Citations et notes de lectures

« Il y a des choses qu’on ne peut pas dire soi-même. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Gallimard, 2011, p. 629)

 

« [] l’impérieuse beauté des phrases []
je les sortais de leur contexte
pour tenter de comprendre ma vie []. »

Léonora Miano
(Crépuscule du tourment,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2016, p. 143)

 


Ce dictionnaire de citations s’enrichira avec le temps…


ABANDON

« je me jette en toi comme une pierre »

Gérald Godin
(« Cantouque de l’écœuré », reproduit dans
La poésie québécoise contemporaine,
anthologie présentée par Jean Royer
,
Éditions de l’Hexagone / La Découverte,
coll. « Anthologies », 1991, p. 128)


ABSENCE

« […] l’une des plus curieuses spécialités de l’homme est de donner un pouvoir de torture à l’absence. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
Gallimard, 1985, p. 62)


ABSOLU

« Qui abaisse l’absolu déchaîne le bruit. »

Rober Racine
(Le dictionnaire, suivi de La musique des mots,
Éditions de l’Hexagone, coll. « Itinéraires », 1998, p. 82)


ABSURDE

« L’absurde dépend autant de l’homme que du monde. Il est pour le moment leur seul lien. »

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 37)


ABSURDITÉ

« Il n’est pas de manière plus odieuse de punir un homme que de le contraindre à des actes auxquels on refuse leur sens. »

Simone de Beauvoir
(Pour une morale de l’ambiguïté)


ACCORD

« Leurs accords tirent leur beauté de la dissonance ambiante. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 556)


ACTION

« L’action naît de l’audace : c’est le hasard qui décide de son effet. »

Démocrite
(cité par Paul Auster, 4 3 2 1,
Actes Sud/Leméac, 2018, p. 876)


ADOLESCENCE

« C’est un moment extraordinaire, l’adolescence, parce que toutes les sensations sont suraiguës. Autant les sensations de plaisir que les sensations de détresse. C’est le moment où il n’y a pas de banalité. La banalité, c’est la mort psychique. C’est pour ça que tant d’adolescents cherchent des situations extraordinaires, soit l’amour, soit l’alcool, soit la prise de risques. C’est le moment où on se constitue l’identité, le moment où on se sent vivre le plus intensément. »

Boris Cyrulnik
(à l’émission La grande librairie, TV5, février 2015)


ADORATION

« Les pauvres devinrent mes frères, mon idéal. Ils ne cherchent pas à se mettre à l’abri du besoin, car ce serait se mettre à l’abri de la vie, non, ils aiment tant la vie qu’ils lui font confiance, ils s’en remettent à elle. Il y aura toujours un homme qui passera et jettera une pièce ou un bout de pain. Cette confiance, c’est de l’adoration. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Livre de poche no 15273, Paris, 2000, p. 49)


ADULTÈRE

« Chaque adultère est un renouveau du péché de la connaissance. »

Alexandre S. Pouchkine
(Journal secret, Belfond, Paris, 1994, p. 169)


AFFAMÉ

« J’ai compris que tout affamé était, en son genre, un cannibale. Il consomme sa propre chair, il n’y a que les os qui restent. Il vit sur sa graisse jusqu’au dernier gramme. Ensuite, sa raison s’obscurcit : il a mangé sa cervelle. L’affamé s’est mangé tout entier. »

Vassili Grossman
(Tout passe…, Stock, 1972, p. 208)


ÂGE

« […] à partir de vingt-cinq ans, tout le monde a le même âge […]. »

Oscar Wilde
(cité par Paul Auster, Brooklyn Follies,
Actes Sud / Leméac, 2005, p. 101)

« L’âge finit toujours par nous présenter sa facture. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 92)

« Mon âge vieillit avec moi »

Joséphine Bacon
(Uiesh | Quelque part, Mémoire d’encrier,
coll. « Poésie » no 77, 2018, p. 84)


ÂGE DE SIRI

Question : Siri, quel âge as-tu?

« Je suis aussi vieille que le vent d’Ouest et aussi jeune qu’une chenille qui vient de naître. »

Siri
(outil logiciel de recherche
par commande vocale d’Apple)


AGRESSION

« Quand on agresse, c’est pour sortir de l’impuissance. »

Rose-Marie Charest
(psychologue, à l’émission Médium large,
Radio-Canada Première, le 15 août 2017)


AILLEURS

« Where is elsewhere
« Behind the trees, beyond the mist, maybe after the next trunk or the next stump, below the roots, across the brook. Somewhere is elsewhere, a place not on the path, but very present. »

Petr Sýkora
(Flickr, visité le 18 juin 2020,
https://www.flickr.com/photos/sykorapetr/49996720563)


AIMER

« Il y a quelque chose d’absolument catastrophique à l’idée qu’on puisse oublier d’aimer. »

Césinaldo Poignand
(libraire, à l’émission
La grande librairie, TV5, le 16 juin 2019)

« […] quand on aime comme on respire, ils prennent tous ça pour une maladie respiratoire. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 156)


ALLIANCE

« Nous devons en permanence renouveler à chaque matin notre alliance avec le monde. »

Pascal Bruckner
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 30 octobre 2019)


ÂME

« Je ne poursuis ni grands desseins
« ni merveilles qui me dépassent
« […] je tiens mon âme égale et silencieuse,
« mon âme est en moi comme un enfant
« comme un petit enfant contre sa mère. »

Attribué au roi David
(Psaume 131 [130], 1 et 2)

« L’âme est la dignité foncière de tout être. »

Albert Camus
(cité par François Cheng à l’émission
La grande librairie, TV5, 2 février 2020)

« On met son âme partout […]. »

Suzanne Jacob
(L’obéissance, Éditions du Seuil, 1991, p. 185)

« Quand on lui donne de l’espace, l’âme se réjouit. »

Thomas Moore
(Méditations, Éditions Flammarion, 1995, p. 4)


AMERICA

« America is a melting pot, the people at the bottom get burned while all the scrum floats to the top. »

Charlie King
(cité sur reddit.com, visité le 7 juin 2020)


AMI

« La seule façon d’avoir un véritable ami est d’en être un soi-même. »

Ralph Waldo
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 197)

« C’est mon ami : je peux compter sur lui pour ne pas constamment croire tout ce que je dis. »

Jean Pierre Girard
(« Il y a le voyage », dans
Liberté no 269, septembre 2005, p. 75)


AMITIÉ

« C’est bien, d’avoir tout lu d’un auteur, de le relire à la paresseuse, comme on circule dans une maison familière. De loin en loin, je remets le nez dans un livre de [Michel] Déon pour le plaisir d’entendre sa voix sourdre des pages, cette belle voix d’homme si naturelle, si juste, si fraternelle, et de passer un moment en sa compagnie. Ce plaisir, je l’ai aussi quand je le vois, bien sûr, mais pour être honnête, moins. Parce que nous déjeunons au restaurant, lors de ses passages à Paris, et que nous ne sommes pas assez intimes pour, au lieu de parler de choses et d’autres sans contrainte, ce qui est déjà beau, nous taire et être juste contents d’être ensemble — comme dans l’histoire de Marcel Aymé qui rend visite à un ami emprisonné et qui au bout d’une heure de parloir entièrement silencieuse lâche doucement : “On est bien…” »

Emmanuel Carrère
(Il est avantageux d’avoir où aller,
P.O.L. éditeur, 2016, p. 373 et 374)


AMOUR

« Aimons la vérité mais préférons l’amour. »

« L’amour est comme le charbon : incandescent, il brûle, froid, il salit. »

Vassili Grossman
(Vie et destin, L’âge d’homme, 1980,
Le livre de poche no 30321, p. 106 et 395)

« L’amour est une présence, une vigilance, une offrande […]. »

Ève de Castro
(Nous serons comme des dieux,
Albin Michel, 1996, p. 118)

« l’amour est une chanson qui n’a pas peur du silence »

José Acquelin
(L’oiseau respirable, Les Herbes Rouges/Poésie,
Montréal, 1995, p. 85)

« L’amour tire sa joie de la vérité […]. »

Torgny Lindgren,
(Divorce, Actes Sud, 1998, p. 303)

« L’amour est la pierre philosophale qui opère des transmutations […]. »

Rûmî
(Odes mystiques, cité par Martine Lostia,
« Introduction », Rûmî, le miroir infini,
Éditions Alternatives, Paris, 2001, p. 13)

« L’amour est un merveilleux moment pathologique. »

Boris Cyrulnik
(à l’émission La grande librairie, TV5, février 2015)

« Life is morose and indefinite.
« I am in hell, I am grateful.
« I am lost, I am in love.
« I am scared.
« It is absolutely breathless
« and with you, love is a place. »

Erika Murray
(Love Is A Place, 2015, s. n.)

« Je dois apprendre à aimer la part de vous que vous chérissez. »

Michel-Ange
(cité par François Cheng à l’émission
La grande librairie, TV5, février 2017)

« I look a girl in the eye and it was a very long love story with thunder and kisses and lightning. I live fast. »

Franz Kafka
(fragment tiré de la correspondance avec Milena
ou du journal, et utilisé par György Kurtág
dans son Kafka-Fragments, partie IV)

« […] l’amour est la forme la plus violente de l’égoïsme […]. »

Raymond Radiguet
(Le diable au corps, GF Flammarion no 444, 1986, p. 166)

« When you are not fed love on a silver spoon, you learn to lick it off knives. »

Lauren Eden
(citée sur reddit.com, visité le 7 juin 2020)

« Je suis follement amoureux de vous et cela ne m’est d’aucun secours. »

Knut Hamsun
(La faim, Quadrige / Presses Universitaires de France, 1961, p. 154)

« […] je n’ai connu que des hommes qui exécutaient l’amour au lieu de le faire. »

Suzanne Jacob
(L’obéissance, Éditions du Seuil, 1991, p. 166)

« Aimons-nous des êtres réels ou bien l’opinion que nous nous faisons d’eux? »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 37)

« […] il faut aimer les êtres sans en avoir besoin. »

Léonora Miano
(Crépuscule du tourment,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2016, p. 38)

« Il l’adorait avec une gravité qui frisait le deuil. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 135)

« Qu’est-ce que l’amour, sinon une œuvre d’imagination? »

Romain Gary
(cité par Isabelle Carré dans son livre Du côté des Indiens;
passage lu par François Busnel à l’émission
La grande librairie, TV5, 13 septembre 2020)

« L’amour ne se manifeste pas par le désir de faire l’amour (ce désir s’applique à une innombrable multitude de femmes) mais par le désir du sommeil partagé (ce désir-là ne concerne qu’une seule femme). »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 24)

« Quand quelqu’un vous aime, la façon dont il prononce votre nom est différente. Vous savez juste que votre nom est en sécurité dans sa bouche. »

Billy, 4 ans
(cité par Nicole Therrien
sur Facebook le 15 octobre 2020)

« Si tu veux apprendre à mieux aimer, tu devrais commencer par un ami que tu détestes. »

Nikka, 6 ans
(cité par Nicole Therrien
sur Facebook le 15 octobre 2020)

« Quand un homme regarde son épouse, dit le Prophète, et qu’elle le regarde, Dieu pose sur eux un regard de miséricorde. Quand l’époux prend la main de l’épouse et qu’elle lui prend la main, leurs péchés s’en vont par l’interstice de leurs doigts. »

Jean-Claude Guillebaud
(citant « la littérature et la poésie islamiques consacrées au plaisir »,
dans La tyrannie du plaisir, Éditions du Seuil,
coll. « Points Essais » no 588, 1998, p. 303)

« C’est singulier de songer qu’amour n’est féminin qu’au pluriel. »

Anonyme
(cité par Richard Ramsay, Le dictionnaire érotique,
Éditions Adage et Éditions Blanche, 2002, p. 31)

« […] si l’amour était une faute, Dieu ne l’aurait pas fait si tentant. »

Antonin Artaud
(cité par Richard Ramsay, Le dictionnaire érotique,
Éditions Adage et Éditions Blanche, 2002, p. 358)

« l’amour avait des gants pour ne pas se blesser »

Gilbert Langevin
(« Ouvrir le feu », reproduit dans
La poésie québécoise contemporaine,
anthologie présentée par Jean Royer
,
Éditions de l’Hexagone / La Découverte,
coll. « Anthologies », 1991, p. 98)


ANGOISSE

« L’angoisse crie du fond des millénaires »

Alain Grandbois
(« Poème vingt-cinq », dans L’étoile pourpre,
Poèmes, éd. de l’Hexagone, 1963, p. 211)

« […] il n’y aurait pas d’angoisse sans déficit informationnel, et sans angoisse, pas de certitude mythique à faire partager. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 176)


ANIMAL

« L’animal est au monde comme l’eau est dans l’eau. »

Georges Bataille
(cité par Pierre Sterckx dans Les plus beaux textes
de l’histoire de l’art choisis et commentés
par Pierre Sterckx
, BeauxArts éditions, 2009, p. 22)


APHORISME

« L’aphorisme est à la pensée ce que la course en sac est au cul-de-jatte. »

« La durée de l’aphorisme est celle des bonnes résolutions. »

Patrick Coppens
(Pensées pensives, tome 2, nos 331 et 560,
Distance, 2018, p. 19 et 76)


ARBRE GÉNÉALOGIQUE

« [Cette chaise] avait été sculptée dans le bois de son arbre généalogique. C’est sur cette chaise que… qu’il est monté pour se pendre… »

Sylvain Trudel
(Terre du roi Christian, Les Quinze, éditeur, 1989, p. 117)


ARGENT

« Qui n’évolue pas dans le monde sans mensonges n’arrivera jamais à se faire de l’argent. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 149)

« L’angoisse me fait de l’ombre »

Anne Hébert
(« La chambre de bois », dans Poèmes,
Le tombeau des rois, Éditions du Seuil,
Paris, 1960, p. 43)


ARGENTINE

« L’Argentine est grande et belle, mais on ne s’en rend pas bien compte. L’Argentine, c’est comme notre femme : si on n’en prend pas soin, ce sont les autres qui en profitent. »

Un Argentin
(à l’émission Des trains pas comme les autres,
ICI Explora, octobre 2019)


ARROGANCE

« L’arrogance n’est souvent qu’un masque posé sur le désespoir. »

Douglas Kennedy
(L’homme qui voulait vivre sa vie,
Belfond, 1997, coll. « Pocket » no 10571, p. 195)

« L’arrogance des jeunes gens serait touchante si elle ne débouchait pas si souvent sur la brutalité. »

Chantal Thomas
(Les adieux à la reine, Éditions du Seuil,
coll. « Points » no P1128, 2002, p. 20)


ART

« Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité. »

Friedrich Nietzsche

« Pour se transcender en art, le talent doit prendre conscience de lui-même, et de ses limites, et être aimanté d’un but, qui l’oriente dans une direction indiscutable. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Gallimard, 2011, p. 439)

« […] l’Art […] soulage de la vie sans pourtant soulager de vivre […]. »

Fernando Pessoa, alias Bernardo Soares
(Le livre de l’intranquillité,
« Je ne suis personne », p. 41)

« Aujourd’hui, il n’est plus possible de créer un art qui dise quelque chose que tout le monde ne connaisse pas déjà. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 81)

« Ce que nous ne savons pas faire, […] voilà ce qui constitue l’art. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 113)

« L’art comme fenêtre sur l’inexpliqué, l’inexplicable. »

Sonia Sarfati
(La Presse, Montréal, 25 mars 2017,
cahier « Arts Cinéma », p. 13)

« L’art doit faire reculer l’horizon, tout en embellissant la marche. »

Paul Éluard
(Remarques sur le questionnaire,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 395)

« L’art ne reproduit pas le visible, il le rend visible. »

Paul Klee
(cité à l’exposition Paul Klee,
Musée des beaux-arts du Canada,
Ottawa, 14 mars 2019)

« […] l’art, cette floraison de la conscience. »

Jean-François Beauchemin
(La fabrication de l’aube,
Éditions Québec Amérique, 2006, p. 75)

« […] le vrai but de l’art n’était pas de créer de beaux objets. C’était une méthode de réflexion, un moyen d’appréhender l’univers et d’y trouver sa place […]. »

Paul Auster
(Moon Palace, Actes Sud,
coll. « Babel » no 68, 1990, p. 267)

Marqué sur un T-shirt :
« L’ART NE ME FAIT PAS PEUR. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 1023)

« L’art est le seul moyen de restituer à notre décor confiné ces richesses gratuites dont nous sommes coupés. »

Jean-Christophe Rufin
(Le grand cœur, Éditions Gallimard, 2012, p. 193)

« […] l’art nous étonne, en ses sommets. Parce qu’il touche à la grandeur de l’homme et à la petitesse de nos vies. Les deux sont inséparables : c’est ce qui donne envie de pleurer, quand on admire, et de vivre. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 258)


ARTISTE

« […] l’artiste […] doit toujours rester dans une logique de prototype. »

André Brassard
(cité par Pierre Lefebvre, « Le verbe intransitif »,
Liberté no 268, mai 2005, p. 9)


ASCENSION

« […] l’ascension et le déclin ne sont qu’une seule et même chose […]. »

Héraclite
(cité par Paul Auster, 4 3 2 1,
Actes Sud/Leméac, 2018, p. 876)


ASSASSIN

« […] je soupçonne oncle Hjalmar d’avoir toujours voulu devenir un assassin. Mais il ne réussit jamais à déterminer qui il allait assassiner. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 55)


ASSURANCE

« [Il] essayait de lui vendre une assurance vie. […]
— Mais ce n’est pas nécessaire, objectait-elle. Je n’ai pas vraiment de vie qui mérite d’être assurée. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 205)


ATOME

« […] un seul atome de carbone et deux d’hydrogène font la différence entre l’éthanol et le méthanol […]. Dans un verre de vin, l’éthanol est ce produit qui vous donne une douce ivresse. La même quantité de méthanol peut provoquer la cécité… »

Richard Martel
(professeur, département de chimie,
cité par Mathieu-Robert Sauvé dans Les diplômés,
Université de Montréal, no 421, automne 2011, p. 8)


ATTENTION

« Regarde attentivement, car ce que tu vas voir n’est plus ce que tu viens de voir. »

Léonard de Vinci

« […] si on a encore l’esprit assez ouvert pour s’interroger sur ce qu’on voit, on tend à considérer le monde avec une grande attention, et de cette attention vient la possibilité d’apercevoir quelque chose que personne n’a encore vu. Il faut être disposé à admettre qu’on ne possède pas toutes les réponses. Si on croit les posséder, on n’aura jamais rien d’important à dire. »

Paul Auster
(Préface, Je pensais que mon père était Dieu,
Actes Sud, 2001, p. 13, 14)


AUTHENTIQUE

« N’y a-t-il plus rien désormais qui soit véritable et authentique? demanda-t-il.
— Je ne sais pas, dit Linda. Je n’étais pas née à l’époque où tout était authentique. »

Torgny Lindgren
(Fausses nouvelles, Actes Sud, 2002, p. 151)


AUTRUI

« [Nous ne sommes ni tout, ni rien] mais un lieu d’échanges […] ».

« […] les gens évoluent en se transformant au contact les uns des autres. »

Nancy Huston
(Professeurs de désespoir, Actes Sud, 2005, p. 64 et 199)

« Chacun cultive son puits comme il l’entend, sauf que, quand on va en profondeur, on rejoint dans chacun des puits une nappe souterraine qui appartient à tous les puits. Je suis vraiment dans la racine profonde de ce que je suis. À ce niveau de profondeur-là, je ne suis plus séparé des autres. Je suis en contact, en lien étroit avec l’ensemble des autres. »

Gilbert Leclerc
(gérontologue témoignant dans Le vieil âge et le rire,
film de Fernand Dansereau, 2012)


AU REVOIR

« Nous ferions indéniablement plus attention si nous savions lequel de nos au revoir était le dernier. »

Danielle Berrow
(Outlander — Le chardon et le tartan,
saison 5, épisode 8, ICI Artv, 25 juillet 2020;
d’après le roman de Diana Gabaldon)


AVENIR

« […] l’avenir n’existe plus, il a été aboli au profit du futur. »

Jean-Philippe Warren
(« Le non-lieu des intellectuels »,
Liberté no 268, mai 2005, p. 30)


BAISER

« […] dites-lui que je l’aime. Ce baiser que je lui ai donné, il faut qu’il en fasse une église. »

Paul Claudel
(L’annonce faite à Marie, Éditions Gallimard,
coll. « Le livre de poche » no 980, 1940, p. 187)


BALLE

« […] elle ne nous fait pas grâce, la balle, quand elle vous tombe dessus. Paf! Elle vous sort toutes vos entrailles. Comment ne pas avoir peur? »

Sergueï Prokofiev et Mira Mendelssohn
(Réplique de Fiodor; livret de Guerre et paix,
opéra de Prokofiev d’après Tolstoï;
coffret Philips 434 097-2, p. 191)


BEAUTÉ

« Le chant de Dieu, c’est la beauté du monde. »

Lucie Dubuc
(poète et ex-collègue)

« Beauté […] rime avec vérité. »

Georges-Emmanuel Clancier
(écrivain et poète, à l’émission
La grande librairie, TV5, mars 2016)

« […] faut-il qu’une chose soit exagérée pour être belle? »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 79)

« La beauté est une chose sévère et difficile. »

Honoré de Balzac
(Le chef-d’œuvre inconnu, Le livre de poche,
Paris, 1995, coll. « Libretti » no 13808, p. 42)

« […] c’est bien plus beau lorsque c’est inutile. »

Edmond Rostand
(cité par Irène Némirovsky, Suite française,
Éditions Denoël, 2004, p. 49)

« N’importe qui peut créer de la beauté, quand il le veut. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 860)

« Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c’est le dernier stade de l’histoire de la beauté. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 131)

« […] la beauté est plus convaincante que la vérité […]. »

Thomas Moore
(Méditations, Éditions Flammarion, 1995, p. 66)


BÉNÉVOLAT

« […] on ne peut rien faire de mieux comme bénévole que d’aider à rêver. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 58)


BERNER

« Vous avez l’intention de me berner. Mais ça m’est égal.
— Oui. Mais je vais vous berner d’une manière si belle et si exquise que vous m’en serez reconnaissant pour le restant de vos jours. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 158)


BÊTISE

« Nul n’est suffisamment intelligent pour comprendre sa propre bêtise. »

Mathis van Boxel
(Encyclopédie de la stupidité,
cité à l’émission La grande librairie, TV5, août 2017)

« […] les bêtes sont des bêtes, mais la bêtise nous appartient. »

Jean-Marc Desgent
(citant un adage, Le Devoir, 23 et 24 février 2019,
cahier « Lire » du « D Mag », p. 31)


BIBLIOTHÈQUE

« On a l’âge de sa bibliothèque. »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 24)


BIEN

« Fouille en dedans. C’est en dedans qu’est la source du bien et elle peut jaillir sans cesse si tu fouilles toujours. »

Marc Aurèle
(cité par Chard Chénier, bulletin de juin 2020, p. 9)

« […] certaines personnes ne font du bien que parce qu’elles indiquent d’instinct les chemins du désastre. »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 243)


BLASPHÈME

« Le blasphème […] peut être le cri de la croyance déçue. »

Georges-Emmanuel Clancier
(De Rimbaud au surréalisme, Seghers, 1959, p. 388)


BLISS

« Follow your bliss. »

Joseph Campbell


BONHEUR

« J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant. »

Jacques Prévert
(cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 8;
variante : Raymond Radiguet,
« Que le coq agite sa crête », Joues en feu,
cité par Georges-Emmanuel Clancier,
De Rimbaud au surréalisme, Seghers, 1959, p. 292)

« Le bonheur fou. Oui. Je me souviens du bonheur fou. Ça se paie très cher. »

Philip Roth
(à l’émission La grande librairie, TV5, mai 2015)

« Et il eut vraiment l’impression, ce jour-là, qu’il portait en lui un bonheur si grave que nul ne pouvait l’approcher sans s’en apercevoir. »

Georges Simenon
(Trois chambres à Manhattan,
Les Presses de la Cité, Paris, 1946, p. 207, 208)

« Et si on essayait d’être heureux? Histoire de donner l’exemple. »

Jacques Prévert
(cité à l’émission La grande librairie,
TV5, juillet 2017)

« Si on est heureux tout seul, c’est un malheur comme un autre. »

Gilles Vigneault
(à l’émission 24|60, ICI RDI, 22 février 2019)

