À la table à côté

CONTEXTE

Cette conversation a été entendue par bribes dans un restaurant bondé. Le couple s’exprimait en anglais.

 

F  — C’est dur.

H — Je sais.

F  — C’est tellement dur.

. . .

H — Mais tu comprends.

F  — Oui.

. . .

H — C’est des choses qui arrivent.

. . .

Elle pleure derrière ses verres fumés.

. . .

F  — C’est très dur.

H — Je sais.

Elle soupire.

F  — Je veux dire… ah…

 

Laval, le 23 avril 2019

 

© André-Guy Robert, 2019
Toute reproduction sans l’autorisation préalable de l’auteur est interdite.
Demande d’autorisation : andreguyrobert@hotmail.com

 

Traduction libre d’une conversation,
réinterprétée en avril 2019 avec Danielle Shelton,
directrice générale, littéraire et artistique,
Société littéraire de Laval.

Texte publié dans :
Entrevous, revue d’arts littéraires,
numéro 10, section « LaboClic : conversation indiscrétion »
Société littéraire de Laval, juin 2019, 64 p. [p. 9];
http://sll-entrevous.org/juin-2019/
Permis de reproduire accordé par l’éditeur.

L’auteur a lu ce texte en public
lors du lancement du numéro, le 3 juin 2019.
Bibliothèque multiculturelle, Laval (Québec).

 

 

Annexe 1. Version d’origine

 

Conversation entre un homme et une femme entendue par bribes dans un restaurant français de Toronto.

— It’s difficult, dit la femme, après avoir pris place.

— I know, dit l’homme.

— It’s difficult…

. . .

— You know…

— Yes.

. . .

— Things happend.

. . .

Elle pleure derrière ses verres fumés.

. . .

— Okay.

— I know.

— It’s very difficult.

— I know.

Soupir.

 

— I mean…

. . .

André-Guy Robert
Carnets
Toronto, le 30 mai 1988

 

 

Annexe 2. Commentaire de l’auteur

 

Vous avez lu ces deux versions d’une même conversation. Qu’en déduisez-vous?

Pour ma part, j’avais compris (version anglaise), qu’une femme vivait un moment difficile avec une personne absente (conjoint? proche?) et que l’homme qui l’accompagnait (parent? ami? collègue?), au courant de la situation, désirait lui témoigner toute son empathie.

Pour Danielle Shelton, l’éditrice, il était clair que l’homme était en train de rompre avec la femme. C’est pourquoi le mot « couple » apparaît dans le paragraphe « Contexte », et c’est aussi pourquoi la femme qui disait « You know… » devient l’homme qui dit « Mais tu comprends »…

J’ai accepté de me prêter au jeu de ce changement de point de vue, sachant bien que chaque lecteur révèle, du texte, le sens qui le concerne.

En ce qui vous concerne, quel sens avez-vous donné à cette conversation?

 

Laval, le 12 juin 2019

 

Télécharger la version PDF de ces textes.
Version publiée

 

 

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