La voix du vent

L’homme rentra en même temps qu’une bourrasque. Il claqua la porte et dit :

« J’ai marché vite.

« Sur la route, il y avait une grande voix dans les arbres. Elle devait parler aux loups parce qu’ils se taisaient.

« C’est bon d’être au chaud. »

Il se laissa choir dans la berceuse.

Une branche obstinée frappait à la vitre. Frappait la vitre. Frappait.

L’homme lui jeta un regard noir. Il ressortit dans l’automne glacial. La porte battait derrière lui, soufflée, aspirée. La femme la clencha.

Dehors, les mains gercées de l’homme remplissaient la fenêtre. Derrière les carreaux, la branche étranglée cassa.

« Elle se taira au moins, la maudite », fit l’homme en rentrant.

La femme n’entendit que la voix du vent.

Auprès du feu, il faisait sec.

 

Laval, le 18 novembre 2014

 

© André-Guy Robert, 2014, 2021
Toute reproduction sans l’autorisation de l’auteur est interdite.
Demande d’autorisation : andreguyrobert@hotmail.com

 

Texte publié dans :

Entrevous, revue d’arts littéraires,
numéro 15, section « Marché des mots / En liberté surveillée »,
Société littéraire de Laval, janvier 2021, 72 p. [p. 53];
http://sll-entrevous.org/revue-entrevous/numeros/
Permis de reproduire accordé par l’éditeur.

 

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