« Il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas! »

Jules Renard
(cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 71)

« Qu’est-ce que je serais heureux si j’étais heureux! »

Woody Allen
(cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 95)

« Le bonheur, je vais pas me lancer là-dedans avant d’avoir essayé de m’en sortir. »

Émile Ajar
(La vie devant soi, Mercure de France, 1975, p. 91)

« Le bonheur de ta vie dépend de la qualité de tes pensées. »

Marc Aurèle
(cité par Chard Chénier, bulletin de juin 2020, p. 2)

« […] pour être malheureux, il faut d’abord croire au bonheur. »

Jean Barbe
(Comment devenir un monstre, Actes Sud / Leméac,
coll. « Babel » no 766, 2006, p. 282)

« […] il n’est pas nécessaire d’avoir les yeux en face des trous pour être heureux. »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 91)

« Le temps humain ne tourne pas en cercle mais avance en ligne droite. C’est pourquoi l’homme ne peut être heureux puisque le bonheur est désir de répétition. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 376)

« Qu’est-ce que le bonheur? C’est le sourire d’une âme en paix. »

Claire Varin
(Désert désir, Éditions Trois,
coll. « Topaze », 2001, p. 62)

« Le temps humain ne tourne pas en cercle, mais avance en ligne droite. C’est pourquoi l’homme ne peut être heureux puisque le bonheur est désir de répétition. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 376)

« […] des gens heureux on ne sait pas grand-chose. Ils vivent, voilà tout, et le bonheur leur tient lieu d’histoire. »

Jean-Christophe Rufin
(L’Abyssin, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 3137, 1997, p. 699)

« Elle inventera qu’elle est heureuse, et ce sera une invention merveilleuse. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 214)

« Vous avez beau crier contre les riches, le courage vous manque de rendre aux pauvres l’argent que la fortune vous envoie… Jamais vous serez digne du bonheur tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d’être bourgeois à leur place. »

Émile Zola
(Germinal, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 1001, 1978, p. 459, 460)

« […] le bonheur se moque pas mal de la façon dont on l’obtient. Et, qu’on l’atteigne ou pas, il s’en moque aussi royalement. »

Ernie J. Zelinski
(Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 227)

« Soyez heureux tant que vous êtes vivant, car vous serez mort longtemps. »

Proverbe écossais
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 268, 269)

« […] le bonheur seul n’est pas en lui-même désirable, et […] l’ennui en découlerait si l’épreuve du malheur, ou du Mal, ne nous en donnait pas l’avidité. »

Georges Bataille
(La littérature et le mal, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 128, 1957, p. 165)

« Il m’arrive d’être si heureuse que je me réveille la nuit pour rire. »

Nelly, une femme de ménage
(citée par Robertson Davies dans Lire et écrire,
Leméac Éditeur, coll. « L’écritoire », 1999, p. 75)


BONTÉ

« L’expression de bonté est toujours un peu triste, car elle sait à quoi elle a affaire. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 26)


BRUIT

« Le XXe siècle est, entre autres choses, l’Âge du bruit. Le bruit physique, le bruit mental et le bruit du désir. »

Aldous Huxley
(Perennial Philosophy, cité dans
Kyle Gann, No Silence : 4’33” de John Cage
[No Such Thing as Silence: John Cage’s 4’33”],
Éd. Allia, Paris, 2014, p. 114)

« Il n’y a pas de grandeur sans bonté. »

Yann Martel
(L’histoire de Pi, XYZ éditeur, 2003, p. 99)


CADRAN

« Si tous les cadrans étaient solaires, le soleil ne saurait plus où donner de la tête. »

Patrick Coppens
(Pensées pensives, tome 2, no 438,
Distance, 2018, p. 46)


CALOMNIATEUR

« Oncle Hjalmar était un grand calomniateur. Il cherchait continuellement de nouveaux amis en calomniant ceux qu’il avait abandonnés ou ceux qui l’avaient abandonné. Il devait toujours s’enfoncer de plus en plus loin dans le Västerbotten pour se faire de nouveaux amis. Les grands calomniateurs se retrouvent inévitablement seuls. […] Oncle Hjalmar voulait tout simplement être aimé. Mais on ne l’aimait jamais assez. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 58, 59)


CANDEUR

« je caresse la candeur de tes seins »

François Charron
(La beauté des visages de pèse pas sur la terre,
Les Écrits des Forges, 1990, p. 35)


CANNIBALISME

« […] le cannibalisme était l’incarnation suprême de la connaissance. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 407)


CARICATURE

« La caricature doit se pratiquer avec l’adresse du chirurgien et les intentions du boucher. »

Ronald Searle
(cité à l’exposition Chapleau – Profession : caricaturiste,
Musée McCord, Montréal, 22 septembre 2020)


CENSURE

« […] je ne [puis] imaginer la Russie sans la censure. »

Alexandre S. Pouchkine
(Journal secret, Belfond, Paris, 1994, p. 33)


CENTRE DU MONDE

« je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins »

Gaston Miron
(« La marche à l’amour », reproduit dans
La poésie québécoise contemporaine,
anthologie présentée par Jean Royer
,
Éditions de l’Hexagone / La Découverte,
coll. « Anthologies », 1991, p. 60)


CERVEAU

« Nous descendons dans le cerveau par le puits vertical qui nous porte à diverses profondeurs; à chaque arrêt, des galeries conduisent, par le raisonnement, à l’excavation d’idées; une fois mises à jour elles sont amenées à la surface; et plus le cerveau est riche en sédiments de mémoires, plus il y a de galeries, plus il y a d’arrêts, plus il y a d’excavations. »

Giuseppe Penone
(cité par Georges Didi-Huberman
dans « Être fouille », in Être crâne. Lieu, contact,
pensée, sculpture
, éd. de Minuit, 2000; repris dans
Les plus beaux textes de l’histoire de l’art choisis
et commentés par Pierre Sterckx
, BeauxArts éditions,
TTM Éditions, Paris, 2009, p. 265)

« […] 90 % des formes de vie n’ont pas besoin de cerveau pour survivre. »

(Un caillou dans l’univers, sommaire,
épisode « L’éveil », ICI Explora, 28 octobre 2019)


CHAGRIN

« […] ils ont résolu de se séparer et se sont mis à pleurer dans les bras l’un de l’autre, sur le lit à une place de la petite chambre […], et en pleurant chacun a compris qu’il n’existait aucun chagrin dont l’autre ne pourrait le consoler, que le seul chagrin inconsolable était précisément celui qu’ils s’infligeaient à ce moment. Alors ils ont dit que non, ils n’allaient pas se séparer, qu’ils allaient vivre ensemble, qu’ils ne se quitteraient jamais, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. »

Emmanuel Carrère
(D’autres vies que la mienne, P.O.L., 2009, p. 202)

« Rien ne supprime le chagrin; mais le vrai cœur le rend utile et bénéfique. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 23)


CHAIR

« La découverte de la chair, c’est ce que l’âme pardonne le moins. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
Gallimard, 1985, p. 210)


CHANGER QUELQU’UN

« On peut ouvrir la gueule d’un chien pour le faire parler, mais il ne cessera pas [pour autant] d’aboyer. »

Michel Marc Bouchard
(scénariste du film La reine garçon,
tiré de sa pièce Christine, la reine-garçon)


CHAOS

« Le chaos est un ordre à déchiffrer. »

Javier Gullón
(scénariste, dans Enemy de Denis Villeneuve,
d’après L’autre comme moi de José Saramago)


CHAT

« J’ai déjà peint les yeux du chat. Et Roxane avait dit : “Des yeux qui ont faim.” “Et de quoi ont-ils faim?” “Ils voudraient être des yeux d’homme.” C’était au temps des profondes ignorances. Pendant l’été, près de la mer. »

Marie-Claire Blais
(Le jour est noir, Éditions du jour,
coll. « Les romanciers du jour »,
Montréal, 1962, p. 91, 92)


CHAVIRER

« Chavirer, ce n’est pas faire naufrage. »

Lola Lafon
(à l’émission La grande librairie, TV5, 13 septembre 2020)


CHEMIN

« On ne peut suivre qu’un chemin à la fois. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(La nuit de feu, Albin Michel / À vue d’œil, 2016, p. 82)


CHOIX

« […] on finit par croire qu’on a choisi ce qui nous a été imposé, et on doit défendre ses choix avec une telle ardeur qu’ils finissent par paraître imposés. »

« Même la personnalité la plus opiniâtre doit endurer l’identité qu’on lui impose. »

« Avoir le choix, ce n’est peut-être qu’un mensonge de plus. Il existe des libertés qu’[on] ne souhaite à personne. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 678; 702; 797)

« Ce qui n’est pas l’effet d’un choix ne peut être tenu pour un mérite ou un échec. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 117)

« Je t’ai choisi parce que tu m’émeus […]. »

Anne Dandurand
(Diables d’espoir, XYZ éditeur,
coll. « L’ère nouvelle » no 2, 1988, p. 46)


CHOSES

« […] les choses se contentent d’être […]. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 37 et 53)


CHUTE

« Je suis tombé de cheval. C’était parfait : je voulais descendre. »

?
(cité à l’émission La grande librairie, août 2017)


CIEL

« […] le ciel n’est d’aucun pays »

José Acquelin
(L’oiseau respirable, Les Herbes Rouges/Poésie,
Montréal, 1995, p. 56)


CIVILISATION

« La civilisation est une prison de longue durée. »

Fernand Braudel
(cité par Patrick Boucheron à l’émission
La grande librairie, TV5, avril 2018)

« La civilisation est une ascèse et l’on s’y voue pour endiguer la réalité. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
NRF / Gallimard, 1985, p. 48)


CLOWNS

« Il paraît qu’il y a une école de clowns quelque part, mais je ne sais pas où. Partout, peut-être. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 259)


COÏNCIDENCE

« Que de précieuses dispositions
pour une infime coïncidence »

Marie Uguay
(Signe et rumeur, Éditions du Noroît, 1976)


COLÈRE

« […] la colère […] est une forme de désir et rien n’est plus proche des caresses que les coups. »

Julien Green
(Moïra, Éditions Gallimard, 1982, p. 194)


COMMÉRAGE

[Dans les villages…] « Tout le monde croit tout savoir sur tout le monde, et tout le monde invente ce qu’il ne sait pas. »

Marie-Hélène Lafon
(à l’émission La grande librairie, TV5, 25 octobre 2020)


COMMUNICATION

« Est-ce le destin de l’être humain du XXIe siècle d’être en communication constante avec ses semblables tout en étant privé de leur présence? »

Frédéric Plourde
(« Tous seuls ensemble », La Presse,
Montréal, 4 février 2012, p. A 29)

« La communication, c’est le seul antidote non violent à la violence. »

Jacques Salomé
(Émission Noms de dieux,
canal Savoir, octobre 2013)


COMMUNIQUER

« Communiquer, c’est mettre en commun. »

Jacques Salomé
(Émission Noms de dieux,
canal Savoir, octobre 2013)

« […] il n’y a pas longtemps, il allait de soit que l’on entendait par communiquer “communiquer quelque chose à quelqu’un”. Aujourd’hui, on ne fait plus que communiquer tout court. »

Pierre Lefebvre
(« Le verbe intransitif »,
Liberté no 268, mai 2005, p. 5)


COMPARAISON

« Compare-toi avec mieux pour ce que tu peux changer et avec pire pour ce que tu ne peux pas changer. »

Isabelle Robert
(fille)


COMPASSION

« Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur coressentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multipliée par l’imagination, prolongée dans des centaines d’échos.
« Il se morigénait, s’intimait l’ordre de ne pas céder à la compassion et la compassion l’écoutait en baissant la tête comme un coupable. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 44, 45)


COMPORTEMENT

« Nous sommes […] souvent les auteurs de la conduite de l’autre. »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 34)


COMPRENDRE

« Comprendre n’était rien d’autre qu’ajouter un sens à ce qu’on voyait. »

Torgny Lindgren,
(Divorce, Actes Sud, 1998, p. 188)

« Quand vous avez la chance de ne pas comprendre quelque chose, il ne faut pas la laisser échapper. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 186)

« Le pire […], c’est de ne pas comprendre. C’est le pire. Pendant toute l’enfance, on dépend [de nos parents]. Ils nous sauvent. On les aime. Ils nous sauvent et on les aime. On fait tout ce qu’on peut pour qu’ils continuent à nous sauver. On essaie de les séduire pour qu’ils ne nous oublient pas. Mais ils nous oublient exactement comme moi j’oublie mon estomac, mon dos, mes poumons. […] Ils nous sauvent, mais ils regardent sans cesse par la fenêtre, aux aguets d’un autre événement qu’ils ne veulent pas manquer. »

Suzanne Jacob
(L’obéissance, Éditions du Seuil, 1991, p. 249)

« C’est vous qui devez digérer votre nourriture, c’est vous qui devez comprendre. Personne ne peut comprendre à votre place. »

Anthony de Mello
(Quand la conscience s’éveille, Éditions Albin Michel,
coll. « Espaces libres » no 128, 2002, p. 142)


CONFIANCE

« […] avec confiance, elle lui offrait les heures de sa vie. »

Milan Kundera
(Risibles amours, Éditions Grasset,
coll. « Folio » no 1702, 1968, p. 79)


CONFINEMENT

« Nous sommes confinés dans le temps. »

Étienne Klein
(physicien, à l’émission
La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)

« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. »

Blaise Pascal
(cité par André Comte-Sponville, à l’émission
La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)


CONFLIT

« Le vrai conflit, dont dépend le sort de la planète, c’est celui qui oppose les esprits libres et tolérants […] aux esprits dogmatiques et fanatisés […]. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 338, 339)


CONNAISSANCE

« […] on ne connaît toujours bien moins que ce qu’on imagine. »

Torgny Lindgren
(Lumière, Actes Sud, 1990, p. 65)


CONSENSUS

« L’obligation de consensus ne produit que de l’eau tiède. »

Ministère des affaires étrangères
(Paris, à propos de la privatisation de l’ICANN,
cité par lemonde.fr, le 24 mars 2016)


CONSCIENCE

« Nous vivons à une époque qui brouille volontairement les pistes entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, parce que la dictature du relativisme règne en maître dans le royaume de la liberté d’expression. À en croire l’air du temps, entre le bourreau et la victime, il faut désormais écouter les deux versions sous prétexte qu’elles se valent. Une minute de silence pour les victimes de la Shoah et une autre pour la jeunesse hitlérienne partie vaillamment défendre l’idéal de l’Europe blanche nettoyée de “l’autre”, du “métissé”, du “juif impur”? Au tribunal de ma conscience, ma limite s’arrête ici. Et la vôtre? »

Maya Ombrasic
(Le Devoir, 26 et 27 octobre 2019,
Montréal, « Le D magazine », p. 25)

« […] à l’intérieur, tout au fond de l’espace mental […] Ferguson vivait seul en communion silencieuse avec sa propre conscience […]. »

Paul Auster
(4 3 2 1, Actes Sud/Leméac, 2018, p. 745)


CONTACT HUMAIN

« […] ils se serraient davantage l’un contre l’autre, non plus comme des amants, mais comme deux êtres qui auraient erré longtemps dans la solitude et qui auraient obtenu enfin la grâce inespérée d’un contact humain. »

Georges Simenon
(Trois chambres à Manhattan,
Les Presses de la Cité, Paris, 1946, p. 70)


CONTAMINATION

« Quand tu restes trop longtemps dans l’écurie, tu sens le cheval. »

Jacques Duchesneau
(à un agent infiltrateur de groupes criminalisés,
août 2016)


CONTEMPLATION

« Du dedans de ma chair, je contemple Dieu. »

Job
(cité par Emmanuel Carrère
Le Royaume, P.O.L., 2014, p. 563)

« Selon une lointaine étymologie, le mot contemplation s’appliquerait à l’effort déployé pour creuser l’espace donnant accès à ce qui est secret et caché. »

Thomas Moore
(Méditations, Éditions Flammarion, 1995, p. 76)


CONTRE-ATTAQUER

« Engueuler les gens qui ont à se plaindre de vous, ça prend toujours! »

Irène Némirovsky
(Suite française, Éditions Denoël, 2004, p. 66)


CONTRÔLE

« […] à défaut du recours à la force pour contrôler la populace, on peut parfaitement la contrôler par l’opinion. »

Harold Laswell
(cité par Normand Baillargeon dans
Petit cours d’autodéfense intellectuelle, chapitre 5)


CORPS

« […] le corps que j’habite est venu par héritages successifs jusqu’à moi […]. »

Léon Tolstoï
(Ma confession, PDF trouvé sur Internet,
juillet 2016, p. 122)

« […] quelques-uns des plus beaux endroits du monde se trouvent sur le corps de ma femme. »

Paul Auster
(Chronique d’hiver, Actes Sud / Leméac, 2013, p. 186)

« […] le corps aura le dernier mot […]. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 245)

« Le corps goûte l’âme »

Patrick Coppens
(Ciel convertible, Les éditions 42e Parallèle,
coll. « Distance », 2004, p. 72)


CORRUPTION DE LA RAISON

« […] il faut craindre que la corruption de [la raison] ne soit pire que l’animalité elle-même. »

Jonathan Swift
(Voyages de Gulliver, Éditions Gallimard,
coll. « Folio classique » no 597, 1976, p. 308)


COULEUR

« La couleur n’est qu’un jeu de lumière. »

Abd Al Malik
(à l’émission La grande librairie, TV5, le 16 juin 2019)


COUPABLE

« […] “un coupable, c’est d’abord un accusé” […]. »

Simone de Beauvoir
(citée par Nancy Huston,
Désirs et réalités, Leméac, 1995, p. 140)


COUPLE

« Couple : Équation à deux inconnus. »

Carl Coppens
(« Liste des non qualifiés »
dans Poèmes contre la montre,
Éditions du Noroît, 1996)


COUPS

« […] au commencement, il y avait les coups et […] c’est comme ça que nous est venue une gueule, parce que c’est la fonction qui crée l’organe. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 88)


COURBES

« Elle était couchée dans ses courbes. »

Jacques Audiberti
(cité par Richard Ramsay, Le dictionnaire érotique,
Éditions Adage et Éditions Blanche, 2002, p. 124 et 386)


CRÉATEUR

« Un créateur, c’est pas un être qui travaille pour le plaisir. Un créateur ne fait que ce dont il a absolument besoin. »

Gilles Deleuze
(Conférence Qu’est-ce que l’acte de création?
17 mai 1987, http://www.webdeleuze.com)


CRÉATION

« Mais que foutait Dieu avant la création? »

Samuel Beckett


CRAINTE

« Ne parlez plus du danger que je cours, je ne crains le danger que lorsque je décide de le craindre. »

« […] il redoute lui-même ce qu’il veut faire craindre […] »

Franz Kafka
(Le procès, Librairie générale française,
coll. « Le livre de poche » no 15015, 2001, p. 95 et 248)


CRÉATIVITÉ

« L’éducation à la créativité exige d’abord de dire qu’il n’existe pas de certitudes, ou du moins que celles-ci sont toujours temporaires, efficaces pour un instant donné de l’évolution […]. »

« La créativité ne peut […] être un travail puisqu’[elle] assouvit un désir et non un besoin. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 57 et 125)


CRÉER

« […] nous créons dans la mesure même où la foi fait défaut […]. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
NRF / Gallimard, 1985, p. 147)

« On crée toujours pour soi, même si l’on rêve de tirages planétaires ou de salles combles. »

Alain Robbe-Grillet
(Le miroir qui revient, Les éditions de Minuit, 1984, p. 184, 185)


CREUX

« Je garderai toujours
Dans mes deux mains en creux
Jusqu’à la fin des jours
La douceur de ses seins modelés par l’amour »

Jacques Prévert
(« Chanson du geôlier », Paroles)


CRISE

« Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes. En d’autres termes, les hommes commencent à vivre pleinement que lorsqu’ils ont le dos au mur. »

François-René de Chateaubriand et Paul Auster
(Paul Auster citant les Mémoires d’outre-tombe
dans Le livre des illusions,
Actes Sud / Leméac, 2002, p. 286)


CRITIQUE

« […] assassiné en une phrase concise et grammaticalement correcte […] »

Louis Gauthier
(Souvenir de San Chiquita, VLB éditeur, p. 144)


CROIRE

« […] croire n’est pas savoir. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 276)


CROISSANCE

« La croissance de l’homme ne s’effectue pas du bas vers le haut mais de l’intérieur vers l’extérieur. »

Franz Kafka


CROYANT

« À partir du moment où l’on croit détenir la vérité, la seule, l’unique vérité, on est un homme potentiellement dangereux (“Un homme qui croit est plus dangereux qu’une bête qui a faim”, disait l’écrivain uruguayen Onetti). »

Christine Jordis
(citant Juan Carlos Onetti, Bali, Java, en rêvant,
Gallimard/Éditions du Rocher, 2001, p. 193, 194)


CULPABILITÉ

« […] si quelqu’un obéit aux lois pour tout sauf sur un point, il est considéré comme coupable de tout. »

Torgny Lindgren,
(Divorce, Actes Sud, 1998, p. 307)


CURIOSITÉ

« […] un être sans curiosité […] est aussi excitant qu’une boîte de carton mouillée. »

Bruno Blanchet
(« Un pied dans l’enfer », La Presse, Montréal,
3 octobre 2009, cahier « Vacances/voyages », p. 3)


CYNISME

« Le cynisme, c’est de l’espoir refroidi. »

Roger Vaillant
(cité par Frédéric Beigbeder à l’émission
La grande librairie, TV5, février 2018)

« […] l’intelligence désabusée s’arrange plutôt bien de la misère du monde. »

Bernard Émond
(Il y a trop d’images. Textes épars 1993-2010,
Lux Éditeur, coll. « Lettres libres », 2011, p. 73)


DÉBOULER

« […] savoir débouler les escaliers sans se briser le cou est une science qui se perd avec l’âge. »

Sylvain Trudel
(Terre du roi Christian, Les Quinze, éditeur, 1989, p. 95)


DÉFENSE

« La défense, c’est l’attaque […]. »

Michael Ondaatje
(Ombres sur la Tamise, Les Éditions du Boréal, 2018, p. 209)


DÉMAGOGIE

« On ne réfute pas la démagogie. »

Vassili Grossman
(Vie et destin, L’âge d’homme, 1980,
Le livre de poche no 30321, p. 768)


DÉMOCRATIE

« […] la démocratie est née en Grèce dans une société esclavagiste et pédophile. »

Odile Tremblay
(Le Devoir, Montréal,
4 et 5 janvier 2020, « Le D magazine », p. 5)

« La différence entre une démocratie et une dictature, c’est qu’en démocratie tu votes avant d’obéir aux ordres. »

Charles Bukowski
(Contes de la folie ordinaire,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 5735, 1981, p. 139)


DÉPOUILLEMENT

« Le dépouillement ne consiste pas à se défaire des choses mais de soi. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 174)


DERNIER HOMME

« Le dernier homme sera tué par l’avant-dernier. »

Sylvain Trudel
(Terre du roi Christian, Les Quinze, éditeur, 1989, p. 103)


DÉSESPÉRANCE

« La désespérance est la nostalgie de l’espoir. »

Jean Barbe
(Les soupers de fête, Boréal, p. 139)


DÉSESPÉRER

« […] le contraire de désespérer, c’est croire […]. »

Sœren Kierkegaard
(Traité du désespoir, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 25, 1949, p. 114)


DÉSESPOIR

« Tu avales le vide qui s’engouffre dans ta poitrine, comme l’océan dans le noyé. »

Anaïs Barbeau-Lavalette
(La femme qui fuit,
Éd. Marchand de feuilles, 2015, p. 363)


DÉSIR

« Malheur à qui voit son désir en face. »

A. Besançon
(cité par Georges Nivat, Préface;
Dostoïevski, Crime et châtiment, Gallimard,
Folio classique no 2661, 1973, p. XXXI)

« Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. »

Nicolas Bouvier
(L’usage du monde, Payot & Rivages,
Petite bibliothèque Payot/Voyageurs, 2001, p. 12)

« Le désir est plus intéressant que le réel. »

Pascal Quignard
(à lémission La grande librairie, TV5, octobre 2018)

« Je te veux. Je te vole à l’étalage. »

Claire Dé
(Sentimentale à l’os, VLB éditeur, 1991, p. 98)

« Le désir porte en lui l’angoisse, et tôt ou tard il vous donnera la gueule de bois. »

Anthony de Mello
(Quand la conscience s’éveille, Éditions Albin Michel,
coll. « Espaces libres » no 128, 2002, p. 141)

« La fleur du désir ne peut être cultivée que sur l’humus de l’inconscient, qui s’enrichit chaque jour des restes fécondants des amours mortes et de celles, imaginées qui ne naîtront jamais. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 166)

« Le désir est une conduite d’envoûtement […]. »

Maurice Zundel
(« Désir, Marie et Incarnation »,
dans Écrits du Canada français no 71,
décembre 1990, p. 106)


DÉSORDRE

« […] tous ses soins […] n’ôtaient rien au colossal désordre de sa personne, tout embarrassée d’os, d’impatience et de nez. »

Jean-Christophe Rufin
(Rouge Brésil, coll. « Le livre de poche » no 3906,
Éditions Gallimard, 2001, p. 200)


DESTINS

« […] les destins se forment lentement et nul ne sait, parmi tous nos actes semés au hasard, lesquels germeront pour s’épanouir, comme des arbres. »

Maurice Druon
(Les rois maudits 1 : Le roi de fer, Maurice Druon,
1970, coll. « Le livre de poche » no 2886, p. 201, 202)


DESTRUCTION

« On ne voit pas venir la destruction avec une arme brandie. Elle vient en faisant croire mauvais ce qui est bon et bon ce qui est mauvais. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, éd. Belfond,
coll. « Pocket » no 3938, 1989, p. 73)


DÉTENTE

« Mère laissait traîner sa main dans l’eau comme quand elle avait dix-sept ans. »

Tarjei Vesaas
(L’arbre de santal, Actes Sud, 1994, p. 68)

« les murs se détendent un à un
à mesure que le soleil lentement s’installe dans la pièce »

Marie Uguay
(L’outre-vie, Éditions du Noroît, 1979, p. 16)


DETTE

« Ça aussi c’est une dette qu’on a : s’aider soi-même […]. »

Torgny Lindgren
(Le chemin du serpent, Actes Sud, 1982, p. 124)

« J’ai emprunté de l’argent pour célébrer la fin de mes dettes. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 16)


DEUIL

« Mon deuil est une sentence à la vie. »

Une mère dont l’enfant a été tué par balle
dans une tuerie aux États-Unis
(Téléjournal, Radio-Canada, 14 juin 2013)

« Quand on a perdu un être cher, on veut se venger sur quelqu’un, c’est normal, ou sur Dieu, mais on cherche à se défouler. Mais en Afrique, par contre, au Matobo, les Kus pensent que la seule manière de retrouver la sérénité est de sauver une vie.

