon pour trouver une ouverture sur quelque chose d’irrationnel comme le plaisir?

L’écriture soigne par du sens imaginé ce que le réalisé laisse en plan.

 

Le flirt

L’écrivain flirte avec la vie. C’est un jeu de séduction entre ces deux-là, deux êtres pas faits pour vivre ensemble et néanmoins incapables de se laisser. Parlons ici de ce que je connais : l’homme écrivain. Je vais simplifier : jeune et vigoureux, il flirte avec la mort; dans la force de l’âge, il flirte avec ses semblables; vieillissant, il flirte avec la vie, les séductions de la vie.

Dans tous les cas, l’écriture est un laboratoire où l’écrivain expérimente et vit mentalement des possibles. (« Et si… et si… ») Il a faim de voir, de savoir. Faim sexuelle, assurément, faim de contact interpersonnel, faim de tendresse, de santé, d’intensité, d’échanges cérébraux, affectifs, corporels. Il n’avoue pas toujours qu’il cherche à se sentir vivant, qu’il cherche les pépites dans l’émotion du vrai, de ce qui est vrai pour lui, de ce qu’il se raconte comme vrai, bref de ce qui l’embrase. Le voici qui flâne, qui rôde, qui observe son sujet. Il entraîne son lecteur dans les méandres de son exploration. (Et c’est ce que je viens de faire.)

Son isolement trahit une intimité bouillonnante. En lui bat une force vitale qui tantôt l’exaspère, tantôt l’exalte. Il la brandit; il s’en défie. C’est dans le flirt qu’il cherche à faire savoir (sans le dire) que le monde, que les autres exercent sur lui un magnétisme fondateur.

Il est comme ça, le reclus, l’écrivain. Il cherche à faire céder mentalement ce qui l’attire, et qui est précisément ce à quoi il renonce pour en faire une icône.

 

L’indicible

Au-delà de cette limite, la réflexion n’est plus valide. Retirons cette combinaison qui n’avait d’utilité qu’en eau froide. Dessous, voyez-vous, je ne portais qu’un léger récit. C’est le vêtement parfait pour la nudité.

Adolescent, j’ai été bouleversé par un film présenté à la télé, un film tout simple, réaliste, qui ne passera pas à l’histoire pour ses qualités cinématographiques.

Ça se déroulait en France, dans un petit village où il y a des murs de pierres sèches, des allées étroites, des femmes accoudées aux fenêtres, des joueurs de pétanque, des enfants qui jouent. (J’invente peut-être.) On suivait un homme vieux, pensif, qui marchait parmi les séductions de la vie et leur adressait, amoureux, un dernier regard. Quand ses yeux inaltérés se posaient sur une passante trop belle, trop jeune, on sentait glisser au ralenti sur son visage raviné le tulle toujours parfumé de sa tendresse. (En mal d’amour moi-même, cela me fendait le cœur de voir ce vieillard faire ses adieux à ce qui m’était si désirable.) La cloche de l’église sonnait les heures. Pas du son lugubre du glas, bien au contraire. Du son clair d’une joie. Celle de vivre, de se savoir vivant. Et ce m’était d’autant plus poignant. Tout cela se déroulait sur une journée; on s’acheminait tranquillement vers la fin. Une journée parmi d’autres. Dans la lumière du soleil déclinant, le paysage bucolique entrait en gloire peu à peu. Sortant de moi, je ne pensais plus qu’à m’élancer.

Ce flirt-là.

 

Esquissé le 24 juillet 2013 (carnet no 85).
Approfondi du 9 au 18 juin 2018.

Laval, le 18 juin 2018.

 

© André-Guy Robert, 2013-2018
Toute reproduction sans l’autorisation préalable de l’auteur est interdite.
Demande d’autorisation : andreguyrobert@hotmail.com

 


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Annexe

 

Je parlais de triangulation dans ma lettre de présentation de De filmer et d’écrire vrai : déduire la position du réel ou de l’œuvre en coordonnant la perception que j’en ai et qu’autrui en a. Quand la perception d’autrui manque, l’auteur ne peut apprécier la réalité de sa perception. Il entre alors en conjectures. C’est le sujet de cette annexe.