« Si quelqu’un s’est fait assassiner, l’année de deuil prend fin avec la tenue d’un rituel que les Africains appellent “le jugement du noyé”. Une nuit de fête est organisée près d’une rivière. À l’aube, l’assassin est mis dans une barque, éloigné de la rive et enfin jeté à l’eau, pieds et poings liés, ce qui fait qu’il ne peut pas nager. La famille de la victime doit alors faire un choix : le laisser se noyer ou se jeter à l’eau afin de lui sauver la vie.

« Les Kus pensent que si la famille laisse l’assassin se noyer, justice sera faite, mais pas leur deuil qui, lui, n’aura jamais de fin. Par contre, s’ils le sauvent et admettent que la vie est trop souvent injuste, sauver l’assassin les sauvera de leur chagrin. »

Charles Randolph, Scott Frank et Steven Zaillian
avec la participation de Martin Stellman et de Brian Ward
(scénaristes du film L’interprète, réalisé par Sydney Pollack)


DEVENIR

« Nous devenons ce que nous pensons. »

Bouddha
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 290)


DIEU

« […] Dieu était la fusion même du deuil et de la jubilation […]. »

Torgny Lindgren
(Bethsabée, Actes Sud, 1984, p. 247)

« Tant que j’invente Dieu, Il n’existe pas. »

Clarice Lispector
(« Pour pardonner à Dieu », dans Nouvelles,
cité par Christian Desmeules, Le Devoir,
27 janvier 2018, cahier « Lire », p. 31)

« Ils disent que nous nions Dieu
Alors que nous ne cherchons que Dieu
Que Lui seul Lui »

Alain Grandbois
(« Cris », dans L’étoile pourpre,
Poèmes, éd. de l’Hexagone, 1963, p. 241, 242)

« Avec les bêtises que les Hommes ont faites en Son nom, Il a le devoir d’exister. »

Gilles Vigneault
(à l’émission 24|60, ICI RDI, 22 février 2019)

« Dieu est le plus court chemin de zéro à l’infini. Dans quel sens? dira-t-on. »

Alfred Jarry
(cité par Dan Franck, Bohèmes,
Calman-Lévy, 1998, p. 227)

« Que Dieu existe ou non n’est pas mon affaire, mais l’humain qui n’est rien sans ce rien, oui. L’humain, nous ne souffrons pas encore assez de son absence. Elle se multiplie chaque jour, c’est un miracle noir.»

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 141)

« Dieu n’est pas une affaire négociable. »

Jean-Christophe Rufin
(Rouge Brésil, coll. « Le livre de poche » no 3906,
Éditions Gallimard, 2001, p. 368)

« Dieu fait bien son possible, mais ça reste un homme! »

Paule Trudelle
(22 septembre 2020)

« […] Dieu était peut-être une femme noire, homosexuelle, handicapée et avorteuse. »

Sylvain Trudel
(Terre du roi Christian, Les Quinze, éditeur, 1989, p. 107)

« […] si j’étais Dieu et que j’existais pas, je ferais des pieds et des mains pour me sortir du néant. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 326)

« Dieu est une éclipse. »

Dominique Fortier
(Les villes de papier, Les éditions Alto | CODA, 2020, p. 58)

« L’homme n’a fait qu’inventer Dieu pour ne pas se tuer. Voilà le résumé de l’histoire universelle jusqu’à ce moment. »

Fiodor Dostoïevski
(cité par Albert Camus, Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 147)


DIGRESSION

« Il faut avoir le sens de la digression pour bien voyager […]. »

« Faire des digressions, c’est […] refuser toute hiérarchie entre les événements […]. »

François Weyergans
(Je suis écrivain, Éditions Gallimard, 1989, p. 30 et 29)


DIRE

« Si tu as l’air droit, solide, inébranlable, Pilate, ce n’est pas parce que tu es grand nageur et bon cavalier, c’est que tu aimes Claudia et que tu es aimé. J’ai l’impression que c’est là ta vraie colonne vertébrale.
« — On ne m’a jamais dit ça.
« — On ne dit jamais rien parce qu’on parle tout le temps. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 237, 238)

« Bog : Dieu en serbo-croate. »

Nicolas Bouvier
(L’usage du monde, Payot & Rivages,
Petite bibliothèque Payot/Voyageurs, 2001, p. 69)


DISCUSSION

« Même quand on s’oppose à sa propre pensée, on reste entier. »

Torgny Lindgren
(Miel de bourdon, Actes Sud, 1995, p. 12)


DISSIMULATION

« La raison de l’existence de Disneyland est de nous faire croire que le reste de l’Amérique est réel. De même que les prisons n’existent que pour nous faire croire que le reste de la société n’est pas carcéral. »

Fabienne Jacob
(à l’émission La grande librairie,
TV5, octobre 2018)


DISTANCE

« La distance par rapport à nous-mêmes […] induit une distance à l’égard des autres. »

Torgny Lindgren,
(Divorce, Actes Sud, 1998, p. 177)

« […] distant comme un vieux loup de mer qui arrive d’un tour du monde. »

Félix Leclerc
(Pieds nus dans l’aube,
Henri Rivard Éditeur, 1994, p. 186)


DOMINANTS

« Les dominants ont toujours utilisé l’imagination des dominés à leur profit. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 27)


DON

« […] on ne réclame pas ce qui nous a été donné. »

Monique Proulx
(Champagne, Les Éditions du Boréal, 2008, p. 288)


DOUCEUR

« Le temps est aussi doux qu’un grand danger. »

Suzanne Jacob
(Maude, éditions nbj,
coll. « Liberté grande », 1988, p. 29)


DOULEUR

« You love pain. Pain reminds you the joy you felt was real. »

Hampton Fancher et Michael Green
(scénaristes du film Blade Runner 2049)


DOUTE

« Le doute, c’est le premier pas vers la liberté. »

Boris Cyrulnik
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 26 novembre 2015)


DUPLICITÉ

« Si nous ne tuons pas, ne volons pas, ne déonçons pas, c’est simplement parce que les circonstances n’obligent pas la duplicité qui est en chacun de nous à se manifester. »

Laura Salmon
(« Postface » à Sergueï Dovlatov,
La zone. Souvenir d’un gardien de camp,
Éditions du Rocher, coll. « Anatolia », 2003, p. 211)


DURER

« Tout ce qui est périssable désire durer. Disons donc que tout veut durer. »

Albert Camus
(L’été, Gallimard, 1959,
coll. « Le livre de poche » no 2154, p. 103)


EAU

« Il y a dans une gorgée d’eau plus de molécules de H2O (-1023) qu’il y a eu de secondes depuis le big bang (-1018). »

Richard Martel
(professeur, département de chimie,
cité par Mathieu-Robert Sauvé dans Les diplômés,
Université de Montréal, no 421, automne 2011, p. 8)

« Spinoza dit que nous sommes tous des porteurs d’eau d’une certaine manière parce que notre corps contient 90 % d’eau. »

Atiq Rahimi
(à l’émission La grande librairie, TV5, 24 février 2019)


ÉCLIPSE

« Quand il y a une éclipse, tout le monde est à l’ombre. »

Régine de Tambel
(à l’émission La grande librairie, TV5, janvier 2017)


ÉCOUTE

« Nous devons réapprendre l’art de l’écoute fraîche, envers l’autre et envers nous-mêmes! »

Dr Gaétan Brouillard
(La santé repensée, Éditions de l’Homme,
Montréal, 2015, p. 26)


ÉCRIRE

« Je n’écris pas pour que vous répondiez, non : j’écris parce qu’il n’y a pas de réponse. »

Camille Laurens
(Dans ces bras-là, P.O.L éditeur, 2000, p. 296)


ÉCRIT

« Le mot écrit donne une sensation de matérialité. […] donc, la parole écrite agit sur la matière. Et on a une impression de vérité, une impression de certitude qui est parfois une illusion, mais cette impression peut nous permettre de changer non pas la réalité, mais la manière dont on se représente la réalité. […] Le mot écrit, c’est l’invention d’une réalité. […] On métamorphose le réel, et c’est comme ça qu’on peut s’en sortir. »

Boris Cyrulnik
La grande librairie, TV5, 14 avril 2019)


ÉCRITURE

« Voilà ce qu’on arrive à écrire : pas les gens mais uniquement leurs configurations. »

Torgny Lindgren
(Miel de bourdon, Actes Sud, 1995, p. 42)

« Nous autres écrivains, nous nous occupons du négatif. »

Franz Kafka
(cité par Emmanuel Carrère dans
Il est avantageux de savoir où aller,
P.O.L., 2016, p. 441)

« On est ficelé quand on commence un livre. On est ficelé de la même manière que l’était le magicien Houdini autrefois. Et on essaye de se défaire de cette corde en travaillant. On déroule la corde pour retrouver sa liberté. On utilise tous ses muscles pour essayer… pour essayer de mettre tout ce qu’on sait de ce livre dans ce livre. Et ce que l’on sait, on l’apprend en avançant. »

Philip Roth
(à l’émission La grande librairie, TV5, mai 2015)

« Nul ne peut écrire s’il n’est pas assez dépris de soi. […] l’écriture, si elle prétend être davantage qu’un jeu, ou un enjeu, n’est qu’un long, interminable travail d’ascèse, une façon de se déprendre de soi en prenant sur soi : en devenant soi-même. »

Jorge Semprún
(L’écriture ou la vie, Gallimard,
Paris, 1994, coll. « Folio » no 2870, p. 376, 377;
la première phrase est tirée
de Lettre sur le pouvoir d’écrire, citée p. 376)

« Tous les secrets de l’existence sont dissimulés dans l’acte d’écrire. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 112)

« The writer expresses. He does not communicate. »

Eugene Jolas
(critique franco-américain, cité par Mary Auliffe,
When Paris Sizzled, Rowan & Littlefield, 2016, p. 210)

« Les écrivains utilisent cette substance magique qu’est l’écriture. L’écriture, ce n’est pas du présent, ce n’est pas non plus du passé. C’est une sorte de niveau de conscience intermédiaire entre le passé et l’avenir, et ça déploie toutes sortes de ruses et toutes sortes d’astuces pour faire exister quelque chose qui a tendance à disparaître, que si on ne l’écrivait pas, si on ne l’arrêtait pas disparaîtrait certainement, et laisserait à ce moment-là de la nostalgie parce qu’on ne saurait pas ce que c’est. »

J. M. G. Le Clésio
(à l’émission La grande librairie, TV5, 15 mars 2020)

« Je traverse cette vie en pensant à quelque chose qui refuse d’entrer dans ma pensée et reste sur le seuil […]. Cette pensée que je ne sais pas penser me fait écrire. »

« C’est en écrivant que j’entends tout. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 154 et 135)

« […] l’écriture est un acte de jeunesse. »

Jean-François Beauchemin
(La fabrication de l’aube,
Éditions Québec Amérique, 2006, p. 60)

« […] je fouille les mots comme un douanier pour voir s’ils n’ont pas quelque chose de caché. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 196)

« Si de temps en temps nous rencontrons des pages qui font explosion, des pages qui déchirent et meurtrissent, qui arrachent des gémissements, des larmes et des malédictions, sachez qu’elles viennent d’un homme acculé au mur, un homme dont les mots constituent la seule défense […]. »

Henry Miller
(Tropique du Cancer, Éditions Denoël,
coll. « Folio » no 261, 1945, p. 345, 346)

« […] l’écriture ne servait pas uniquement à me mettre en présence d’Ethel, mais aussi à me mettre en présence de moi-même. »

Amélie Nothomb
(Attentat, Éditions Albin Michel, 1997, p. 164)

« […] l’auteur s’écrit à lui-même pour se dire des choses qu’il ne pourrait comprendre autrement. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 491)

« […] on ne peut pas écrire sans le soutien de cette discipline toujours un peu combative des séductions de la vie. »

Marie-Claire Blais
(Des rencontres humaines, Éditions Trois-Pistoles,
coll. « Écrire », 2002, p. 88)

« Il est difficile de croire, avec le besoin que j’ai de m’en distraire, que je serai un jour captive de cet art, l’écriture, qui est celui de l’illumination dans le chaos. »

Marie-Claire Blais
(Parcours d’un écrivain. Notes américaines,
VLB éditeur, 1993, p. 32)

« […] chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n’eût pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même par le lecteur, de ce que dit le livre est la preuve de la vérité de celui-ci… »

Marcel Proust
(cité par Milan Kundera dans Le rideau,
Éditions Gallimard, coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 119)

« L’écriture se nourrit du mouvement du texte en train de naître, et le texte ou la structure se nourrissent encore de l’écriture. »

Noël Audet
(Écrire de la fiction au Québec,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 43)

« Quand l’écriture approche de ce qu’elle devrait être, elle ressemble comme une sœur au voyage, parce que, comme lui, elle est un exercice de disparition. Elle n’est certes pas une affirmation de la personnalité, mais au contraire sa dilution consentie au profit d’une réalité qu’il faut rejoindre : faire si bien un avec les choses qu’on puisse ensuite prétendre parler en leur nom. »

Nicolas Bouvier
(cité par Isabelle Miron
en exergue de « Présentation »,
Liberté no 269, septembre 2005, p. 3)

« On écrit dans la présence vivante de toute la littérature. »

Victor Chklovski
(cité par Massimo Rizzante, dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 21)


ÉCRIVAIN

« La tâche modeste de l’écrivain est peut-être finalement la plus importante : la transmission des choses lues. »

Elias Canetti
(cité par André Major, Les pieds sur terre. Carnets 2004-2007,
Éditions du Boréal, coll. « Papiers collés »,
2020, à la date du 17 juin 2007)

« Le véritable écrivain n’a rien à dire. »

Alain Robbe-Grillet
(Le miroir qui revient, Les éditions de Minuit, 1984, p. 219)


ÉDUCATION

« Lorsqu’on s’occupe des enfants, il faut beaucoup d’anxiété, docteur, sans ça ils deviennent des voyous. »

Émile Ajar
(La vie devant soi, Mercure de France, 1975, p. 31)


EFFET

« C’est une convergence de causes qui provoque un effet, l’aggrave ou le réduit. »

Boris Cyrulnik
(Le récit de soi, visité le 10 juin 2020)

« […] il est des effets vrais dans la nature qui ne sont plus probables sur la toile…
— La mission de l’art n’est pas de copier la nature mais de l’exprimer. »

Honoré de Balzac
(Le chef-d’œuvre inconnu, Le livre de poche,
Paris, 1995, coll. « Libretti » no 13808, p. 42)


ÉLÈVE

« L’encre de l’élève est plus sacrée que le sang des martyrs. »

Mahomet
(cité par un personnage de Désert désir
de Claire Varin, Éditions Trois,
coll. « Topaze », 2001, p. 65)


EMBONPOINT

« Lorsqu’il n’y a personne pour vous aimer autour, ça devient de la graisse. »

Émile Ajar
(La vie devant soi, Mercure de France, 1975, p. 86)


ÉMERVEILLEMENT

« Je m’agenouillais, émerveillé par ta beauté et je t’essuyais les pieds. »

Leonard Cohen
(« Boogie Street », dans Le livre du désir,
Le Cherche Midi, 2006, p. 72)

« Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s’émerveiller qui manquent, mais les émerveillés. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(La nuit de feu, Albin Michel / À vue d’œil, 2016, p. 55)


EMPIRE

« Le propre d’un empire, c’est d’empirer. »

Stéphane Laporte
(La Presse, Montréal, 30 janvier 2016, p. A 12)


EMPIRISME AVEUGLE

« Quand mon imagination était utilisée pour transformer le monde et occuper l’espace, c’était encore avec l’empirisme aveugle des premières formes vivantes. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 185)


ENGAGEMENT

« […] on ne s’engage jamais qu’au service d’une certaine idée du bien pour mener la guerre contre une certaine idée du mal. »

Yannick Roy
(« S’installer dans la chute »,
dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 161)


ENFANCE

« […] l’enfance, ce petit purgatoire d’acclimatation […] »

Sylvain Trudel
(La mer de la tranquillité, Les Allusifs, 2006, p. 28)


ENFANT

« Je suis un enfant. Je ne suis pas une insuffisance rénale. »

Un enfant
(cité à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2017)

« Faire des enfants, me disait mon père, c’est donner des otages au destin. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 150)


ENFER

« Et si donc c’était Jésus qui était en enfer, si c’était lui qui payait éternellement pour nous tous? »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
Gallimard, 1985, p. 142)

L’enfer : « un état de détresse éternelle ».

Paule Trudelle
(31 mars 2007)

« […] l’enfer, c’est nous-mêmes, sauf que nous ne le remarquons pas. »

Sergueï Dovlatov
(La zone. Souvenir d’un gardien de camp,
Éditions du Rocher, coll. « Anatolia », 2003, p. 140)

« […] l’enfer, c’est l’horreur sans aucune trace de tragique. »

Milan Kundera
(Le rideau, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 142)


ENFERMEMENT

« Dans le monde entier on enferme de manière régulière les migrants et les demandeurs d’asile dans des centres de détention — eet parfois même dans des conteneurs ou des caisses de métal. »

Amnistie internationale Canada francophone
(Agir, été 2013, p. 9)

« Dans enfermement, il y a le mot enfer. »

André-Guy Robert
(8 septembre 2019)


ENIGME

« Je cherche à comprendre l’énigme du cosmos dans toute sa stupeur. »

Jules Laforgue
(à l’émission La grande librairie,
TV5, décembre 2016)


ENNEMI

« Les hommes s’attachaient à leurs ennemis comme avec des verrous de fer. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, éd. Belfond,
coll. « Pocket » no 3938, 1989, p. 211)

« Sans ennemis personne ne peut régner. Les ennemis procurent du pouvoir. »

Torgny Lindgren
(Bethsabée, Actes Sud, 1984, p. 186)

« Quand vous n’avez pas d’ennemi valable vous finissez par vous barricader dans une ferme et par tirer sur n’importe qui. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 247)

« Quand l’ennemi semble plus fort que toi, agis de manière à échapper à son mode de compréhension. »

Bernard Werber
(Les fourmis, Éditions Albin Michel,
coll. « Le livre de poche » no 9615, 1991, p. 120; var. p. 271)


ENNUI

« Julie était une femme qui s’ennuyait parce que son corps avait survécu à la mort de son âme. »

Nelly Arcan
(À ciel ouvert)

« L’ennui est une insulte que l’on s’inflige. »

Jules Renard
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 111)


ENTENDRE

« Je dis : entendez les hymnes, entendez les objets, entendez les hymnes enroulés aux objets […]. »

François Charron
(La chambre des miracles,
Les Herbes Rouges, 1986, p. 30)


ENTRÉE

« Nous entrerons dans des villes splendides
Flambant nus
Montés sur des coursiers d’épouvante. »

Anne Hébert
(L’enfant chargé de songes, Éditions du Seuil, 1992, p. 67)


ENVIE

« L’envie est une admiration qui se dissimule. »

Sœren Kierkegaard
(Traité du désespoir, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 25, 1949, p. 173)


ENVIRONNEMENT

« L’environnement n’est pas la nature […] »

Jean-Philippe Warren
(« Le non-lieu des intellectuels »,
Liberté no 268, mai 2005, p. 25)


ERREUR

« On ne se trompe jamais en conférant à quelqu’un le grade qu’il n’a pas atteint. »

Jean-Christophe Rufin
(Rouge Brésil, coll. « Le livre de poche » no 3906,
Éditions Gallimard, 2001, p. 171)


ESCLAVAGE

« D’une certaine façon, on est toujours le maître de son esclavage. »

Rober Racine
(Le dictionnaire, suivi de La musique des mots,
Éditions de l’Hexagone, coll. « Itinéraires », 1998, p. 32)


ESPÉRANCE

« J’arrive à l’âge où l’espérance est une nécessité […]. »

Bernard Émond
(Le Devoir, 17 février 2018, cahier « Lire », p. 19)


ESPOIR

« […] l’espoir n’était pas au nombre des commandements reçus par Moïse sur le mont Sinaï, car il ne préservait de rien, ne guérissait de rien; il repoussait seulement l’entendement du mal. »

Marek Halter
(La mémoire d’Abraham,
éd. Robert Laffont, Paris, 1983, p. 237)

« […] j’ai un petit aquarium au fond de mon ventre avec des poissons minuscules qui vivent dedans. Quand je mange, il y a un peu de mes aliments qui tombent dans l’aquarium pour nourrir l’espoir. »

Sylvain Trudel
(Le souffle de l’Harmattan, Les Quinze éditeur,
coll. « 1010 » no 105, 1988, p. 13)

« Lorsqu’on a soif d’espoir et que l’espoir n’est nulle part en vue, reste la soif. »

Jean Barbe
(Autour de Dédé Fortin, Leméac Éditeur, 2001, p. 26)

« […] seule la curiosité entretient l’espoir. »

Douglas Kennedy
(Toutes ces grandes questions sans réponse,
Belfond, 2016, p. 41)

« La vie des hommes est pleine de surprises, et l’espoir en fait partie. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 96)


ESPRIT

« L’esprit réside là où le monde intérieur et le monde extérieur entrent en contact. »

Novalis
(cité par Christophe André, à l’émission
La grande librairie, TV5, février 2018)

« Il faut toujours trahir la lettre pour rester fidèle à l’esprit. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, Belfond,
coll. « Pocket » no 3938, 1989, p. 14)

« […] l’esprit possède sur la matière la plus cruelle, la plus oppressante, un pouvoir décisif : celui de la transfigurer. »

André Major
(« L’après-Kundera », dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 35)


ESSENTIEL

« Tout ce qui compte n’est pas nécessairement comptable. Tout ce qui est comptable ne compte pas nécessairement. »

Albert Einstein
(cité par Media Experts, janvier 2010)


ÉTAT

« L’État est semblable au chiffre 1, les hommes sont les zéros qui le décuple. »

Vassili Grossman
(Tout passe…, Stock, 1972, p. 192)


ÉTERNITÉ

« Concernant l’éternité et la résurrection de la chair, je trouve qu’on peut laisser ressusciter ceux qui le souhaitent, mais que les autres peuvent en être dispensés. »

Torgny Lindgren
(La Bible de Gustave Doré, Actes Sud, 2008, p. 91)


ÊTRE

« […] nul d’entre nous n’est ce que nous imaginons, […] chacun […] normalise la terrible étrangeté de sa vie intérieure au moyen de diverses fictions commodes. »

Siri Hustvedt
(Élégie pour un Américain,
Actes Sud / Leméac, 2008, p. 299)

« [Walter] Spies était […] surtout préoccupé d’être, non de faire ou de devenir, qui sont les principales motivations des Occidentaux. […] Être, simplement, comme le lac qui reflète le ciel, ou l’arbre qui s’agite au vent… mais aussi se sentir être, ce que ne permet pas la pression de la société industrielle en Europe. »

Claire Holt
(citée dans Hans Rhodius, Schönbeit und Reichtum des Lebens,
Walter Spies
, L.J.C. Boucher/Den Haag, 1964;
propos rapporté par Christine Jordis, Bali, Java, en rêvant,
Gallimard/Éditions du Rocher, 2001, p. 123)


ÊTRE CONNU

« […] elle a grandi connue de son monde entier. »

« […] tout le monde a ce même sort de commencer par être très connu et de finir par n’être plus connu de personne. On doit alors recommencer les présentations. »

Suzanne Jacob
(Maude, éditions nbj,
coll. « Liberté grande », 1988, p. 43 et 49)


ÉTREINTE

« […] nous sommes restés longtemps enlacés comme si nous nous retrouvions après une séparation trop cruellement longue, elle nous entraînait dans un léger bercement, comme si l’un de nous avait besoin d’être consolé. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 168)


ÊTRE PRESSÉ

« Être pressé, c’est croire que l’on passe devant ses jambes […] »

Fernando Pessoa, alias Alberto Caeiro
(Le livre de l’intranquillité, p. 156)


ÊTRES HUMAINS

« Les êtres humains sont la preuve de leur existence et c’est assez considérable comme fait, comme événement incessant, éreintant, continuel, pour que vous vous arrêtiez un instant et que vous consentiez à risquer un rapport avec eux. »

Suzanne Jacob
(L’obéissance, Éditions du Seuil, 1991, p. 137)


ÊTRE SOI-MÊME

« On ne guérit pas de l’espoir d’être soi-même. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
Gallimard, 1985, p. 22)

« Nous sommes tous étrangers à nous-mêmes, et si nous avons le moindre sens de qui nous sommes, c’est seulement parce que nous vivons à l’intérieur du regard d’autrui. »

Paul Auster
(Chronique d’hiver, Actes Sud / Leméac, 2013, p. 182)


ÊTRE VU

« Les gens ont besoin d’être vus. »

Siri Hustvedt
(Élégie pour un Américain,
Actes Sud / Leméac, 2008, p. 393)


ÉTROITESSE D’ESPRIT

« On a neuf à dix milliards de neurones dans le cerveau, c’est comme si on pouvait se connecter un peu partout dans l’univers et qu’on passait notre temps à se brancher sur deux ou trois futilités, à ne pas en démordre, à les prendre très au sérieux. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 329, 330)


[EUPHÉMISME]

« Flush only toilet paper and what nature provides. »

Anonyme
(Affiche trouvée dans une toilette mobile Port-O-Let,
Laval, 6 octobre 2020)


EUROPE

« Mettre un roman et un livre de philosophie sur le même plan qu’un immense événement politique, c’était cela, l’Europe. »

Milan Kundera
(Le rideau, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 194)


ÉVÉNEMENTS

« Le temps […], on arrive à peu près à lui résister, mais contre les événements on reste sans défense. »

Torgny Lindgren
(Miel de bourdon, Actes Sud, 1995, p. 109)


EXERCICE

« Les personnes qui pensent ne pas avoir le temps de faire de l’exercice devront un jour ou l’autre trouver le temps d’être malade. »

Edward Stanley
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 157)


EXISTENCE

« […] je sais que je suis là, quelque part, puisque je fais partie de la vie de quelqu’un. […] Je suis un tout petit morceau de la vie d’un gardien d’immeuble qui s’appelle Henri. Seulement pour cela, je lui dois la vie. »

Anne Guilbault
(Joies, XYZ, 2008, p. 65)

« Père travaillait à un ouvrage sur le fait d’exister […]. » [Il était] « affairé à quelque chose dont on ne voyait jamais la fin. »

Tarjei Vesaas
(L’arbre de santal, Actes Sud, 1994, p. 31 et 29)

« Je n’existais pas. J’ai existé. Je n’existe plus. Quelle importance? »

Anonyme
(Inscription sur une tombe romaine,
citée par Emmanuel Carrère,
Le royaume, P.O.L., 2014, p. 238)

« […] l’artiste et l’écrivain s’efforcent de surmonter l’existence […]. »

Simone de Beauvoir
(Pour une morale de l’ambiguïté, Éditions Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 415, 1947, p. 87)


EXISTER

« […] nous existons [nous restons vivants] tant que quelqu’un se souvient de nous. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 227 et [586])


EXPLICATION

« Pour moi, l’explication, c’est le pire ennemi de l’ignorance. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 17)


EXPRESSION

« On raconte qu’à la question : “Que cherchez-vous à exprimer à travers cette sonate”, Beethoven se remit au piano, rejoua sa sonate en entier, après quoi répondit : “Ça!” »

Dionysios Dervis-Bournias
(Livret, album CD de Thierry Pécou
Les liaisons magnétiques, 2015, AECD 1546, p. 5)

« Je m’exprime donc je suis. »

Giao Xingjian
(La raison d’être de la littérature,
Éditions de l’aube, coll. « Poche », 2000, p. 30)


FACÉTIE

« Il [Jacques Prévert] faisait livrer de fausses factures à de vrais clients, ou préparait les horloges du magasin pour qu’elles sonnent toutes en même temps, si possible aux heures de grande affluence. »

Dan Franck
(Bohèmes, Calman-Lévy, 1998, p. 511)


FAIBLE

« Prendre systématiquement le parti du plus faible est une règle qui permet pratiquement de ne jamais rien regretter. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 146)


FAIBLESSE

« Chaque adversaire a un point faible. Trouve-le, et n’affronte que cette faiblesse. »

Bernard Werber
(Les fourmis, Éditions Albin Michel,
coll. « Le livre de poche » no 9615, 1991, p. 290)


FAIM

« Tellement faim
que j’mangerais
une volée. »

Un jeune mendiant
(Lu sur le carton qu’il tenait,
station Villa-Maria, Montréal, 3 décembre 2019)


FAMILLE

« Ce n’est pas le secret qui menace la famille, c’est la question qui n’a jamais été posée. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 55)


FANATISME

« Le fanatisme […], c’est la dernière révolte du pauvre, la seule qu’on n’ose lui refuser. »

Nicolas Bouvier
(à Hâfiz, en 1963; L’usage du monde, Payot & Rivages,
Petite bibliothèque Payot/Voyageurs, 2001, p. 137)

« Le fanatisme est une lampe merveilleuse à la clarté de laquelle l’ennui prend des contours inquiétants […]. »

André Breton et Philippe Soupault
(« S’il vous plaît », in Les champs magnétiques,
NRF, Poésie/Gallimard, 1968, p. 148)


FANTASME OCCIDENTAL

[À Laval :] « Il fallait […] traverser des parkings vastes comme des maladies mentales pour atteindre des hypermarchés ligotés d’autoroutes. […] L’été, il y avait quelque chose d’infernal dans les autos brûlantes, comme une scintillation de névrose, mais à la fin je gagnais les lourdes portes vitrées que je poussais d’une fesse pour pénétrer dans le grand fantasme occidental climatisé. »

Sylvain Trudel
(La mer de la tranquillité, Les Allusifs, 2006, p. 123, 124)


FAUX

« C’est le faux qui est important pour l’homme, et son peu de grandeur est peut-être de consumer sa vie pour le rendre vrai. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
Gallimard, 1985, p. 126)

« Aujourd’hui, tout est du simili faux, taillé dans la copie conforme du toc véritable. »

Rober Racine
(cité par Réjean Bonenfant,
Le Sabord, no 33, hiver 1993;
article sur Le mal de Vienne)


FEMMES

« Laissons les belles femmes aux hommes sans imagination. »

Marcel Proust
(cité par Éric Laurrent à l’émission
La grande librairie, TV5, 13 septembre 2020)


FENÊTRE

« […] il y a des fenêtres, géantes gaufrettes de lumière. […] vitres comme des décrets, avec les princes blancs à cheval dans le ciel. »

« […] fenêtre haute comme une punition d’enfance […]. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 143 et 129)


FICTION

« La fiction n’arrive pas à la cheville du réel. »

Tom Wolfe
La grande librairie, TV5, novembre 2016)

« Le rôle de la fiction serait de rendre la réalité crédible. »

John le Carré
(à l’émission La grande librairie, TV5, avril 2018)


FIDÉLITÉ

« J’ai été marié de force alors que j’aimais une autre femme. L’amour ne disparaît jamais complètement. L’être humain peut partir où il veut, il emportera toujours son cœur avec lui. »

Un nomade de la communauté Van Gujjar, Inde
(à l’émission Voyage en terre inconnue, TV5, 5 juin 2020)

« Rien ne valait la bonne simplicité d’une pierre au carré pesant sur une autre, en lui jurant fidélité pour les siècles. »

Jean-Christophe Rufin
(Rouge Brésil, coll. « Le livre de poche » no 3906,
Éditions Gallimard, 2001, p. 390)


FIDÉLITÉ À SOI-MÊME

« […] ce qu’on pense dans sa jeunesse, on l’oublie dans la force de l’âge, et on ne s’en souvient qu’une fois vieux. »

Henning Mankell
(Profondeurs, Seuil, 2008, p. 148)


FILS

« J’ai vu le père portant son fils mort à la mère qui l’avait porté […]. »

A. M. Klein
(Le second rouleau,
Les Éditions du Boréal, 1990, p. 160)


FIN

« À la fin, nous allons tous être réunis dans l’eau de la nappe phréatique. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 228)

[En kinyarwanda :] « Pour dire que le conte est terminé, le conteur dit : “Moi, je ne suis pas encore fini, mais le conte si.” »

Atiq Rahimi
(à l’émission La grande librairie, TV5, 8 mars 2020)


FIN DU MONDE

« Au fond de moi, j’ai toujours eu peur que la fin du monde ressemble à quelque chose d’aussi tragique et dérisoire qu’un dentier tombé dans le vomi, à une chasse d’eau tirée par on ne sait qui ou quoi. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 317)


FOI

« […] la foi n’est pas seulement un acte de l’intelligence, une conviction, mais un acte de la sensibilité et de la volonté, un sentiment de confiance, un désir de soumission. »

Roger Martin du Gard
(Jean Barois, NRF/Gallimard, 1921, p. 486)

« La foi, c’est croire quelque chose dont on sait que ce n’est pas vrai. »

Mark Twain
(cité par Emmanuel Carrère,
Le Royaume, P.O.L., 2014, p. 108)

« Si on n’a pas de doute, la foi n’est pas sûre. »

Gilles Vigneault
(à l’émission 24|60, ICI RDI, 22 février 2019)

« […] il n’y a rien en quoi on peut croire, c’est pourquoi il faut croire en Dieu. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 50)

« La foi, c’est pour répondre à un seul problème : le problème du mal. Je parle du mal radical, celui que l’homme inflige à l’homme. »

François Chen
(à l’émission La grande librairie, TV5, 2 février 2020)

« La foi, c’est l’expérience que l’intelligence est éclairée par l’amour. »

Simone Veil
(citée par Christiane Ramcé
à l’émission La grande librairie, TV5, 2 février 2020)

« Qu’il vous soit fait selon votre foi. »

Matthieu
(Mt 9,29 cité par Sœren Kierkegaard, Traité du désespoir,
Éditions Gallimard, coll. « Idées NRF » no 25, 1949, p. 185)


FOLIE

« […] il y a pire que la folie : essaie le silence, par exemple. »

Colum McCann
(Lettres à un jeune auteur, Éditions Belfond, 2018, p. 33)


FORMULATION

« Tout ce qui est formulé devient plus tolérable. »

Cioran
(cité par Nancy Huston, Professeurs de désespoir,
Actes Sud, 2005, p. 124)


FORTUNE

« Je suis millionnaire de toi
Ma fortune c’est nous deux. »

(Écrit sur un verre Clafard + Julien,
boutique du Musée des Beaux-Arts de Montréal, juin 2013)

« […] la fortune est un cachot, crains de tomber dans l’oubliette. »

Jack Kerouac
(Les clochards célestes, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 565, 1963, p. 158)


FOU

« Un fou, c’est quelqu’un qui a laissé la souffrance prendre sa place. »

Christian Bobin
(Prisonnier au berceau, cité à l’émission
La grande librairie, TV5, 8 décembre 2019)


FUITE

« Rien ne rassure comme la fuite. »

Jean-Christophe Rufin
(L’Abyssin, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 3137, 1997, p. 199)


FUMÉE

« Dans la fumée, le monde se révèle tel qu’il est en réalité. »

Torgny Lindgren
(Lumière, Actes Sud, 1990, p. 174)


GAGNER DE L’ARGENT

« La difficulté n’est pas de gagner de l’argent […]. La difficulté est de le gagner en faisant quelque chose qui en vaille la peine. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 491)


GAMIN

« Un gamin est un gamin parce qu’il est ce qu’il est en petits morceaux. Il est tout cassé, comme un casse-tête en vrac dans sa boîte. Il n’est que ce qu’on fait de lui, et on n’en fait jamais plus que ce dont on a besoin, on fait tout ce qu’on peut pour tâcher d’en faire moins. Qui utilisera jamais les pièces qui restent ou lui dira qu’elles sont là? Qui lui dira jamais qu’il est né avec un homme tout entier quelque part en lui, mais que la moitié n’en a pas été assemblée, et qu’elle reste éparse sur le sol? »

Wright Morris
(The Inhabitants [Les habitants];
Musée des beaux-arts du Canada,
Ottawa, mars 2019)


GÉNIE

« Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

Jonathan Swift
(cité par Bernard Weber dans
L’encyclopédie du savoir relatif et absolu,
Éditions Albin MIchel, coll. « Le livre de poche »
no 15530, 2000, p. 129)


GENS

« Il n’y a […] ni bons ni méchants, ni honnêtes gens ni filous, ni agneaux ni loups; il n’y a que des gens punis et des gens impunis. »

Jakob Wassermann
(exergue à Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre,
cité par Christian Desmeules, Le Devoir, 27 janvier 2018,
cahier « Lire », p. 30)


GENTILLESSE

« Tout le monde mérite qu’on soit gentil […], n’mporte qui, quel qu’il soit. »

Paul Auster
(Moon Palace, Actes Sud,
coll. « Babel » no 68, 1990, p. 349)


GESTES

« Il y a des gestes que la parole arrête, et d’autres que rien ne peut arrêter. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, éd. Belfond,
coll. « Pocket » no 3938, 1989, p. 133)

« Le geste part, la parole suit, et la pensée retarde à peine. »

Un professeur de zoologie et de botanique
(Éléments latins, École Saint-Jean, Pont-Viau, 1964)

« Nos gestes parlent plus fort que nos paroles. »

Un prêtre
(Église de La Visitation, Montréal, 27 septembre 2020)


GLOIRE

« La gloire, c’est les médiocres qui vous la donnent, et vous la partagez avec les salauds. »

Albert Camus
(cité à l’émission La grande librairie,
TV5, janvier 2014)


GRÂCE

« Il n’y a pas de grâce plus grande que le soulagement des douleurs […]. »

Torgny Lindgren
(La Bible de Gustave Doré, Actes Sud, 2008, p. 207)


GRANDIR

« Le corps grandit en prenant de la taille. L’esprit grandit en perdant de la hauteur. »

Christian Bobin
(Le Très-Bas, Folio no 2681, p. 39)

« […] grandir, c’est désobéir […]. »

Suzanne Jacob
(L’obéissance, Éditions du Seuil, 1991, p. 213)


GUERRE

« La guerre, c’est le retour légal à l’état sauvage. »

Paul Léautaud
(cité par Dan Franck, Bohèmes,
Calman-Lévy, 1998, p. 305)

« La guerre, c’est une absence totale de réalité. »

J. M. G. Le Clésio
(à l’émission La grande librairie, TV5, 15 mars 2020)

« La guerre est terminée; tous ceux qui ne sont pas morts sont libres de faire ce qu’ils veulent. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 259)

« À la guerre, la vérité est la première victime. »

Eschyle
(cité dans le film Les yeux dans le ciel)

« Ne dites jamais à un soldat qu’il ne connaît pas les conséquences de la guerre. »

Guy Hibbert
(scénariste du film Les yeux dans le ciel / Eye in the Sky)


HABITUDE

« […] l’âme se façonne aux habitudes et l’on finit par penser comme l’on vit. »

Marek Halter
(La mémoire d’Abraham,
éd. Robert Laffont, Paris, 1983, p. 58)

« Ce n’est pas dans la nouveauté, c’est dans l’habitude que nous trouvons les plus grands plaisirs. »

Raymond Radiguet
(Le diable au corps, GF Flammarion no 444, 1986, p. 80)


HAÏKU

« Le lecteur de haïku ne demande pas au poète d’avoir du talent. Il lui demande de voir. »

Michel Pleau
(« La vie est brève »,
dans Brèves littéraires no 72, hiver 2006, p. 83)


HAINE

« […] ta haine est d’abord contre toi-même. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, éd. Belfond,
coll. « Pocket »no 3938, 1989, p. 180)

« On hait chez le prochain ses propres vertiges. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
Gallimard, 1985, p. 26)

« […] c’est la haine qui tient “les os des guerriers en place”. »

Larry Tremblay
(cité par Luc Boulanger dans La Presse,
Montréal, 2 avril 2016, cahier « Arts », p. 6)

« La pire chose à faire avec quelqu’un qui manifeste de la haine, c’est de le traiter d’imbécile. C’est quelqu’un qui a peur. Il n’y a rien de pire, quand tu as peur, que de sentir qu’on ridiculise ta peur. »

Adib Alkhalidey
(cité par Marc Cassivi, La Presse, Montréal,
4 février 2017, cahier « Arts », p. 2)


HAÏR

« Haïr pour de bon est un talent qui ne s’acquiert qu’avec l’âge. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 86)


HALLUCINOLOGIE

« L’hallucinologie est une science jeune et balbutiante. On pourrait dire qu’elle se trouve elle-même dans l’état qu’elle cherche à étudier. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 76)


HAPPY FEW

« Les happy few, même enclins au prosélytisme, cessent d’être tout à fait happy en cessant d’être few. »

Emmanuel Carrère
(Je suis vivant et vous êtes morts, Seuil, 1993, p. 358)


HASARD

« Nous sommes tous des nouveau-nés […] et nous nous attendons aux bonheurs et aux plaisirs, mais le hasard nous dévore rapidement et nous enseigne que rien ne nous appartient, qu’il possède tout, toute propriété et tous nos parents et amis, nos bras, nos jambes, nos yeux et même le nez que nous portons au milieu de la figure. »

« Empêcher le hasard de gouverner, cela revient à tout abandonner à un autre hasard. »

« Si j’avais pu me mettre à l’abri du hasard […], j’y serais encore. »

« Le hasard n’est peut-être rien d’autre que la somme de toutes les causes que nous avons oubliées. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987,
p. 136, 143, 187 et 247)

« Le hasard est le costume que Dieu prend pour passer incognito. »

Albert Einstein

« Seul le hasard peut être interprété comme un message. Ce qui arrive par nécessité, ce qui est attendu et se répète quotidiennement n’est que chose muette. Seul le hasard est parlant. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 64)

« […] les hasards sont les cicatrices du destin. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 578)


HÉROS

« Un héros, c’est celui qui fait ce qu’il peut quand les autres ne le font pas. »

Un poilu de Verdun
(cité par Marie Darrieussecq
à l’émission La grande librairie,
TV5, 30 octobre 2019)


HIER

« On ne sait pas de quoi hier sera fait. »

(Blague des historiens soviétiques,
citée par Patrick Boucheron, historien,
à l’émission La grande librairie, TV5, 17 février 2019)


HISTOIRE

« […] l’histoire avec une grande hache […]. »

Georges Perec
(cité par Emmanuel Carrère,
dans Il est avantageux d’avoir où aller,
P.O.L. éditeur, 2016, p. 252)

« […] l’histoire est une immensité obscure, qui résonne d’échos. »

Margaret Atwood
(La servante écarlate, Robert Laffont,
coll. « Pavillons poche », Paris, 2015, p. 511)

« On essaie tous de trouver un sens à ce qu’on vit, souvent en se racontant des histoires les uns aux autres. On n’est pas simplement le personnage principal de sa vie : on en est également le narrateur. »

Emmanuel Mouret
(cité par François Lévesque, Le Devoir,
26 et 27 septembre 2020, cahier « Le D magazine », p. 22)

« […] c’est le propre des bonnes histoires de se tenir debout et de marcher toutes seules […]. »

Jean-Benoît Nadeau
(Écrire pour vivre, Éditions Québec Amérique, 2007, p. 65)


HISTORIEN

« L’historien est le prophète du passé. »

Georg Wilhelm Friedrich Hegel


HOMME

« L’homme est irrationnel, il agit le plus souvent contre son intérêt, […] il veut souffrir et il refuse d’arriver à ses fins : seule l’affirmation de son libre arbitre lui importe. »

« Cette “planète” où le bonheur exige la souffrance, cette planète où autrui ne peut être atteint que dans le partage vécu d’une souffrance, c’est la planète des hommes […] »

Georges Nivat
(Préface; Dostoïevski, Crime et châtiment, Gallimard,
Folio classique no 2661, 1973, p. XIII et XXIII)

« […] l’homme n’était pas l’œuvre de Dieu […], mais un accident de la chimie […] “nos vrais dieux” : le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote. »

Sylvain Trudel
(La mer de la tranquillité, Les Allusifs, 2006, p. 30)

« Homme : terme générique embrassant la femme. »

Le Littré
(cité par François Busnel, à l’émission
La grande librairie, TV5, octobre 2018)

« […] l’homme […] fonctionne comme une ampoule électrique : il s’allume d’un coup et refroidit aussi vite. La femme, elle, […] s’échauffe comme une casserole […]. Peu à peu, à feu lent, comme la bonne fricassée. Mais quand elle est enfin chaude, personne ne peut plus l’arrêter. »
(Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éd. Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 176)
« […] l’Homme n’exist[e] pas en dehors des autres qui le font. »
Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 131)

HONTE

« La honte a la mémoire longue. »

Lola Lafon
(à l’émission La grande librairie, TV5, 13 septembre 2020)

« La honte est à l’univers de Kundera ce que la faute était à l’univers de Kafka. Elle est l’un des signes par quoi le réel advient dans un monde où la faute n’est plus qu’une farce. […] La honte […] est la faille par où on voit les limites de la volonté individuelle en même temps que l’horlogerie complexe par quoi le regard extérieur pénètre à l’intérieur du sujet et l’expose tout à coup à l’horreur d’être soi. »

Michel Biron
(« La honte comme événement romanesque »,
dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 190)


HORIZON

« Rue Bélanger
J’attends l’autobus
Je regarde le bout de la rue
Sans horizon

« Je ferme les yeux
Je vois les aînés de la Rivière de l’Ocre
Assis face à la mer
Eux seuls voient
Ce qu’ils regardent »

Joséphine Bacon
(Uiesh | Quelque part, Mémoire d’encrier,
coll. « Poésie » no 77, 2018, p. 66)


HOSTILITÉ

« […] l’hostilité peut être aussi une dimension de l’amour. »

Paul Auster
(Léviathan, Actes Sud, 1993,
coll. « Le livre de poche » no 13907, p. 118)


HUMAINS

« Est-ce que personne ne trouve étrange qu’aujourd’hui des ordinateurs demandent à des humains de prouver qu’ils ne sont pas des robots? »

KcoQuidamnée
(Twitter, 30 août 2020; des variantes
de cette question circulent aussi sur Facebook)