 

Correspondance

 

 

Extrait de la lettre de présentation
adressée à la revue Les écrits.

 

Mesdames, messieurs,

Le texte ci-joint est en marbre. Il comporte des passages cérébraux. Nous préférons vous en avertir.

Merci de votre bonne attention.

Courriel du 19 juin 2018, 9 h 27.

 

 

 

Réponse

 

Bonjour cher monsieur,

Merci de votre texte en marbre. Nous ne craignons pas les passages cérébraux. Nous vous lirons avec concentration.

Bien cordialement,

David Desrosiers
Secrétaire de rédaction

Les écrits (de l’Académie des lettres du Québec)

 

Courriel du 19 juin 2018, 17 h 15.

 

Cette admirable réplique
donnait à espérer une collaboration tonique.

Malheureusement, le temps a glissé par le col du sablier,
il a glissé, glissé…
et n’a débouché, malgré trois courriels de suivi,
sur aucun refus ou avis de publication.

Qui ne dit mot ne consent pas pour autant.

 

 

Silence de marbre pour trio

Appena udibile

 

Le témoin

Que s’est-il passé? Ce texte écrit en marbre n’a produit aucune réponse. En marbre pourtant. Est-ce que le marbre peut se fissurer en silence? Ne produire aucun bruit s’il s’effondre? Il faudra que je me renseigne. Auprès de qui? L’édifice est vide comme l’écho. Des escaliers partout, des portes. Une porte peut-elle s’effondrer? Il faudrait sans doute une fissure, et qu’elle soit en marbre.

 

L’auteur

Un buste ne parle pas. Est-ce qu’il pense aux mots d’une réponse, ou est-ce qu’il ne pense pas? Et si l’on fendait ce buste à coups de marteau? Se montrerait-il moins froid? S’il s’ouvrait sur un cylindre rempli des cendres de quelqu’un? Est-ce qu’on trouverait une réponse? Ou faudrait-il broyer du marbre pour faire surgir un phénix bavard? Il paraît que le froid surprend au contact d’un buste. Peut-être que cette surprise suffirait à le faire sortir du silence?

 

L’éditeur

Entre les veines fuyantes, comment lire sur sa paume l’avenir du marbre?

 

Écrit pendant le visionnement
du film La douleur, mis en pause.
2019-03-05 (carnet no 97).

 

D’entrée de jeu, j’ai affirmé ceci : « Dans la recherche de ce qui est réel pour l’être humain (ce que je qualifie de “vrai” par hypothèse), chacun doit passer par la conscience d’autrui. » Cette conscience, en l’occurrence, est la vôtre. Me fournirez-vous donc sur le réel le point de vue qui manque à mes réflexions? Si vous le faisiez, nous serions en mesure de déterminer par triangulation la position du vrai.

 

2019-03-12

 

© André-Guy Robert, 2019
Toute reproduction avec l’autorisation préalable de l’auteur est souhaitée.
Demande d’autorisation : andreguyrobert@hotmail.com

2 réflexions sur “De filmer et d’écrire vrai

  1. De filmer et d’écrire vrai… voilà un bon contrat avec soi-même ! C’est ce que tente et réussit très bien à faire André-Guy ! Sa profonde réflexion sur le sujet nous entraîne dans son univers… Ici, un univers d’exploration des rapports entre le réel et sa représentation dans les textes et les images.

    Il fait un zoom sur le créateur de textes ou d’images qui offre ainsi au lecteur/spectateur l’accès à sa conscience et à vivre à son tour les mêmes émotions, le même émerveillement qu’à l’origine.

    Je me réjouis que des penseurs prennent le temps, leur temps, pour réfléchir profondément à nos rapports humains qui ont horreur du vide. Nous avons ce besoin de confronter les uns aux autres nos idées, nos opinions, nos perceptions de la réalité. Et c’est tant mieux, car c’est souvent l’occasion de belles découvertes. Merci à nos créateurs qui nous font le cadeau de partager leur univers, leur recherche de vérité. Pour tout cela, merci André-Guy !

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