HUMANITÉ

« Il est impossible de penser, même une seconde, à la totalité des gens qui vivent sur terre, chacun doté d’une âme et d’une formidable puissance d’erreur. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 143)


HUMILITÉ

« Ce que le diable ne peut imiter, dit-on, c’est l’humilité, cette vertu louangée par le poète musulman Machrab : L’arbre qui porte beaucoup de fruits incline la tête. »

Claire Varin
(Désert désir, Éditions Trois,
coll. « Topaze », 2001, p. 101)


HUMOUR

« L’humour […] est une surabondance de gravité. »

René de Oblaldia
(98 ans, à l’émission La grande librairie, TV5, août 2017)

« L’humour est une forme d’élégance. »

François Busnel
(à l’émission La grande librairie, TV5, 14 juin 2020)

« […] le Dard […] n’avait aucun sens de l’humour, pareil en cela à tous ceux qui ne respectent pas la loi à la lettre. »

Michael Ondaatje
(Ombres sur la Tamise, Les Éditions du Boréal, 2018, p. 83)

« […] l’humour délirant et raisonné est le coup de feu tiré par la raison. »

Octavio Paz
(parlant de Marcel Duchamp, dans Les plus beaux textes
de l’histoire de l’art choisis et commentés
par Pierre Sterckx
, BeauxArts éditions, 2009, p. 22)

« […] nous vivons au temps du “crépuscule des plaisanteries” […]. »

Reynald Lahanque
(« Les campanules », dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 100)


HYPODESCENDANCE

« […] un enfant issu de parents de castes différentes appartient nécessairement à la caste inférieure. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 937)


IDÉE

« Une idée qui n’est pas dangereuse ne mérite pas d’être appelée une idée. »

Oscar Wilde


IDENTITÉ

« Il n’existe que des variations de [notre] identité, qui se juxtaposent, se font écho, apparaissent et disparaissent, remontent à la surface ou se perdent dans l’oubli. »

Isabelle Daunais
(« Le retour des personnages », dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 91)


IGNORANCE

« Les gens mesurent rarement leur ignorance parce qu’ils s’enferment dans une chambre d’échos d’amis qui partagent leurs opinions et de flux d’actualités à sens unique, où leurs croyances sont constamment renforcées et rarement remises en question. »

Yuval Noah Harari
(21 leçons pour le XXIe siècle, Albin Michel, 2018, p. 239)

« Je suis très ignorant : la vérité n’en existe pas moins. »

Franz Kafka
(cité par Emmanuel Carrère
dans Le Royaume, P.O.L., 2014, p. 370, et dans
Il est avantageux de savoir où aller, P.O.L., 2016, p. 503)

« Il riait parce que ses ennemis ne parvenaient pas à l’atteindre; mais il ne savait pas qu’ils s’exerçaient à le manquer. »

Bertold Brecht
(cité par Emmanuel Carrère,
Je suis vivant et vous êtes morts, Seuil, 1993, p. 41)

« L’ignorance qui méprise la connaissance, c’est vieux comme le monde. Parce qu’elle la craint. Elle a bien raison. »

Gilles Vigneault
(à l’émission 24|60, ICI RDI, 22 février 2019)

« Que voulez-vous que je vous dise de moi, je ne sais rien de moi? Je ne connais même pas la date de ma mort. »

Jorge Luis Borges
(cité par Dany Laferrière, Je suis fatigué, Lanctôt éditeur,
PCL / petite collection lanctôt, 2001, p. 101)


ILLUSION

« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. » (Guy Dubord, La société du spectacle, 1973)

« Et sans doute notre temps… préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être… Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré. » (Ludwig Feuerbach, préface à la deuxième édition de L’essence du christianisme, 1843)

Cités par Jacques Folch-Ribas
(« Spectacle, et musique », La Presse,
dimanche 24 janvier 1993, p. B6)

« Un chef, un roi, avait un jour construit un palais. Tout y était illusion : les portes,  les fenêtres, les salles et la muraille qui l’entourait. C’est de ce palais d’illusion qu’il régnait sur son peuple. Comme tu peux l’imaginer, les mécontents, les miséreux, se rendaient au palais pour demander justice, mais ils s’arrêtaient devant les portes, ayant peur de les pousser. Un jour, un ministre fut pris de pitié pour ces gens qui tournaient autour du palais sans oser y entrer. Il leur dit qu’en vérité rien ne les séparait de la justice, car les portes, la murailles, les serrures et le palais lui-même n’étaient qu’illusion… »

Marek Halter
(La mémoire d’Abraham, Robert Laffont, 1999, p. 105)


IMAGINAIRE

« L’imaginaire s’apparente à une contrée d’exil où l’on trouve refuge lorsqu’il est impossible de trouver le bonheur parce que l’action gratifiante en réponse aux pulsions ne peut être satisfaite dans le conformisme socio-culturel. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 98)


IMBÉCILE

« Un imbécile, c’est quelqu’un qui ne se méfie pas de ses propres opinions. »

Denis Grosdanovitch
(cité à l’émission La grande librairie, TV5, août 2017)


IMITATION

« L’imitation est la plus sincère des flatteries. »

Ray Townsend
(vice-président des projets stratégiques,
CSL Silicones, février 2014)


IMMIGRANTS

« Si les immigrants craints d’hier sont devenus les pure laine d’aujourd’hui, les immigrants redoutés d’aujourd’hui seront les pure laine de demain. C’est ce que nous enseigne l’histoire de la tomate! »

Boucar Diouf
(à l’émission Manger, saison 1, épisode 1,
« La tomate », ICI Explora, 13 juin 2020)


IMMORTALITÉ

« Des millions de gens rêvent d’immortalité alors qu’ils ne savent même pas quoi faire un dimanche pluvieux. »

Suzan Ertz
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 112)


IMPERFECTION

« L’imperfection est la norme. »

Michel Cormier
(journaliste, RDI, Téléjournal du 19 juillet 2018)


IMPUISSANCE

« L’impuissance / la mésestime de soi conduit à des actions parfois… au mal. En tout cas est un outil, un instrument du mal. »

Corine Pelluchon
(à l’émission La grande librairie, TV5, 14 juin 2020)


INACHÈVEMENT

« Moi, normalement, je suis attirée par les moitié-fous, les tordus, les acharnés et tous ces êtres excessifs et magnifiques qui ne sont pas remis de leur naissance et qui portent à plaie ouverte la marque de l’inachèvement humain. »

Raphaële Billetdoux
(Lettre d’excuse, Éd. du Seuil,
coll. « Points » no R93, p. 153)


INAVOUABLE

« J’adore l’inavouable, et l’avoue volontiers. »

Ève de Castro
(Nous serons comme des dieux,
Albin Michel, 1996, p. 115)


INCONNU

« Personne n’a peur de l’inconnu. Ce que l’on craint, c’est la perte du connu. »

Anthony de Mello
(Quand la conscience s’éveille, Éditions Albin Michel,
coll. « Espaces libres » no 128, 2002, p. 41)


INCONSCIENCE

« Nous sommes les marionnettes de notre inconscience. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 578)


INDIFFÉRENCE

« The most terrifying fact about the universe is not that it is hostile but that it is indifferent.
« If we can come to terms with this indifference and accept the challenges of life within the boundaries of death, our existence as a species can have genuine meaning and fulfillment.
« However vast the darkness, me must supply our own light. »

Stanley Kubrick
(réalisateur, témoignant dans le documentaire
What Is Out There? sous « Special Features », DVD 2
de l’album 2001: A Space Odyssey)


INDIVIDUS

« […] peut-être les individus ne sont-ils que les circonstances dans lesquelles ils apparaissent. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Éditions Gallimard, 2011, p. 216)


INÉVITABLE

« Une fois qu’on a réalisé que tout est inévitable, on se sent plein d’une joie immense. L’inévitable permet une tranquillité d’esprit incroyable. »

Torgny Lindgren,
(Divorce, Actes Sud, 1998, p. 66, 67)


INFORMATION

« Une information, c’est un ensemble de mots d’ordre. Quand on nous informe, on vous dit ce que vous êtes sensés devoir croire. […] informer, c’est faire circuler un mot d’ordre. […] La contre-information n’est effective que quand elle devient un acte de résistance. »

Gilles Deleuze
(Conférence Qu’est-ce que l’acte de création?
17 mai 1987, http://www.webdeleuze.com)


INIMAGINABLE

« C’était aussi inimaginable que si la lune avait pris feu. »

Yann Martel
(L’histoire de Pi, XYZ éditeur, 2003, p. 115)


INNOCENCE

« À Isaac Babel, arrêté à sa datcha à l’aube du 16 mai 1939, et qui proclame son innocence, le policier demande : “Comment cette déclaration d’innocence peut-elle être compatible avec votre arrestation?” »

Roch Côté
(« La délation comme genre littéraire »,
Le Devoir, 5 mars 1994, p. D4,
à propos du livre La Parole ressuscitée
de Vatali Chentalenki, Robert Laffont, 1993)


INQUIÉTUDE

« […] l’esprit étant inquiétude, la lutte ne cessera jamais. »

Simone de Beauvoir
(Pour une morale de l’ambiguïté, Éditions Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 415, 1947, p. 146)


INSOMNIE

« En cas d’insomnie, qu’est-ce que vous faites?
— Je reste éveillé. »

Charles Randolph, Scott Frank et Steven Zaillian
avec la participation de Martin Stellman et Brian Ward
(scénaristes du film L’interprète, réalisé par Sydney Pollack)


INSPIRATION

« Vous ne pouvez pas attendre après l’inspiration. Vous devez la poursuivre avec une massue. »

Jack London


INSTANT

« À tout instant, tout est frais. Tout est nouveau. »

Nicole Bordeleau
(L’art de se réinventer,
Les éditions de l’Homme, 2015, p. 15)


INSULTE

« L’insulte n’a pas sa place dans l’enseignement. Mais penser l’insulte, oui. »

Didier Delsart
(professeur de philosophie, Le Devoir,
24 et 25 octobre 2020, p. B13)


INTELLIGENCE

« Quand l’intelligence arrive à maturité, elle se contente d’elle-même. »

Torgny Lindgren
(Fausses nouvelles, Actes Sud, 2002, p. 141)

« Serons-nous capables un jour de comprendre que des machines puissent avoir des formes d’intelligence qui nous échappent, comme nous avons trop longtemps ignoré des intelligences des animaux? Le vrai danger viendra de là. »

Pascal Picq
La grande librairie, TV5, 14 avril 2019)

« […] l’intelligence est une qualité de subalterne. »

Dany Laferrière
(Cette grenade dans la main du jeune Nègre
est-elle une arme ou un fruit?,
VLB éditeur, coll. « Roman », 2002, p. 320)


INTENTIONS

« […] les paroles se disent, les gestes se font, et des années plus tard des intentions surgissent qu’on n’avait pas vues tout d’abord, qui peut-être n’étaient même pas là. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, Belfond,
coll. « Pocket » no 3938, 1989, p. 104)


INTERDÉPENDANCE

« Nous sommes tous pris dans un réseau d’interdépendances auquel nous ne pouvons échapper, tous liés par une destinée commune. Tout ce qui touche l’un de nous directement touche indirectement tous les autres. »

Martin Luther King
(lettre écrite de la prison de Birmingham,
États-Unis, le 16 avril 1963;
cité par Amnistie internationale
Canada francophone dans Agir, été 2013, p. 3)

« On est dans une machine-monde. Ce n’est plus des machines qu’on [peut] utiliser ou ne pas utiliser. On est à l’intérieur de réseaux. Donc étant à l’intérieur de réseaux, on vit dans un monde entièrement connecté, qui est entièrement interdépendant. Donc, c’est très difficile d’échapper à cette mécanique de la trace. On est une société de traces, on habite dedans. »

Alain Damasio
(auteur de Les furtifs, à l’émission
La grande librairie, TV5, 5 juin 2019)


INTÉRÊT

« Ce n’est qu’en revenant au pays après une longue absence qu’on est frappé par cette évidence : les gens ne s’intéressent pas les uns aux autres et c’est normal. »

Milan Kundera
(L’ignorance, Éditions Gallimard,
coll. « Folio »  no 4155, 2005, p. 193)

« […] on ne s’intéresse pas à quelqu’un qui ne nous rappelle rien. »

François Weyergans
(Je suis écrivain, Éditions Gallimard, 1989, p. 102)


INTERVENTION

« Il est naturel de désirer que ceux qu’on aime fassent ce que l’on veut, ou ce que l’on croit bon pour eux, mais on est obligé de laisser les choses leur arriver. On ne peut pas plus intervenir dans la vie de ceux qu’on aime, que dans la vie des gens qu’on ne connaît pas. »

John Irving
(La part de Dieu la part du diable,
Éditions du Seuil, 1986, p. 603)


INTIMITÉ

« Les enfants ne se mêlent pas de l’intimité des parents, même s’ils en sont le produit. »

Léonora Miano
(Crépuscule du tourment,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2016, p. 265)


INVISIBLE

« L’invisible est aveuglé par le visible. »

Rober Racine
(Le dictionnaire, suivi de La musique des mots,
Éditions de l’Hexagone, coll. « Itinéraires », 1998, p. 51)


IRRÉGULARITÉ

« L’attrait de l’irrégularité maintient celui de la règle. »

Georges Bataille
(La littérature et le mal, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 128, 1957, p. 218)


ISOLEMENT

La veuve avoue aux rabbins s’être laissé toucher le dos nu par un homme.
« — Qu’avez-vous fait ensuite? » lui demande le juge.
« — J’ai pleuré…
« — Parce que vous aviez honte? »
Silence.
« — … de solitude. »

John Turturro
(réalisateur et scénariste
de Apprenti Gigolo [Fading Gigolo], 2014)


JARDIN

« Il y a de très petites villes qui ont des jardins charmants; on oublie la ville; on oublie son nom; on souhaite revoir le jardin, mais on ne sait plus y revenir. »

André Gide
(Les nourritures terrestres, Gallimard,
1917-1936, Livre de poche no 1258, p. 117)


JE

« Je suis quelqu’un qui a été perdu dans la foule […]. »

Henry Miller
(Tropique du Cancer, Éditions Denoël,
coll. « Folio » no 261, 1945, p. 348)

« Je… je suis navré. Je vous ai pris pour quelqu’un d’autre.
— Mais je suis quelqu’un d’autre […]. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 725)


JE T’AIME

« Je n’ai pas pu aimer ma mère à cause de la langue allemande, parce que je ne pouvais pas lui dire en allemand “je t’aime”. »

Franz Kafka
(cité par Atiq Rahimi
à La grande librairie, TV5, 24 février 2019)


JEU

« […] les gens attirés par les jeux de hasard le sont aussi par l’échec. »

Douglas Kennedy
(La symphonie du hasard, Livre 1,
Éditions Belfond, 2017, p. 154)


JEUNESSE

« Il faut que jeunesse de passe. Se passe de quoi? »

Patrick Coppens
(Pensées pensives, tome 2, Distance, 2018, p. 57)

« […] cette phosphorescence du cerveau quand on a vingt ans. »

Marie Billetdoux
(citée dans le Paris Match
du 29 septembre au 5 octobre 2011, p. 37)

« La jeunesse est le désespoir des éducateurs, parce qu’elle est avant tout prête à faire ses preuves dans le pire. »

Thomas Mann
(La montagne sacrée, Arthème Fayard,
coll. « Le livre de poche » no 6994, 1931, p. 333)


JOVIALITÉ

« […] c’était une grande fille joviale qui avait toujours l’air d’un lit en désordre […]. »

Douglas Kennedy
(L’homme qui voulait vivre sa vie,
Belfond, 1997, coll. « Pocket » no 10571, p. 111)


JOURNALISTE

« [,,,] le journaliste est là pour chercher les bobos. Il est là, ensuite, pour les gratter. »

Alexandre Sirois
(« Pourquoi craint-il les médias? »,
La Presse, Montréal, 26 novembre 2016, p. A 38)


JUGEMENT

« On est jugé par ses propres jugements. »

Emmanuel Carrère
(22 décembre 2016)

« Après tout, on ne juge le monde que d’après son propre cœur. »

Irène Némirovsky
(Suite française, Éditions Denoël, 2004, p. 328)


JUSTICE

« What is Right is not always what is legal. »

Edward Snowden
(cité sur reddit.com, visité le 7 juin 2020)

« La justice, c’est la manière de cohabiter, d’assigner des limites à son bon droit au nom des droits des autres, de tous les autres à exister. »

Lorine Pelluchon
(Réparons le monde, citée à l’émission
La grande librairie, TV5, 14 juin 2020)

« La justice est vendue au plus offrant. »

Rohinton Mistry
(L’équilibre du monde, Albin Michel,
coll. « Le livre de poche » no 15086, 1998, p. 624)


JUSTICIER

« [Sur les réseaux sociaux,] certains agissent en petits Robespierre pour qui la terreur et la vertu doivent aller ensemble. »

Chantal Guy
(« Mon ami noir » in La Presse+, 23 octobre 2020,
section « Arts et être », écran 3 de 16)


LANGUE

« J’aime la langue française. Je la compare à un appartement loué. Il n’est pas à nous, mais on peut l’arranger comme s’il l’était. »

Velibor Čolić
(à l’émission La grande librairie, TV5, 5 avril 2020)


LARMES

« Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. »

Henri Calet
(derniers mots de Peau d’ours,
ultime roman de Henri Calet, inachevé)


LECTEUR

« Tous ceux qui écrivent écrivent pour les lecteurs. […] Les lecteurs font partie des illusions qui sont intimement associées au mot écrit. […] Rien n’est aussi imprévisible et moqueur que les lecteurs de celui qui écrit. »

Torgny Lindgren
(Fausses nouvelles, Actes Sud, 2002, p. 28, 29)


LECTURE

« Chaque lecture est une traduction. »

Éric Orsenna
(à l’émission La grande librairie, TV5, le 16 juin 2019)

« La lecture est une barque à fond plat. Elle dérive et parfois s’enlise dans une assemblée de roseaux. Alors je lève la tête du livre et la vraie lecture commence. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 81, 82)

« […] si nous lisons, c’est avant tout parce que nous éprouvons le besoin de vérifier que nous ne sommes pas seuls. »

Douglas Kennedy
(Toutes ces grandes questions sans réponse,
Belfond, 2016, p. 22)


LETTRE, À LA

« Dès que l’on prend une chose à la lettre, la foi pousse cette chose à l’absurde. »

Milan Kundera
(Risibles amours, Éditions Grasset,
coll. « Folio » no 1702, 1968, p. 79)


LIBERTÉ

« Qu’est-ce que la vraie liberté? […] Ce n’est pas l’absence d’autorité, c’est savoir se contrôler soi-même. »

Ki Adjar
(aristocrate de Yogyakarta, cité par Denys Lombard
et repris par Christine Jordis, Bali, Java, en rêvant,
Gallimard/Éditions du Rocher, 2001, p. 171)

« Quand quelqu’un fait ce qu’il veut, il fait rarement ce qu’il devrait. »

Michel Marc Bouchard
(scénariste du film La reine garçon,
d’après sa pièce Christine, la reine-garçon)

« Il faut choisir : se reposer ou être libre. »

Thucydide

« Pendant très longtemps, j’ai cru que les hommes avaient une appétence considérable pour la liberté et la recherche de la vérité. Puis je me suis aperçu petit à petit qu’au fond, la vraie appétence, la raison pour laquelle on peut accepter toutes sortes de pertes de liberté, c’est pour notre sécurité et notre prospérité. »

Patrice Franceschi
(à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2018)

« Le fait de pouvoir élire librement des maître ne supprime ni les maîtres ni les esclaves. »

Herbert Marcuse
(L’homme unidimensionnel, cité par René Bolduc,
Le Devoir, Montréal, 7-8 septembre 2019, p. B 5)

« C’est quand nous sommes pris au piège que notre liberté commence. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 192)

« Quand on n’a plus rien à perdre, on est libre. »

Jean Barbe
(Comment devenir un monstre, Actes Sud / Leméac,
coll. « Babel » no 766, 2006, p. 163)

« […] il y avait un prix à payer pour la liberté, un prix indicible quand on volait son paradis à l’enfer. »

Marie-Claire Blais
(L’ange de la solitude, VLB éditeur, 1989, p. 107)

« La liberté, pensait-elle, c’est le choix de ce qui va vous asservir. »

Paul Claudel
(cité par Jean-Christophe Rufin,
La salamandre, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4379, 2005, p. 184)

« Il n’y a pas de liberté, il n’y a que des processus de libération. »

Rachid Benzine
(à l’émission La grande librairie, TV5, 1er novembre 2020)

« […] la liberté […] ne se conçoit que par l’ignorance de ce qui nous fait agir. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 77)

« La liberté, c’est se libérer des choses que nous n’aimons pas pour devenir esclaves des choses que nous aimons. »

Ernest Benn
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 40)


LIBRAIRIE

« Dans le village de Conques, il y a deux librairies, sans compter les visages que l’on croise. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 110)


LITTÉRATURE

« […] se parler à soi-même constitue le point de départ de la littérature. »

Giao Xingjian
(La raison d’être de la littérature,
Éditions de l’aube, coll. « Poche », 2000, p. 10)

« En littérature, on corrige ses épreuves. Dans la vie, ce sont les épreuves qui nous corrigent. »

Yves Audouard
(journaliste au Canard enchaîné)

« Le difficile en littérature, c’est de savoir quoi ne pas dire. »

Gustave Flaubert

« La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas. »

Fernando Pessoa

« En littérature comme en amour, nous sommes toujours étonnés de ce que choisissent les autres. »

André Maurois

« Littérature : proclamer devant tous ce qu’on a soin de cacher à son entourage. »

Jean Rostand

« Bien vieillir en littérature, c’est ce qu’il y a de plus difficile. »

Françoise Giroud

« La littérature, c’est un homme libre qui parle à un autre homme libre. »

Leïla Sumani
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 26 novembre 2006)

« […] la littérature nous apporte […] non seulement la liberté, mais la possibilité de la liberté […], la possibilité de la digression, de la dissidence, des […] points de suspension, de réinventer. »

Kamel Daoud
(à l’émission La grande librairie,
TV5, mars 2017)

« […] consolation n’est pas guérison, et […] donc, quand on console, on ne prétend pas annuler la douleur de l’autre. Simplement, ce qu’on essaye de prendre en charge, c’est la solitude qui va avec la douleur, ou la honte qui va avec la douleur, une espèce de soin de la douleur. Je mettrais assez volontiers la littérature à cet endroit-là. À l’endroit de la consolation. »

Laurent Gaudé
(à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2017,
partant d’une idée de Michael Fessel,
« philosophe de la jeune génération »,
auteur de Le temps de la consolation)

« Il faut que le langage [littéraire] soit énigmatique pour laisser place à l’interprétation. »

Boris Cyrulnik
La grande librairie, TV5, 14 avril 2019)

« La littérature rend un visage aux êtres humains. »

Pascal Bruckner
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 30 octobre 2019)

« La capacité de la littérature […], c’est qu’elle modélise en quelque sorte l’imaginaire des hommes, de l’humanité. Ce qui a été dit dans les livres, ensuite est réalisé quarante ou cinquante ans plus tard […]. La littérature bien sûr fera partie de la modélisation de l’avenir. »

Fabrice Humbert
(à l’émission La grande librairie, TV5, 22 mars 2020)

« La littérature n’est pas l’art du bien. »

»Amélie Nothomb
(à l’émission La grande librairie, TV5, 6 septembre 2020)

« La littérature est une impatience pour et contre l’autre. »

Rober Racine
(Le dictionnaire, suivi de La musique des mots,
Éditions de l’Hexagone, coll. « Itinéraires », 1998, p. 85)

« […] la seule chose qui compte en littérature est le shamanstvo […,] le “pouvoir d’enchanter”. Non seulement par un spectacle de magie, où il est possible de faire tomber des objets de sa manche, comme l’inepte Malraux, mais en vertu du vrai pouvoir de l’enchanteur, capable d’ensorcellement et qui, à travers lui, suscite d’inattendues et merveilleuses révélations sur la vie et sur nous-mêmes. »

Vladimir Nabokov
(cité par Robertson Davies dans Lire et écrire,
Leméac Éditeur, coll. « L’écritoire », 1999, p. 72;
mot russe traduit par des amis russes de R. Davies;
précision sur le pouvoir d’enchanter : par R. Davies)


LIVRE

« […] un livre, ça sauve quelque chose de l’humanité. Tout le temps. Et si ça ne sauve pas quelque chose de l’humanité, c’est un livre inutile. »

Philippe Val
(à l’émission La grande librairie,
TV5, mars 2017)

« Merci beaucoup [pour le livre]. Je le lirai quand je serai intelligent. »

Sylvain Trudel
(Le souffle de l’Harmattan, Les Quinze éditeur,
coll. « 1010 » no 105, 1988, p. 105)

« […] un livre est un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous […]. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 632)


LOI

« La norme la plus basse fait la loi. »

Cynthia Fleury
(à l’émission La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)

« Toute haine revient à protéger les valeurs de la propriété. Une goutte de sang, et la propriété est garantie. La possession : c’est les neuf dixièmes de la loi. »

« Dans mon pays, on s’entraide pour échapper à la loi. »

« Nous étions nés dans l’illégalité. Le simple fait de demander que la loi change était criminel. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 551; 568; 760)


LOIS DIVINES

« Dieu ne nous empêche pas d’apprendre ses lois mais il punit toute tentative qui les changerait. »

Alexandre S. Pouchkine
(Journal secret, Belfond, Paris, 1994, p. 74)


LUMIÈRE

« la lumière est si transparente qu’elle laisse voir la nuit »

José Acquelin
(L’oiseau respirable, Les Herbes Rouges/Poésie,
Montréal, 1995, p. 76)

« On peut discuter longtemps […] de la lumière et d’où elle provient réellement. Mais la grande question est, au contraire, de savoir d’où vient l’obscurité. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 142)

« La densité de la lumière était supérieure à celle de la matière pendant les quelque cinquante mille premières années de l’univers et c’était le rayonnement qui menait le bal pendant cette période. Mais après, c’est la matière qui a pris le dessus et la lumière n’a plus eu son mot à dire quant au contrôle de l’expansion de l’univers. »

Trinh Xuan Thuan
(La plénitude du vide, Éditions Albin Michel, 2016, p. 94)


LUXE

« S’il vaut quelque chose [le « luxe inutile »], ce n’est qu’à la mesure de la jouissance que l’on éprouve à s’en défaire. »

Sergueï Prokofiev et Mira Mendelssohn
(Réplique de Pierre; livret de Guerre et paix,
opéra de Prokofiev d’après Tolstoï;
coffret Philips 434 097-2, p. 173)

« […] l’effet du luxe, qui le rend si désirable, est d’assimiler quelque peu aux êtres la qualité des objets dont ils sont propriétaires […]. »

Jean-Christophe Rufin
(L’Abyssin, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 3137, 1997, p. 392, 393)


MAÎTRE

« On n’est le maître, vraiment, que lorsqu’on a si bien travaillé le fauve qu’il se couche à la voix, rentre les griffes, et qu’un regard lui sert de barreaux. »

Maurice Druon
(Les rois maudits 6 : Le lis et le lion, Maurice Druon,
1970, coll. « Le livre de poche » no 2891, p. 151)


MAÎTRISE DE SOI

« […] on n’est pas toujours maître de soi; c’est parfois au-dessus des forces humaines. »

Dostoïevski
(Crime et châtiment, Gallimard,
Folio classique no 2661, 1973, p. 146)


MAL

« […] le mal peut être un point de contact avec Dieu. »

Lucie Dubuc
(poète et ex-collègue)

« Il faut accepter le mal avec le bien. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 120)

« Nul ne peut te faire de mal si tu ne le veux pas. Car tu subiras un dommage quand tu jugeras que tu subis un dommage. »

Épictète
(Manuel, Arlea, 1990; cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 98)

« […] ce que les masses adulent par-dessus tout c’est l’image du mal impuni. »

Michel Houellebecq
(Les particules élémentaires,
Éditions Flammarion, coll. « J’ai lu », 1998, p. 207)

« De même que l’horreur est la mesure de l’amour, la soif du Mal est la mesure du Bien. »

Georges Bataille
(La littérature et le mal, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 128, 1957, p. 163)


MALADES

« Les malades ne cherchent pas tant la guérison que le soulagement. »

Clément Olivier
(L’amour assassin, Les éditions internationales Alain Stanké,
coll. « Partage », 1994, p. 158)


MALADIE

« La maladie est en moi. C’est un fait. Mon travail sera de ne pas être, moi, dans la maladie. »

Christiane Singer
(citée par David Paquet,
Le magazine du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui,
vol. 7, août 2015, p. 25)

« […] l’homme […] doit errer comme les maladies s’il souhaite les comprendre. »

Sylvain Trudel
(La mer de la tranquillité, Les Allusifs, 2006, p. 182)

« […] les maladies, loin de nous tomber dessus par hasard, exaucent des désirs qui nous travaillent en secret […]. »

Emmanuel Carrère
(expliquant la théorie psychosomatique,
Je suis vivant et vous êtes morts, Seuil, 1993, p. 319, 320)


MALÉDICTION

« La malédiction est le chemin de la bénédiction la moins illusoire. »

Georges Bataille
(La littérature et le mal, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 128, 1957, p. 32)


MALENTENDU

« […] la fatigue de créer des sourds en parlant. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 63)


MALHEUR

« Le malheur ne s’admet point. Seul, le bonheur semble dû. »

Raymond Radiguet
(Le diable au corps, GF Flammarion no 444, 1986, p. 162)

« C’est le destin de personne d’être malheureux. »

Jean-Louis Milesi et Robert Guédiguian
(scénaristes du film Marius et Jeannette)

« […] les malheurs publics sont faits d’une multitude de malheurs privés […]. »

Irène Némirovsky
(Suite française, Éditions Denoël, 2004, p. 49)

« […] il avait résolu d’opter pour le malheur car c’était probablement ce qu’il croyait mériter. »

Douglas Kennedy
(Toutes ces grandes questions sans réponse,
Belfond, 2016, p. 98)


MANIPULATION

« Finalement, les êtres humains ne sont que des algorithmes biochimiques. Si vous avez suffisamment de données, et si vous avez suffisamment de puissance de calcul, vous pouvez hacker les algorithmes humains, et à ce moment-là, vous pouvez contrôler et manipuler les gens d’une manière que même Staline et Hitler et les grands dictateurs du xxe siècle n’auraient pas pu l’imaginer. »

Yuval Noah Harari
(à l’émission La grande librairie,
TV5, septembre 2017)


MANQUE

« Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente. »

Paul Claudel


MARTYR

« Si vous voulez être un martyr, épousez un saint. »

Anthony de Mello
(Quand la conscience s’éveille, Éditions Albin Michel,
coll. « Espaces libres » no 128, 2002, p. 211)


MASTURBATION

« En fait de masturbation, tant qu’on ne peut pas compter sur autrui, il faut compter sur ses doigts. »

Léo Campion
(cité par Richard Ramsay, Le dictionnaire érotique,
Éditions Adage et Éditions Blanche, 2002, p. 124)


MATIÈRE

« La matière dicte la courbure de l’espace, et l’espace dicte le mouvement de la matière. »

John Wheeler
(cité par Trinh Xuan Thuan, La plénitude du vide,
Éditions Albin Michel, 2016, p. 139)


MATIN

« Le matin fraîchement tiré
a encore la chaleur du pis. »

Carl Coppens
(Poèmes contre la montre,
Éditions du Noroît, 1996, poème no 4)


MAUVAISES ACTIONS

« Celui qui fait de mauvaises actions déteste la lumière et ne marche pas dans la lumière pour ne pas dénoncer ses actions. »

Léon Tolstoï
(Ma confession, PDF trouvé sur Internet,
juillet 2016, p. 82)


MÉDECINE

« L’art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit. »

Voltaire
(cité par le Dr Gaétan Brouillard,
La santé repensée, Éditions de l’Homme,
Montréal, 2015, p. 26)


MÉDICAMENT

« Le médecin devient souvent le premier médicament pour son patient. »

Dr Gaétan Brouillard
(La santé repensée, Éditions de l’Homme,
Montréal, 2015, p. 31)


MÉDITATION

« Attendre à demain pour méditer, c’est comme attendre à demain pour vivre le moment présent. »

Nicole Bordeleau
(L’art de se réinventer,
Les éditions de l’Homme, 2015, p. 148)


MENSONGE

« […] qu’on cesse de prendre nos cerveaux pour des sites d’enfouissement […]. »

Steve Proulx
(« L’esprit sain », Voir, Montréal, 17 juin 2010, p. 9)

« Celui qui dit qu’il n’a jamais menti commet déjà son premier mensonge. »

(Citation en exergue
d’une nouvelle de Louis Chedid,
auteur de Des vies et des poussières,
citée à La grande librairie, TV5, septembre 2016)

« Tu mens comme une trompette […]. »

Marie-Claire Blais
(Manuscrits de Pauline Archange,
Éditions du Jour, Montréal, 1968, p. 61)

« Le mensonge t’a happée dans sa trappe à lumière. »

Claire Varin
(Désert désir, Éditions Trois,
coll. « Topaze », 2001, p. 48)

« […] la raison d’être de la parole, c’est de nous permettre de comprendre nos semblables et de recevoir des informations sur des faits. Or si celui qui me parle dit “la-chose-qui-n’est-pas”, c’est la nature même du langage qu’il trahit; car on ne peut dire alors que je le comprenne, au vrai sens du mot, ou que je reçoive une information, bien au contraire, puisqu’il me laisse dans un état pire que l’ignorance, et que je suis amené à croire qu’une chose est noire quand elle est blanche ou qu’une autre est courte quand elle est longue. Voilà à quoi se réduisait pour [ce Houyhnhnm] la notion de mensonge, alors que la faculté de mentir est si largement connue et utilisée parmi les créatures humaines. »

Jonathan Swift
(Voyages de Gulliver, Éditions Gallimard,
coll. « Folio classique » no 597, 1976, p. 297)


MER

« […] cette mer si bleue qu’il n’y a que le sang qui soit plus rouge. »

Paul Claudel
(cité par Jean-Christophe Rufin,
La salamandre, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4379, 2005, p. 9)

« Couchée sur le flanc
la mer allaite sa portée d’îles. »

Carl Coppens
(Poèmes contre la montre,
Éditions du Noroît, 1996, poème no 14)


MESSAGE

« Vous êtes écrivain, dit-il.
— J’essaie, dis-je. J’écris des livres. Mais c’est très difficile. […]
— Celui qui écrit doit avoir un message à faire passer, dit-il. Si on a un message, on dort bien la nuit.
— Tous les messages sont terriblement grands, dis-je. Ils trouvent difficilement leur place dans la littérature. J’ose à peine penser, ajoutai-je, à la monstrueuse difficulté que cela représenterait si par-dessus le marché j’avais un message. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 155, 156)

« Le message est pour moitié dans celui qui l’écoute. »

Bertrand Périer
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 10 novembre 2019)


MÉTISSAGE

« Le métissage nous indique le sens du temps. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 155)


MEURTRE

« Le meurtre, en un sens, n’est qu’une figure du désir : c’est l’envie de vous le faire passer. » [le désir]

Camille Laurens
(Dans ces bras-là, P.O.L éditeur, 2000, p. 250)


MIRACLE

« […] ce qui est monstrueux, ce n’est pas que les hommes aient fait pousser des roses sur ce tas de fumier, mais que, pour une raison ou pour une autre, ils aient besoin de roses. Pour une raison ou pour une autre, l’homme cherche le miracle, et pour l’accomplir, il pataugera dans le sang. Il se gorgera d’une débauche d’idées, il se réduira à n’être qu’une ombre, si, pour une seule seconde de sa vie, il peut fermer les yeux sur la hideur de la vie. »

Henry Miller
(Tropique du Cancer, Éditions Denoël,
coll. « Folio » no 261, 1945, p. 148)


MIRAGE

« Ne crains pas le mirage, mais ne t’y mire pas. L’unique miroir, c’est Dieu; le seul oasis, l’amour; le seul désert, l’absence d’amour. »

Claire Varin
(Désert désir, Éditions Trois,
coll. « Topaze », 2001, p. 41)


MISÈRE

« […] les vieux préfèrent jeter des croûtes aux moineaux, parce que tous les vieux ont un jour manqué de pain et ils reconnaissent leur misère dans celle des moineaux. »

Sylvain Trudel
(La mer de la tranquillité, Les Allusifs, 2006, p. 98)

« […] mes misères sont petites vues à l’échelle mondiale. Cette petitesse fait aussi partie de ma honte. »

Nelly Arcan
(Burqa de chair, Seuil, 2011, p. 39, 40)


MOI

« […] le moi, ce que nous appelons l’âme ou l’esprit, c’est la matière qui pense. »

Jean-François Beauchemin
(La fabrication de l’aube,
Éditions Québec Amérique, 2006, p. 36)

« Le moi est une névrose intermittente […]. »

Michel Houellebecq
(Les particules élémentaires,
Éditions Flammarion, coll. « J’ai lu », 1998, p. 235, 236)

« […] le moi qui ne devient pas lui-même reste, à son insu ou non, désespéré. »

Sœren Kierkegaard
(Traité du désespoir, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 25, 1949, p. 84)


MOINDRE MAL

« Dans la théorie du moindre mal, on n’abolit pas les problèmes, on choisit des problèmes différents. »

Yves Boisvert
(La Presse, Montréal, 9 septembre 2017, p. A 14)


MOINES

« Les moines s’intéressent aux harmoniques de l’expérience plutôt qu’aux faits eux-mêmes. Ce sont des professionnels de la résonance spirituelle. Quand les cloches sonnent, ils s’arrêtent et prêtent l’oreille. »

Thomas Moore
(Méditations, Éditions Flammarion, 1995, p. 98)


MONDE

« Le monde est pour chacun comme une expérience qui lui serait personnellement destinée. »

Guy Perreault
(ami, octobre 2002)

« Le monde est une question que Dieu se pose. »

Miriam
(citée par Nancy Huston, Professeurs de désespoir,
Actes Sud, 2005, p. 303)

« [Si le monde autour de nous] ne nous laisse pas sans voix, stupéfiés, c’est peut-être que nous ne le regardons pas d’assez près. »

Ben Marcus
(cité par Colum McCann, Lettres à un jeune auteur,
Belfond, 2018, p. 157)

« Le monde est trop grand pour ma tête. »

Anne Guilbault
(Joies, XYZ, 2008, p. 52)

« Ce monde de rosée
Est un monde de rosée
Pourtant et pourtant »

Issa Kobayashi
(cité à l’émission La grande librairie,
TV5, 1er décembre 2019)

« […] comme le monde était grand et beau si on n’y regardait pas de trop près. »

Paul Auster
(4 3 2 1, Actes Sud/Leméac, 2018, p. 876)

« L’angoisse et l’absurdité sont les deux mamelles du monde. »

Philippe Djian
(37,2° le matin, Éditions Bernard Barrault,
coll. « J’ai lu » no 1951, 1985, p. 196)

« Il n’y a pour l’homme aucun moyen de s’évader du monde. »

Simone de Beauvoir
(Pour une morale de l’ambiguïté, Éditions Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 415, 1947, p. 88)

« […] rien ne peut épuiser le mystère du monde […]. »

Bernard Émond
(Il y a trop d’images. Textes épars 1993-2010,
Lux Éditeur, coll. « Lettres libres », 2011, p. 112)


MONSTRE

« Tout le monde est le monstre de quelqu’un. »

Emil Ferris
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 27 octobre 2019)


MOQUER

« […] quand on se moque de quelqu’un, c’est comme si on le tuait. »

Marek Halter
(La mémoire d’Abraham,
éd. Robert Laffont, Paris, 1983, p. 175)


MORALITÉ

« […] il est moral que l’arnaqueur soit quelquefois arnaqué. »

Emmanuel Carrère
(D’autres vies que la mienne, P.O.L., 2009, p. 181)

« L’homme de la moralité condamne l’énergie qui lui manque. »

Georges Bataille
(La littérature et le mal, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 128, 1957, p. 114)


MORT

« […] la mort de quelqu’un rapproche temporairement ceux qui restent. »

Javier Marías
(Demain dans la bataille pense à moi,
Rivages, 1994, p. 160)

« Si la mort n’existait pas, la vie ne serait pas nécessaire. »

Torgny Lindgren
(Bethsabée, Actes Sud, 1984, p. 118)

« De son corps s’était évadé celui qui me chantait le soir une berceuse. »

Siri Hustvedt
(Élégie pour un Américain,
Actes Sud / Leméac, 2008, p. 393)

« Ce serait beaucoup plus facile d’être mort si on pouvait respirer. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 48)

« […] ce n’est pas la mort elle-même qui tue,
Elle a ses assassins […] »

Jean Cocteau
(cité par Georges-Emmanuel Clancier,
De Rimbaud au surréalisme, Seghers, 1959, p. 287)

« Tant que l’homme a peur de la mort, il ne peut rien dominer. Tout appartient à celui qui n’a pas peur de la mort. »

Sergueï Prokofiev et Mira Mendelssohn
(Réplique de Pierre; livret de Guerre et paix,
opéra de Prokofiev d’après Tolstoï;
coffret Philips 434 097-2, p. 199)

« Quand je serai mort, je ne serai plus malade. »

Un enfant
(cité à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2017)

« La mort n’est que la permission d’autres vies, pour que tout soit sans cesse renouvelé; afin qu’aucune forme de vie ne détienne cela plus de temps qu’il ne lui en faut pour se dire. »

André Gide
(Les nourritures terrestres, Gallimard,
1917-1936, Livre de poche no 1258, p. 23)

« Je ne me rappelle pas quand Göran Tunström est mort. Il nous manquera toujours, à nous qui nous trouvons encore être en vie. Cela a dû se passer de son vivant. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 163)

« La mort nourrit le vivant. »

(Un caillou dans l’univers, ICI Explora,
émission diffusée le 18 septembre 2019)

« Tant que nous n’aurons pas accepté la mort, nous serons affolés à chaque épidémie. Et pourquoi tant de compassion geignarde autour du Covid-19, et pas pour la guerre en Syrie, la tragédie des migrants ou les neuf millions d’humains (dont trois millions d’enfants) qui meurent de malnutrition? C’est moralement et psychologiquement insupportable. »

André Comte-Sponville
Laissez-nous mourir comme nous le voulons »,
Le Temps, consulté le 1er mai 2020)

« […] rien ne ressemble moins aux choses elles-mêmes que ce qui en est tout près. Un homme qui a failli mourir croit connaître la mort. Le jour où elle se présente enfin à lui, il ne la reconnaît pas : “Ce n’est pas elle”, dit-il en mourant. »

Raymond Radiguet
(Le diable au corps, GF Flammarion no 444, 1986, p. 169)

« On apprend la mort par la mort des autres. »

Gilles Vigneault
(Le goût d’un pays, ICI ARTV, 8 juin 2020)

« Elle était morte et faisait d’horribles rêves, mais parce qu’elle était morte, il ne pouvait pas la réveiller. Oui, c’était ça la mort […]. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 287)

« La mort est le grand égalisateur. »

Michel Houellebecq
(Les particules élémentaires,
Éditions Flammarion, coll. « J’ai lu », 1998, p. 128)

« La mort d’un peuple, c’est aussi la mort de quelqu’un. »

Gaston Miron
(cité par Bernard Émond dans
Il y a trop d’images. Textes épars 1993-2010,
Lux Éditeur, coll. « Lettres libres », 2011, p. 119)

« Les relations innombrables établies entre [un être cher] et nous, et que nous avons intériorisées, font de lui une partie intégrante de nous-mêmes. La douleur de sa perte est ressentie comme une amputation de notre moi, c’est-à-dire comme la suppression brutale et définitive de l’activité nerveuse […] que nous tenions de lui. Ce n’est pas lui que nous pleurons, c’est nous-mêmes. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 81)

« Après être resté un mois au chevet de Nicolas [son frère], il [Léon Tolstoï] déclare dans une lettre à un ami poète :
« Quelques minutes avant de mourir, il s’assoupit, puis se réveilla brusquement en murmurant avec terreur : “Mais qu’est-ce que c’est que ça?” Il l’avait vue — il avait vu cet engloutissement du moi dans le néant. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 254)

« Je ne savais pas […] ce qu’était la mort. C’est la peine des autres qui me l’a appris. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 121)


MORT DU CHRIST

[Durant la semaine sainte] « La liturgie était accompagnée d’usages spécifiques, dont l’extinction progressive des cierges — jusqu’au dernier cierge encore en train de brûler, celui “du Christ”, que l’on couvrait et la prière se terminait dans le noir, tandis qu’on tapait bruyamment dans les bancs, à la fois pour marquer la conclusion de la prière et rappeler le tremblement de terre survenu à la mort du Christ. »

Václav Kapsa
(Livret de CD, Jan Dismas Zelanka,
Lamentationes Jeremiae Prophetae,
Supraphon SU4173-2, p. 13)


MOTS

« C’est dans les mots que nous pensons. »

Georg Wilhelm Friedrich Hegel
(Philosophie de l’esprit,
cité à l’émission La grande librairie,
TV5, 10 novembre 2019)


MOTS NOUVEAUX

« […] les vrais hommes […] jouissent du don de faire résonner dans leur milieu des mots nouveaux. »

Dostoïevski
(Crime et châtiment, Gallimard,
Folio classique no 2661, 1973, p. 277)


MOURIR

« Il mourut comme nous mourons tous : en parfait amateur. »

Philip Roth
(Exit le fantôme, Gallimard,
2009, p. 297)

« Tu t’acharnes tellement à ne pas vouloir mourir que tu fais de chaque instant un moment de deuil. »

Guy Perreault
(ami, le 1er février 2002)

« Mourir, ce n’est jamais que contraindre sa conscience, au moment même où elle s’abolit, à prendre congé […] »

René Char
(Seuls meurent, dans Œuvres complètes,
Gallimard, NRF, coll. « La Pléiade », 1983, p. 161)

« Tu ne meurs pas de ce que tu es malade, tu meurs de ce que tu es vivant. »

Michel de Montaigne
(cité par André Comte-Sponville
à l’émission La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)

« Il faut mourir aimable (si on peut). »

Joseph Joubert
(cité par Paul Auster, Chronique d’hiver,
Actes Sud / Leméac, 2013, p. 236)

« Mourir […] est la chose du monde la plus facile : tout mortel y réussit sans exception. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 158)


MUSIQUE

« Personne ne ressent la musique comme ceux qui ont connu la prison, comme ceux qui vont à la mort. »

Vassili Grossman
(Vie et destin, L’âge d’homme, 1980,
Le livre de poche no 30321, p. 729)


NÉCESSITÉ

« la nécessité improvise le hasard qu’il faut »

José Acquelin
(L’oiseau respirable, Les Herbes Rouges/Poésie,
Montréal, 1995, p. 87)

« […] on n’est pas obligé de tout croire vrai, il suffit de l’estimer nécessaire — Triste opinion, dit K. C’est ériger le mensonge en ordre universel. »

Franz Kafka
(Le procès, Librairie générale française,
coll. « Le livre de poche » no 15015, 2001, p. 250)

« […] la nécessité […] se cache dans l’ombre de notre ignorance. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 160)


NÈGRES

« Billie Holiday a chanté Strange Fruit, ces fruits que l’on voyait pendus aux grands magnolias du sud des États-Unis et qui étaient en fait des Nègres. »

Dany Laferrière
(Cette grenade dans la main du jeune Nègre
est-elle une arme ou un fruit?,
VLB éditeur, coll. « Roman », 2002, p. 269, 270)


NEZ

« C’était un nez nasal, fortuit et banal, pédantesque, assez long, composé de deux conduits parallèles irréfutables. »

Witold Gombrowicz
(Ferdydurke, Christian Bourgeois Éditeur, 1973, p. 22)

« La “musique” pourrait aussi être définie comme quelque chose que quelqu’un écoute. »

La Monte Young
(cité par Kyle Gann, No Silence : 4’33” de John Cage
[No Such Thing as Silence: John Cage’s 4’33”],
Éd. Allia, Paris, 2014, p. 159)


NOIRS

« […] l’Amérique était une fosse commune pour tous les Noirs qui y vivaient […]. »

Paul Auster
(4 3 2 1, Actes Sud/Leméac, 2018, p. 811)

« Les Noirs sont moins angoissés que les Blancs parce qu’ils ont moins de civilisation, c’est connu. Moi j’ai eu trop de civilisation. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 249)


NOMS SECRETS

« […] Rê était le Seigneur qui avait tout créé, ciel et terre, dieux, hommes et autres créatures. C’était le roi des hommes et des dieux, et ses incarnations étaient comme ses desseins d’une infinie diversité. Il avait de nombreux noms dont certains si secrets qu’ils étaient ignorés même des dieux. »

T.G.H. James
(Mythes et légendes de l’Égypte ancienne,
Librairie Larousse, coll. « Larousse poche couleurs » no 19,
Paris, 1970, p. 13 et 14)


NON-CONFORMITÉ

« Je me suis forcé à me contredire pour éviter de me conformer à mon propre goût. »

Marcel Duchamp


NORMALITÉ

« La normalité, c’est une sorte de prison mentale. »

Philippe Djian
(à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2017)


NOSTALGIE

« Je pleure un monde mort, mais moi qui le pleure, je ne suis pas mort. »

Pier Paolo Pasolini
(cité par Bernard Émond, Le Devoir,
17 février 2018, cahier « Lire », p. 19)


NOURRIR L’ÂME

« Y a-t-il moyen de nourrir l’âme comme si on disposait de centaines de poissons et de pains, même si, dans la vie réelle, on ne dispose apparemment que d’un seul pain et d’un seul poisson? »

Thomas Moore
(Le soin de l’âme : un guide pour cultiver au jour le jour
la profondeur et le sens du sacré
,
Éditions Flammarion / Éditions du Rocher,
coll. « J’ai lu / Aventure secrète » no 4137, 1994, p. 265)


NUAGES

« On ne cloue pas les nuages au ciel. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 1990, p. 51)


NUDITÉ

« […] à proximité de la nudité des êtres de gros pleurs sont toujours en attente […]. »

Göran Tunström
(Le buveur de lune, Actes Sud, 1997, p. 159)

« La nudité est l’éloquence de la chair. »

Delphine
(Delphine Art Photography, Flickr, 28 septembre 2020)

« La nudité de nos pensées restera secrète. »

(Delphine Art Photography, Flickr, 15 octobre 2020)


NUIT

« La nuit tournait autour de sa prunelle
Et nous disions : je t’aime, pour y voir. »

Paul Éluard
(« Puisqu’il le faut », dans Corps mémorable,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 125)

« La nuit semble peu profonde
pourtant nos corps atteignent tout juste
la ligne de flottaison. »

Carl Coppens
(Poèmes contre la montre,
Éditions du Noroît, 1996, poème no 25)


OBÉISSANCE

« Quand on reparcourt l’histoire du XIXe et du XXe, on se dit que l’obéissance a quand même donné beaucoup de cadavres. »

Laurent Gaudé
(à l’émission La grande librairie, TV5, 26 mai 2019)


OBSESSION

« […] une obsession?… C’est une idée vorace qui ne pense qu’à elle-même, qui mange toutes les autres idées. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 125)


OCÉAN

« L’océan, […] c’est la cinquième puissance économique du monde. »

Isabelle Audissier
(à l’émission La grande librairie, TV5, 31 mai 2020)


ŒIL

« À peine ouvert l’œil montre de l’appétit. »

Carl Coppens
(Poèmes contre la montre,
Éditions du Noroît, 1996, poème no 30)


ŒUVRE

« […] l’œuvre finie ne révèle pas seulement celui qui l’a réalisée mais aussi celui qui l’accueille. »

Torgny Lindgren
(La Bible de Gustave Doré, Actes Sud, 2008, p. 169)

« Je pense à cette dévastation errante, à ces distances étranges qui accouchent de l’incident des œuvres. […] Qui peut les prendre comme elles furent rêvées : à partir du dénuement, de la faiblesse, des doutes? »

François Charron
(La chambre des miracles,
Les Herbes Rouges, 1986, p. 57)


ŒUVRE D’ART

« Contre notre monde réel qui, par essence, est fugace et digne d’oubli, les œuvres d’art se dressent comme un autre monde, un monde idéal, solide, où chaque détail a son importance, son sens, où tout ce qui s’y trouve, chaque mot, chaque phrase, mérite d’être inoubliable et a été conçu comme tel. »

Milan Kundera
(Le rideau, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 181, 182)


OISEAU

« Un oiseau débutant
cherche où poser son ombre. »

Carl Coppens
(Poèmes contre la montre,
Éditions du Noroît, 1996, poème no 30)


OPINION

« Les textes sont immuables et les opinions ne sont souvent qu’une expression du désespoir que ce fait inspire. »

Franz Kafka
(Le procès, Librairie générale française,
coll. « Le livre de poche » no 15015, 2001, p. 247 et 248)


OPPRESSION

« Tous les régimes d’oppression se fortifient par l’avilissement des opprimés. »

Simone de Beauvoir
(Pour une morale de l’ambiguïté, Éditions Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 415, 1947, p. 126)


OPTIMISME

« Il faut être optimiste1, se dire que la haine est périssable.

« 1. Billy Wilder disait : “Les pessimistes ont fini à Hollywood, et les optimistes à Auschwitz.” »

David Foenkinos
(Charlotte, Éditions Gallimard, 2014, p. 55)


ORAL

« L’oral, c’est l’écrit plus la vie. »

Bertrand Périer
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 10 novembre 2019)


ORBITE

« L’orbite lunaire est elliptique parce que l’ellipse et le trajet le plus court dans l’espace courbé par la gravité de la Terre. »

Trinh Xuan Thuan
(La plénitude du vide, Éditions Albin Michel, 2016, p. 139)


ORDRE

« […] l’ordre, à la longue, se met de lui-même autour des choses. »

Raymond Radiguet
(Le diable au corps, GF Flammarion no 444, 1986, p. 172)

« […] l’ordre ne peut naître que du désordre, puisque seul le désordre permet des associations nouvelles. »

Henri Laborit
(Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont / Gallimard,
coll. « Folio Essais » no 7, 1976, p. 108)


ORGUEIL

« […] rien ne nous rend supérieurs ni même différents des animaux, si ce n’est notre orgueil […]. »

Frédéric Lenoir
(citant une idée de Montaigne,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 159)


ORIGINALITÉ

« La meilleure façon de se distinguer, c’est encore d’être soi. »

Monique Giroux
(animatrice, Wikipédia)

« […] il y a dans chaque homme un instinct profond qui n’est ni celui de la destruction ni celui de la création. Il s’agit seulement de ne ressembler à rien. »

Albert Camus
(L’été, Gallimard, 1959,
coll. « Le livre de poche » no 2154, p. 109)


OUBLI

« La seule constante de ce récit, c’est l’oubli. En réalité, j’en sais beaucoup plus que ce que j’écris ici. Mais j’oublie de l’écrire. Et plus j’écris, plus j’en oublie. […] J’aurais voulu oublier aussi les vingt pages qui suivent. La fin pourrait se produire n’importe quand. Paula m’a dit un jour que tout ce qu’on oublie se retrouve entre les lignes. Je n’en sais rien. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 208, 209)

« L’oubli comme le vent assemble les feuilles sur le pas des portes, puis les chasse. »

André Breton et Philippe Soupault
(« S’il vous plaît », in Les champs magnétiques,
NRF, Poésie/Gallimard, 1968, p. 148)

« […] notre époque est obsédée par le désir d’oubli et c’est afin de combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse […]. »

Milan Kundera
(La lenteur, Éditions Gallimard, 1995, p. 160)


OUVRIER

« […] l’ouvrier est un esclave qui règle lui-même ses factures. »

Dany Laferrière
(« Le racisme est un virus », lapresse.ca,
12 juin 2020, section « Débats »)


PAIX

« Quand ils ont tout détruit, les Romains appellent ça la paix. »

Galgacus
(chef breton, cité par Tacite;
propos repris par Emmanuel Carrère
Le Royaume, P.O.L., 2014, p. 527)

« Les hommes jeunes font la guerre, et les vertus de la guerre sont les vertus de la jeunesse : le courage et l’espoir dans l’avenir. Ce sont les hommes d’âge qui font la paix, et les vices des hommes d’âge sont les vices de la paix : méfiance et scepticisme. »

Robert Bolt et Michael Wilson
(scénaristes, Lawrence d’Arabie,
v. f. du film de David Lean, 1962)


PARABOLE

« [Le Seigneur] est un dieu de paraboles, tout ce qu’il crée est parabole, l’homme est une parabole, la mer est une parabole, les oiseaux et les poissons sont des paraboles, les sauterelles sont des paraboles, le vin est une parabole, le pain est une parabole, le royaume des morts est une parabole, ton amour pour Bethsabée est une parabole! »

Torgny Lindgren
(Bethsabée, Actes Sud, 1984, p. 91)


PAS

« Je ne retrouve pas mes pas
Le vent les a emportés »

Joséphine Bacon
(Uiesh | Quelque part, Mémoire d’encrier,
coll. « Poésie » no 77, 2018, p. 66)


PASSION

« Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion. »

Saint Augustin


PARADOXE

« Le paradoxe c’est le rire de l’intelligence. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
NRF / Gallimard, 1985, p. 84)


PARESSE

« Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue. »

Jules Renard
(cité par Dany Laferrière, Je suis fatigué, Lanctôt éditeur,
PCL / petite collection lanctôt, 2001, p. 13)


PARLER

« Au comptoir, à côté de moi, il y avait un homme. Je ne serais pas capable de le reconnaître, ni de préciser s’il était jeune ou vieux. Toujours est-il que je lui ai dit :
— Parlez-moi, voulez-vous? J’ai encore vingt minutes à attendre. Dites-moi n’importe quoi, que je ne fonde pas en larmes devant tout le monde. »

Georges Simenon
(Trois chambres à Manhattan,
Les Presses de la Cité, Paris, 1946, p. 197)


PARODIER

« […] on ne parodie bien que les styles qui se sont trouvés. »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 107)


PAROLE

« Don’t talk unless you can improve the silence. »

Jorge Luis Borges

« […] les hommes nous apprennent à parler, mais les dieux à nous taire. »

Un auteur grec
(cité par Sœren Kierkegaard, Traité du désespoir,
Éditions Gallimard, coll. « Idées NRF » no 25, 1949, p. 241)


PASSÉ

« Même le passé ne peut durer éternellement. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 843)

« […] le passé est toujours en nous, on pense qu’il est loin, mais il est toujours présent, on vit avec. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 68)


PASSIONS

La « loi profonde » des passions « est de brûler le cœur […] dans le même temps elles exaltent ».

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 38)


PATHOLOGISTE

« Un pathologiste travaille avec la mort. C’est ce qu’il fait avec sa vie. »

Dr Yann Dazé
(pathologiste judiciaire, Le Devoir,
Montréal, 8 et 9 février 2020, p. A 12)


PATRIOTISME

« Le patriotisme est le dernier refuge d’une canaille. »

Samuel Johnson
(cité par Douglas Kennedy
(La symphonie du hasard, Livre 1,
Éditions Belfond, 2017, p. 307)


PAUVRES

« Le moyen le plus efficace de rendre les pauvres inoffensifs est de leur apprendre à imiter les riches. »

Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 30473, 2004, p. 262)


PAUVRETÉ

« Moi, je suis pauvre. Je vais vous définir ma pauvreté. Ce qu’est pour moi la pauvreté. C’est quand je dois aller à l’école, mais que je ne peux pas y aller. Quand je dois manger, mais que je ne peux pas. Quand je dois dormir, mais que je ne peux pas. Quand mes enfants et ma femme souffrent. Je n’ai pas le niveau intellectuel suffisant pour nous sortir de cette situation. Ni moi ni les miens. Là, je me sens vraiment pauvre, mentalement pauvre. Et vous, les riches qui m’entendez, qu’avez-vous à raconter de votre richesse? »

Un Noir anonyme qui témoigne devant la caméra
(Film Human de Yann Arthus-Bertrand, vol. 1)


PÉCHÉ

« Condamne le péché et pardonne au pécheur. »

Vassili Grossman
(Vie et destin, L’âge d’homme, 1980,
Le livre de poche no 30321, p. 46)


PEINE

« Supposons qu’un observateur constate que la peine infligée dépasse de mille coudées la peine méritée. Que peut-il se passer? Ceci : que le juge ait projeté son Ombre sur l’accusé. »

Pierre Daco
(Les triomphes de la psychanalyse,
Éditions Gerard & Co,
coll. « Marabout service » no 29, 1965, p. 36)


PEINTRE DU DIMANCHE

« Je suis un peintre du dimanche pour qui tous les jours sont des dimanches. »

Jean Dubuffet


PÈLERIN

« Un pèlerin, c’est quelqu’un qui tire son diable sur les chemins pour le faire maigrir. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 38)


PENSÉE

« Ma pensée, ce n’est que très lentement qu’elle traverse le fleuve à la nage. »

Fernando Pessoa, alias Alberto Caeiro
(Le livre de l’intranquillité,
« Poèmes désassemblés », p. 151)


PENSER

« Toute activité mentale est issue d’une méfiance maladive […]. Si nous avions eu foi en le monde, nous n’aurions pas eu besoin de penser. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 198)


PERCEPTION

« […] la perception est en soi une forme d’hallucination. »

Siri Hustvedt
(Élégie pour un Américain,
Actes Sud / Leméac, 2008, p. 297)

« […] tout ce que nous nous représentons n’est que phénomènes de l’esprit et rien d’autre.
— Oui, dit-il, mais nous pouvons pourtant être vrais en nous-mêmes.
— Nous pouvons toujours essayer, dit-elle. »

Torgny Lindgren
(L’arbre du prince, Actes Sud, 2001, p. 131)

« Le cerveau construit le monde qu’il perçoit. […] Toute opinion sur le monde est un aveu autobiographique. C’est-à-dire que ce qu’on perçoit du monde est ce à quoi on est sensible. Sinon, neurologiquement, on ne le perçoit même pas. […] Un livre nous touche parce qu’il parle de ce à quoi on a été rendu sensible par notre développement. »

Boris Cyrulnik
La grande librairie, TV5, 14 avril 2019)


PERDANT

« Le bon perdant a raison sur toute la ligne, sauf la ligne d’arrivée. »

Patrick Coppens
(Pensées pensives, tome 2, no 311,
Distance, 2018, p. 13)


PÈRE NOËL

« On peut croire au Père Noël; ça n’engage qu’à ramoner la cheminée. »

Patrick Coppens
(Pensées pensives, tome 2, no 671,
Distance, 2018, p. 101)


PERFECTION

« Ne craignez pas la perfection, vous ne l’atteindrez jamais. »

Salvador Dalí


« PÉRIL EN LA DEMEURE »

« Il y a péril en demeurant pareil, en demeurant le même, en ne voulant rien changer. C’est là qu’il y a péril. En le fait de demeurer ce qu’on est. Il y a péril dans le refus de changer soi-même, de changer l’intérieur de soi-même. C’est là qu’il y a péril. »

Gilles Vigneault
(à l’émission 24|60, ICI RDI, 22 février 2019)


PERSÉCUTÉS

« Dans notre monde manichéen d’idéologies opposées, les persécutés sont avides de devenir persécuteurs. »

Milan Kundera
(« Conversation avec Milan Kundera »,
dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 122)


PERSÉVÉRANCE

« Pablo Casals, in the nineties, was asked why he still practiced 4-5 hours a day; he replied : “Because I believe I am making progess.” »

Pablo Casals
(cité dans le bulletin de
Chard Chénier, février 2012, p. 5)


PERSPECTIVE

« La perspective […] est l’ironie de l’espace […]. »

Yvon Boucher
(De la vacuité de l’expérience littéraire,
Le Cercle du livre de France,
coll. « Écritudes » no 75, 1975, p. 71)


PEUR

« There is something innocent in fear »

Erika Murray
(Love Is A Place, 2015, s. n.)

« […] la peur se nourrit exclusivement de notre confiance en elle. »

Nicole Bordeleau
(infolettre « Vivre sans la peur », 21 décembre 2016)

« On a peur de l’autre parce qu’on a peur de soi. On se connaît un peu, et on sait à quel point on peut être inconséquent et imprévisible. On sait de l’intérieur à quel point on peut se tromper. Et on a peur que l’autre ait peur, lui aussi. »

Gilles Vigneault
(à l’émission 24|60, ICI RDI, 22 février 2019)

« Sans la peur, on incorpore peu le savoir. La peur, si on la traverse, ça donne le courage. »

Corine Pelluchon
(à l’émission La grande librairie, TV5, 14 juin 2020)

« Il faut que tu traverses ta peur, comme un cerceau de feu […]. »

Anne Hébert
(L’enfant chargé de songes, Éditions du Seuil, 1992, p. 103)

« Avoir peur de ce chien ridicule [une hyène] alors qu’il y avait un tigre sur place aurait été comme craindre les échardes quand les arbres tombent. »

Yann Martel
(L’histoire de Pi, XYZ éditeur, 2003, p. 148)

« La peur, c’est quelque chose qui fait beaucoup de bruit. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 259)


PHOTOGRAPHIE

Dans les années 1970, au San Francisco Art Institute, « qui était alors à l’avant-garde en photographie […], [on] développait la photographie comme moyen d’approfondir la conscience ».

Éric Clément
(La Presse, Montréal,
9 septembre 2017, cahier « Arts », p. 2)


PIERRE

« […] calme comme une pierre […]. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 591)


PIRE

« On ne s’attend jamais au pire sans connaître tôt ou tard des satisfactions. »

Jean-Christophe Rufin
(Rouge Brésil, coll. « Le livre de poche » no 3906,
Éditions Gallimard, 2001, p. 402)


PISSE

« […] la pisse, c’est comme la peine, plus on la retient, plus il y en a. »

Flora Balzano
(Soigne ta chute, Lanctôt éditeur,
PCL / petite collection lanctôt, no 188, 2001, p. 96)


PLAIE D’ÉGYPTE

« Les sauterelles électroniques se sont abattues sur l’Égypte de l’âme. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 176)


PLAIRE

« L’instinct de plaire ressemble à un puits. […] Il y a à Paris sur les grands boulevards une pente si douce que presque personne n’a pu s’empêcher d’y glisser. »

André Breton et Philippe Soupault
(« S’il vous plaît », in Les champs magnétiques,
NRF, Poésie/Gallimard, 1968, p. 155)


PLAISIR

« Il est agréable de penser que chaque personne est l’incarnation de spasmes délicieux. »

Alexandre S. Pouchkine
(Journal secret, Belfond, Paris, 1994, p. 104)

« Le plaisir, ça s’apprend. »

Hubert Reeves
(à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2017)

« […] le plaisir s’épuise au fur et à mesure qu’on en jouit. »

Frédéric Lenoir
(Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 29)

« […] il est des plaisirs auxquels on se laisse entraîner parce que les refuser serait commettre un crime contre soi-même. »

Jean-Christophe Rufin
(Rouge Brésil, coll. « Le livre de poche » no 3906,
Éditions Gallimard, 2001, p. 229)

« […] tout contenu que la forme n’aura pas présenté sous l’aspect du plaisir sera rejeté […]. »

Noël Audet
(Écrire de la fiction au Québec,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 51)


PLEURER

« Il pleura avec tant de violence et d’abandon qu’il ne savait plus ni entendre ni parler. »

Torgny Lindgren
(Bethsabée, Actes Sud, 1984, p. 192)

« Quand je vois la brutalité à la télé ou dans les journaux, ça ne me fait pas pleurer. Je regarde ça plutôt avec des yeux d’acier. Ce qui me fait pleurer, c’est quand je vois quelqu’un qui exprime de la bonté, quand il se lève et ne se comporte pas comme un animal. »

Paul Auster
(cité par Éric Clément, La Presse,
Montréal, 7 mai 2016, cahier « Arts », p. 14)

« Un homme qui pleure est un espoir pour l’humanité. »

Gilles Jobidon
(La route des petits matins, VLB éditeur,
coll. « Roman », 2003, p. 20)

« […] les gens qui savent pleurer ont les plus beaux yeux du monde. »

Sylvain Trudel
(Le souffle de l’Harmattan, Les Quinze éditeur,
coll. « 1010 » no 105, 1988, p. 55)


POÈME

« Les poèmes sont les yeux du poète »

Gaston Miron
(cité par Michel Pleau dans « La vie est brève »,
Brèves littéraires no 72, hiver 2006, p. 83)


POÉSIE

« […] la poésie n’est pas une occupation mais un verdict. »

Leonard Cohen
(dans le film Mesdames et messieurs, M. Leonard Cohen,
présenté dans le cadre des Grands reportages,
ICI RDI, novembre 2017)

« La poésie en dit long et c’est vite fait; la prose ne va pas loin et prend du temps. »

Charles Bukowski
(Contes de la folie ordinaire,
Éditions Grasset & Fasquelle,
coll. « Le livre de poche » no 5735, 1981, p. 98)


POÈTE

« Le poète est un four à brûler le réel. »

Pierre Reverdy

« L’erreur bureaucratique devient la seule poésie (poésie noire) de notre époque. »

Milan Kundera
(Le rideau, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 167)


POINT DE NON RETOUR

« From a certain point on, there is no going back. That is the point to reach. »

Franz Kafka
(fragment tiré de la correspondance avec Milena
ou du journal, et utilisé par György Kurtág
dans son Kafka-Fragments, partie I)


POITRINE

« Quand je regarde la poitrine d’une femme, je vois double. »

Jules Renard
(cité en photo par Delphine sur Flickr,
visite du 20 août 2020)


POLAR

« Tout le monde adore les polars parce que tout le monde adore les cauchemars des autres. »

Douglas Kennedy
(à l’émission La grande librairie, TV5, 5 juillet 2020)


PORTRAIT

« […] tout portrait peint avec sentiment est un portrait de l’artiste, non du modèle. »

Oscar Wilde
(Le portrait de Dorian Gray, Éditions Gallimard,
coll. « Folio Classique » no 2360, 1992, p. 57)


POUVOIR

« […] le pouvoir n’est donné qu’à celui qui ose se baisser pour le prendre. »

Dostoïevski
(Crime et châtiment, Gallimard,
Folio classique no 2661, 1973, p. 441)

« Quand vous avez un marteau en main, tout ressemble à un clou […] »

Yuval Noah Harari
(21 leçons pour le XXIe siècle, Albin Michel, 2018, p. 241)

« Pour garder le pouvoir, il faut non seulement construire un mur d’enceinte autour de la vérité. Il faut également maîtriser le mensonge. »

?
(Les grands reportages, documentaire
sur Recep Tayyip Erdoğan,
ICI Radio-Canada, août 2017)

« Le pouvoir est totalitaire quand il a le monopole de l’interprétation. »

Sylvie Richterová
(« L’après-Kundera », dans L’atelier du roman no 100,
Milan Kundera : Le printemps du roman,
Buchet-Chastel/Libella, mars 2020, p. 52)


PRESCIENCE

« […] il eut fallu naître avec la prescience de tous les malheurs pour éviter tant d’erreurs humaines […] »

Marie-Claire Blais
(Dans la foudre et la lumière,
Les Éditions du Boréal, 2001, p. 44)


PRÉSENCE

« […] lorsque nous sommes vraiment présents avec nos cinq sens, rien ne manque. »

Nicole Bordeleau
(L’art de se réinventer,
Les éditions de l’Homme, 2015, p. 15)

« Quelque part, une roche sur une grosse roche indique ma présence. »

Joséphine Bacon
(Uiesh | Quelque part, Mémoire d’encrier,
coll. « Poésie » no 77, 2018, p. 5)

« Tu es là comme la colère d’un disparu »

Jean-Guy Pilon
(« Recours au pays », reproduit dans
La poésie québécoise contemporaine,
anthologie présentée par Jean Royer
,
Éditions de l’Hexagone / La Découverte,
coll. « Anthologies », 1991, p. 68)


PRÉSENT

« Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n’y projetait déjà une histoire. »

André Gide
(Les nourritures terrestres, Gallimard,
1917-1936, Livre de poche no 1258, p. 23)

« Nous traversons le présent les yeux bandés. »

Milan Kundera
(Risibles amours, Éditions Grasset,
coll. « Folio » no 1702, 1968, p. 13)


PRESSENTIMENT

« Tout le monde a le pressentiment que quelque chose va arriver […]. C’est de naissance. »

Torgny Lindgren
(La beauté de Mérab, Actes Sud, 1987, p. 82)


PRIER

« On dit que le cœur d’un cyclone est d’un calme absolu. C’est peut-être ça, prier. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 82)


PRIMITIF

« les petits hommes de préhistoire circulent
entre les buildings
dans la pluie chargée de missiles »

Paul-Marie Lapointe
(« Le temps tombe », sous « Pour les âmes »,
dans Le réel absolu, Éditions de l’Hexagone, 1971, p. 220)


PRISONNIER

« Une personne en prison est un fossile vivant. »

Rober Racine
(Le dictionnaire, suivi de La musique des mots,
Éditions de l’Hexagone, coll. « Itinéraires », 1998, p. 57)


PROBLÈMES

« En Afrique, les problèmes sont à la fois aigus et graves, donc circonflexes […]. »

Sylvain Trudel
(Le souffle de l’Harmattan, Les Quinze éditeur,
coll. « 1010 » no 105, 1988, p. 23)

[Dans ce pays] « Il y a plus de problèmes que d’habitants. »

Mohamed Hamidi, Alain-Michel Blanc et Fatsah Bouyahmed
(scénaristes du film La vache, 2016; en parlant de l’Algérie)


PROCHAIN

« […] aimer son prochain comme soi-même, cela suppose qu’on s’aime soi-même comme un prochain. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 260)


PROFONDEUR

« La profondeur [de la mer] au-dessous [du radeau de fortune] était à donner le vertige à un oiseau. »

Yann Martel
(L’histoire de Pi, XYZ éditeur, 2003, p. 172)


PROTECTION

« On ne peut pas protéger les gens […]. Tout ce qu’on peut faire, c’est les aimer. »

John Irving
(La part de Dieu la part du diable,
Éditions du Seuil, 1986, p. 603)


PROVERBE INVENTÉ

« Qui crève les nuages mouillera sa chemise. »

Patrick Coppens
(Pensées pensives, tome 2, Distance, 2018, p. 103)

« À tête coupée, on ne compte pas les cheveux. »

Anton Tchekhov
(« Quand on n’aura rien à faire »,
Des larmes invisibles au monde, Éd. des Syrtes, 2006, p. 93)


PSYCHANALYSE

« La psychanalyse, ça ne sert pas à être heureux. Ça sert à passer d’une souffrance névrotique à un malheur banal. »

Sigmund Freud
(cité par André Comte-Sponville
à l’émission La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)


PUISSANCE

« La puissance ne se montre que si l’on en use avec injustice. »

Raymond Radiguet
(Le diable au corps, GF Flammarion no 444, 1986, p. 122)


PUISSANT

« Plus vous êtes puissant, plus vous êtes décadent. À un moment donné, vous êtes tellement décadent que vous cessez d’être puissant. »

Michel Onfray
(à l’émission La grande librairie, TV5, janvier 2019)


QUESTION

« […] pour poser les bonnes questions, peut-être fa[u]t-il déjà connaître les réponses. »

Jorge Semprun
(L’écriture ou la vie, Gallimard,
Paris, 1994, Folio no 2870, p. 159)


QUINZE ANS

« Le grand avantage d’avoir quinze ans c’est que ça ne dure qu’un an. »

Paul Auster
(4 3 2 1, Actes Sud/Leméac, 2018, p. 489)


QUITTER

« Le quitter ne veut pas dire ne plus l’aimer. On se quitte quand on a fini de voyager ensemble, c’est tout. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 1990, p. 75)


RACISME

« Le racisme, c’est comme du vandalisme perpétré sur des humains. »

Robert Morin
(réalisateur du film Le Nèg’,
cité par Luc Perreault, « La grande noirceur »,
La Presse, 19 octobre 2002, p. C1)

« Il y a une corrélation très forte entre le fait d’être raciste et le fait d’être incapable de construire une pensée par écrit. »

Adib Alkhalidey
(cité par Marc Cassivi, La Presse, Montréal,
4 février 2017, cahier « Arts », p. 2)

« Racism isn’t getting worse, it’s getting filmed. »

Will Smith
(cité sur reddit.com, visité le 7 juin 2020)

« [Le racisme est] une haine fossile. »

« […] l’identité blanche se définit par rapport à ceux qu’elle exclut […]. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 458; 551)


RADICALITÉ

« La radicalité, c’est […] lorsque l’on croit que le monde a un sens et qu’on doit soumettre les autres à ce sens-là. »

Kamel Daoud
(à l’émission La grande librairie, TV5, 3 mai 2020)


RÉDEMPTION

« Tel est […] le signe d’une vraie rédemption [:] Quand un sentiment de culpabilité conduit à faire le bien autour de soi. »

Khaled Hesseini
(Les cerfs-volants de Kaboul, Belfond, 2005, p. 313)


RÉALITÉ

« La réalité est trashicomique. »

David Goudreault
(écrivain, à l’émission Tout le monde en parle,
ICI Radio-Canada Télé, 8 décembre 2017)

« Ce qui tourmente les hommes ce n’est pas la réalité, mais les opinions qu’ils s’en font. »

Épictète
(Manuel, Arlea, 1990, cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 135)

« La réalité réside uniquement dans ce que nous gardons en mémoire. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 75)

« […] j’ai souvent remarqué qu’il y a quelque chose avec la réalité qui n’est pas encore au point. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 66)

« […] toute réalité un peu intéressante ne se dit qu’en paradoxes. »

« Comme la laque que l’on applique couche à couche pour réaliser une forme, la réalité était l’ensemble des couches du faux, qui à force d’accumulation prenait un aspect de vérité tout à fait suffisant. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Éditions Gallimard, 2011, p. 320 et 343)

« Ce n’est pas la réalité qui importe, mais ce que l’on se dit à soi-même sur la réalité. »

Anthony de Mello
(Quand la conscience s’éveille, Éditions Albin Michel,
coll. « Espaces libres » no 128, 2002, p. 180)

« [Un livre peut aussi être,] dans le meilleur des cas, une révélation directe de la réalité. Lorsqu’elle survient, cette révélation nous grandit et nous rend maîtres d’un nouveau terrain d’exploration de nous-mêmes. »

Robertson Davies
(Lire et écrire, Leméac Éditeur,
coll. « L’écritoire », 1999, p. 80)

« La réalité, c’est ce qui continue d’exister lorsqu’on cesse d’y croire. »

Philip K. Dick
(cité par Bernard Weber dans
L’encyclopédie du savoir relatif et absolu,
Éditions Albin MIchel, coll. « Le livre de poche »
no 15530, 2000, p. 153)


RÉCITATION

« Dans le langage totalitaire, on ne pense plus avec les mots, on récite. Et il y a une dérive des mots. Par exemple, le mot fanatique disparaît du langage totalitaire pour être remplacé par le mot héros ou martyr. »

Boris Cyrulnik
(à l’émission La grande librairie,
TV5, janvier 2016)


RÉFLÉCHIR

« Réfléchir, c’est toujours revenir sur ses pas. »

André Breton et Philippe Soupault
(« S’il vous plaît », in Les champs magnétiques,
NRF, Poésie/Gallimard, 1968, p. 144)


REGARD

« Elle me regardait avec affection, intérêt et indulgence. »

Emmanuel Carrère
(Un roman russe, P.O.L., coll. « Folio » no 4771, 2007, p. 128)


REGRET

« […] le regret, cette autre forme de l’espoir. »

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 101)

« Elle en a assez
de ces regrets qui l’encombrent.
Le cendrier est plein. »

Claire Dé
(Bonheur, oiseau rare, XYZ éditeur,
coll. « Étoiles variables », 1996, p. 30)


REPÈRES

« Sans repères précis l’homme se disperse, on ne peut plus rien en tirer. »

Michel Houellebecq
(Les particules élémentaires,
Éditions Flammarion, coll. « J’ai lu », 1998, p. 120)


RÉMANENCE

« Parfois, on a l’impression d’avoir déjà entendu quelque chose et c’est simplement qu’on vient de l’entendre […]. »

Javier Marías
(Demain dans la bataille pense à moi,
Rivages, 1994, p. 113)


RÉMISSION

« Ce n’est qu’en te repentant dans ton cœur que tu peux obtenir la rémission de ton péché. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 23)


RÉNOVATION

« Quand on se rénove intérieurement soi-même, c’est comme quand on fait des travaux : “Rénovations en cours. Veuillez excuser les désagréments et merci de votre patience.” »

Nicole Bordeleau
(L’art de se réinventer,
Les éditions de l’Homme, 2015, p. 38)


RÉPARER

« Réparer, ce n’est pas recoller les morceaux. »

François Busnel
(à l’émission La grande librairie, TV5, 14 juin 2020)


RÉPÉTITION

« […] tandis que la réalité n’a aucune honte à se répéter, la pensée, face à la répétition de la réalité, finit toujours par se taire. »

Milan Kundera
(Le rideau, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 148, 149)


RÉPONSE

« In Judaism, at its very root, the concept of answer does not exist. »

Gershom Scholem
(cité dans le livret de Kafka-Fragments de György Kurtág)

« […] des fois, la pire des choses qui peut arriver aux questions, c’est la réponse. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 26)


REPRÉSENTATION

« On remanie constamment la représentation de son passé et de son autobiographie. »

Boris Cyrulnik
(Le récit de soi, visité le 10 juin 2020)


RESPIRATION

« […] la respiration n’est-elle pas la forme de prière la plus pure? »

Niall Williams
(Quatre lettres d’amour, Flammarion, 1998, p. 28)


RESPONSABILITÉ

« Je suis responsable de tout — si j’accepte d’être responsable de quoi que ce soit […]. »

John Irving
(La part de Dieu la part du diable,
Éditions du Seuil, 1986, p. 126)


RESSEMBLANCE

« […] les gens qui disent que je ressemble à quelqu’un d’autre n’ont pas une haute opinion de moi. »

Sylvain Trudel
(Le souffle de l’Harmattan, Les Quinze éditeur,
coll. « 1010 » no 105, 1988, p. 51)


RETRAITE

La retraite : « […] un moment où on est libre d’esprit, c’est-à-dire qu’on est libre pour toute aventure. »

Jean-Philippe Blondel
(à l’émission La grande librairie, TV5, février 2012)

« […] la retraite peut être votre dernière chance de devenir la personne que vous voulez réellement être. »

Ernie J. Zelinski
(Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 40)


RETROUVAILLES

« […] qui a raté ses adieux ne peut attendre grand-chose de ses retrouvailles. »

Milan Kundera
(L’ignorance, Éditions Gallimard,
coll. « Folio »  no 4155, 2005, p. 156)


RÊVE

« Le rêve concerne avant tout ceux qui ne rêvent pas; le rêve de ceux qui rêvent concerne ceux qui ne rêvent pas. […] Le rêve est une terrible volonté de puissance […] chacun de nous est plus ou moins victime du rêve des autres. »

Gilles Deleuze
(Conférence Qu’est-ce que l’acte de création?
17 mai 1987, http://www.webdeleuze.com)

« Wrap your overcoat, o lofty dream, around the child. »

Franz Kafka
(fragment tiré de la correspondance avec Milena
ou du journal, et utilisé par György Kurtág
dans son Kafka-Fragments, partie I)

« Les rêves, […] c’est l’autre toi qui te répond. »

Niall Williams
(Quatre lettres d’amour, Flammarion, 1998, p. 256)

« [Dans le rêve,] la pensée n’est pas abstraite mais plutôt prise dans les circonstances de la fiction […]. »

Noël Audet
(Écrire de la fiction au Québec,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 129)


RÊVER

« Entre crever et rêver, une seule lettre de différence. »

Jacques Salomé
(Émission Noms de dieux,
canal Savoir, octobre 2013)

« […] rêver, c’est le suicide que se permettent les gens bien élevés. »

Karen Blixen
(Sept contes gothiques;
extrait cité dans la promotion des livres Biblio)


RICHESSE

« Le véritable avantage de la richesse, ce n’était pas la possibilité de satisfaire ses désirs, c’était celle de ne plus penser à l’argent. »

Paul Auster
(La musique du hasard, Actes Sud,
coll. « Le livre de poche » no 13832, 1991, p. 22)


RIEN

« […] nous ne sommes séparés de la grâce que par un rien. »

Christian Bobin
(La nuit du cœur, NRF Gallimard, 2018, p. 202)


RIRE

« […] ce numéro est dédié à l’ermite japonais Dokyo, qui mourut en éclatant de rire. »

François Weyergans
(Je suis écrivain, Éditions Gallimard, 1989, p. 183)


RITE

« Quelque chose de l’âme se trouve créé dans le travail du rite. »

Thomas Moore
(Le soin de l’âme : un guide pour cultiver au jour le jour
la profondeur et le sens du sacré
,
Éditions Flammarion / Éditions du Rocher,
coll. « J’ai lu / Aventure secrète » no 4137, 1994, p. 208)


RITUEL

« Un rituel, c’est une façon qu’a trouvé l’homme pour organiser le chaos. »

Philippe Charlier
(à l’émission La grande librairie, TV5, 8 novembre 2020)


RIVIÈRE

« Quand je suis dans la ville
Je n’entends plus la rivière »

Joséphine Bacon
(Uiesh | Quelque part, Mémoire d’encrier,
coll. « Poésie » no 77, 2018, p. 66)


ROCHE

« Quand on n’a pas de bouche, on se tait. »

Madeleine Gagnon
(citée par Chloé Sainte-Marie à l’émission
La bibliothèque de…, Canal Savoir, novembre 2017)


ROMAN

« Chaque romancier […] écrit ses livres […] comme une grande hypothèse, comme une grande question à la face du monde. […] La sagesse du roman est exactement dans son ignorance. »

« Le roman, c’est le paradis imaginaire des individus. C’est le territoire où personne n’est possesseur de la vérité […], mais où tous ont le droit d’être compris. »

Milan Kundera
(L’art du roman,
cité par Nancy Huston, Professeurs de désespoir,
Actes Sud, 2005, p. 226, 227)

« [D]écouvrir ce que seul un roman peut découvrir, c’est la seule raison d’être d’un roman. Le roman qui ne découvre pas une portion jusqu’alors inconnue de l’existence est immoral. La connaissance est la seule morale du roman. »

Hermann Broch
(cité par Chantal Guy, « Que peut le roman? »,
La Presse, Montréal, 21 janvier 2012,
cahier « Arts », p. 4)

« Le roman, c’est ce qui nous permet le plus de nous mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. […] Être dans la tête de quelqu’un d’autre augmente votre capacité d’empathie. […] Nous perdrions sans doute une bonne partie de notre capacité d’empathie si le roman n’existait plus. »

Margaret Atwood
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 3 novembre 2019)

« Écrire un roman, c’est duper les autres et soi-même avec enthousiasme […]. »

« […] on ne fait entrer la vérité dans un roman que par les jeux de l’illusion. »

Alexandre Jardin
(Chaque femme est un roman,
Éditions Grasset & Fasquelle, 2008, p. 105 et 106)

« Le roman n’est pas une confession de l’auteur, mais une exploration de ce qu’est la vie humaine dans le piège qu’est devenu le monde. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 278)

« Un roman vraiment grand est un conte pour les humbles, une parabole pour les sages et une révélation directe de la réalité pour un homme qui l’a intégré à son être. »
John Middleton Murry
(cité par Robertson Davies dans Lire et écrire,
Leméac Éditeur, coll. « L’écritoire », 1999, p. 37)

S’ACCEPTER

« Il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »

Carl Rogers
(Émission Noms de dieux,
canal Savoir, octobre 2013)


SAISONS

« Il y a sept saisons. Un printemps, un été, un automne et quatre hivers. »

Torgny Lindgren
(Fausses nouvelles, Actes Sud, 2002, p. 33)


SALAUD

« […] la seule façon de ne pas se sentir un salaud c’est d’être un salaud. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 193)


SANDWICH

« S’ils devaient choisir entre des sandwichs et la liberté, les êtres humains choisiraient les sandwichs. »

Lord John Boyd
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 227)


SANG

« Le sang d’un homme se répand
En moins d’une heure pour toujours »

Paul Éluard
(« Ailleurs ici partout », dans Poésie ininterrompue II,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 670)


SANTÉ

« La santé est le silence des organes. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Gallimard, 2011, p. 46)


SATISFACTION

« La satisfaction d’aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable. C’est comme l’aumône qu’on jette à un mendiant : elle lui sauve la vie aujourd’hui pour prolonger sa misère jusqu’à demain. »

Arthur Schopenhauer
(Le monde comme volonté et comme représentation, IV, 38,
cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 133)

« Dans la vie, il faut être content de ce qu’on a parce que ça peut toujours être pire. »

Isabelle Robert
(fille d’André-Guy, 11 juillet 2020)


SAVOIR

« De Platon, je retiens qu’il ne faut jamais laisser notre savoir prendre le dessus sur notre ignorance. »

William T. Vollmann
(Philosophie magazine, numéro 70, p. 70)

« […] tous ceux qui ont cherché comme moi […] n’ont rien trouvé, mais ils ont reconnu clairement que la même chose, qui me menait au désespoir — l’absurdité de la vie — est le seul, l’incontestable savoir accessible à l’homme. »

Léon Tolstoï
(Ma confession, section V,
PDF trouvé sur Internet, p. 18)

« Un vrai maître […] rend le savoir vivant, humain, imparfait, vulnérable, aléatoire, provisoire. Il l’expose à l’oubli, aux perturbations des passions, des partis pris, des doutes, des méprises, des confusions, des préjugés, et c’est ainsi que le savoir se distingue des données mortes, comme une vraie fleur se distingue d’une fleur en plastique. »

Jean-Pierre Issenhuth
(poète, critique et jardinier, cité par Louis Cornellier,
Le Devoir, Montréal, 12 et 13 octobre 2019,
« Le D magazine », p. 33)


SCIENCE

« […] la science ne répond qu’aux questions de type scientifique. C’est une sorte de tautologie que je rappelle là : la science ne répond pas aux questions qui nous intéressent le plus, celles qui sont liées à la vie, à la justice, à l’amour, etc. Comment vivre en société? Comment se tenir droit? Et du coup, on jette le bébé avec l’eau du bain. On privilégie des sources d’information qui nous aident à vivre plutôt que celles qui nous aident à comprendre. »

Étienne Klein
(cité par Alexis Riopel, Le Devoir,
12 et 13 septembre 2020, p. A1)


SCHULD

« En allemand, le mot Schlud signifie à la fois dette, faute et culpabilité. »

Mathieu Perreault
(La Presse+ du 21 juillet 2018,
« Quand dette rime avec faute »)


SECRET

« Si tu veux garder un secret, dis-le à personne. »

Jean-Fernand Robert
(mon père)

« — Mais que fais-tu à la fin?
— Je garde un secret. Et je crée d’autres secrets. Je garde la porte.
— Quelle porte?
— La porte invisible entre ce que certains savent et ce que d’autres ne doivent pas connaître. »

Henning Mankell
(Profondeurs, Seuil, 2008, p. 225)

« L’air était comme empli d’une atmosphère de secret, on avait envie de dire des choses auxquelles tout le monde ne pouvait pas prendre part. »

Tarjei Vesaas
(L’arbre de santal, Actes Sud, 1994, p. 53)

« On ne s’impose à un autre que par les secrets dont ont sait s’entourer. »

Hector Bianciotti
(Sans la miséricorde du Christ,
NRF / Gallimard, 1985, p. 23)


SÉCURITÉ

« On veut bien vivre ensemble, mais à condition d’être protégé des autres. »

François Busnel
(à l’émission La grande librairie,
TV5, juillet 2017)


SE FAIRE AIMER

« J’aime à me faire aimer [dit le diable]. C’est une faiblesse que je partage avec Dieu. »

Ève de Castro
(Nous serons comme des dieux,
Albin Michel, 1996, p. 205)


SELFIE

« [Ce] monde […] vomit sans cesse le spectacle de soi […]. »

Paul Journet
(La Presse, 12 novembre 2016, p. A 30)


SENS À L’EXISTENCE

« Le récit — c’est-à-dire le fait de lier les événements et les êtres les uns aux autres en une histoire — est la seule chose qui donne sens à l’existence humaine. […] Quand les liens sont coupés, ou interdits, ou rendus impossibles, quand on est obligé de vivre dans le présent [comme la prostituée], on aura tendance à devenir soit mystique, soit nihiliste, soit les deux. »

Nancy Huston
(« Arcan, philosophe », préface à Burqa de chair,
Seuil, 2011, p. 17, 18)

« Ce n’est pas la vie qui doit avoir un sens; c’est le sens qui doit être vécu. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 307)


SENTIMENTS

« Les grands sentiments, c’est comme une nourriture rustique, je dirais. Il y a de bonnes saveurs dedans. »

Gérard Depardieu
(à l’émission La grande Librairie,
TV5, janvier 2016)

« Comme les grandes œuvres, les sentiments profonds signifient toujours plus qu’ils n’ont conscience de le dire. »

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 24)


SENS DE LA VIE

« Qui est vraiment amoureux de quelqu’un ne se soucie pas du sens de la vie. »

Yuval Noah Harari
(21 leçons pour le XXIe siècle, Albin Michel, 2018, p. 300)

« […] pour répondre à la question qui se pose devant chaque homme : “Que suis-je?” — ou : “Pourquoi est-ce que je vis?” — ou : “Que dois-je faire?” — l’homme doit avant tout répondre à cette question : “Qu’est-ce que la vie de toute l’humanité? Or, cette humanité lui est inconnue. Il n’en connaît qu’une toute petite partie, limitée à une toute petite période de temps. Pour pouvoir comprendre ce qu’il est, l’homme doit comprendre avant tout ce qu’est cette mystérieuse humanité faite d’individus tout pareils à lui, quoique ne se comprenant pas eux-mêmes. »

Léon Tolstoï
(Ma confession, PDF trouvé sur Internet, section V)


SENTIER

« Un sentier peut en cacher un autre. »

François Dompierre
(Radio-Canada FM, 22 janvier 2012)

« There is a destination, but no path to it; what we call a path is hesitation. »

Franz Kafka
(fragment tiré de la correspondance avec Milena
ou du journal, et utilisé par György Kurtág
dans son Kafka-Fragments, partie III)


SENTIMENT

« L’homme emporte avec lui le sentiment de sa vie […]. »

Vassili Grossman
(Vie et destin, L’âge d’homme, 1980,
Le livre de poche no 30321, p. 734)


S’ENRICHIR

« S’enrichir, c’est toujours s’endetter auprès de ceux qui n’ont rien ou qui ont moins. »

Pascal Bruckner
(à l’émission La grande librairie, TV5, mai 2016)


SENS DE LA VIE

« […] le sens de la vie humaine est dans la participation à la vie commune […].
« Dans l’univers tout arrive par la volonté de “quelqu’un”, qui fait servir nos vies à la réalisation d’un but qui nous est inconnu. Pour avoir l’espoir de comprendre le sens de cette volonté, il faut avant tout l’exécuter, faire ce qu’on exige de nous. Si je me refuse à ce qu’on attend de moi, je ne comprendrai jamais ce qu’on me demande, et encore moins ce qu’on veut obtenir de tous et de tout le monde. »

Léon Tolstoï
(Ma confession, PDF trouvé sur Internet,
juillet 2016, p. 83 et 84)


SÉRIEUX

« Tu ne prends pas les choses aussi à cœur qu’oncle Tom. Tu n’es pas aussi sérieux.
— C’est parce que je suis plus vieux. »

Paul Auster
(Brooklyn Follies,
Actes Sud / Leméac, 2005, p. 239)


SÉSAME

« […] chacun a son propre sésame, une suite de mots qui peut le tuer ou lui donner la vie […]. »

Emmanuel Carrère
(Je suis vivant et vous êtes morts, Seuil, 1993, p. 272)


SE SENTIR VIVANT

« On ne peut pas vivre dans l’eau tiède. Il nous faut des événements pour prendre conscience de qui on est. Pour se sentir vivant, il faut des événements.
— Quitte à aller très très loin dans la représentation du mal?
— Voilà. Les voyous nous fascinent. Parce que eux, justement, ils créent des événements : le meurtre. Ils créent des événements : le vol, la transgression. Et donc on est fasciné par ces hommes qui osent. Alors que nous, on est pathologiquement normal [sic]. »

Boris Cyrulnik interrogé par François Busnel
La grande librairie, à propos
de la littérature, TV5, 14 avril 2019)


SE TROMPER

« […] on peut être sincère et se tromper, ou en tout cas se persuader qu’on s’est trompé aussi sincèrement qu’on s’est persuadé du contraire. »

Emmanuel Carrère
(Il est avantageux d’avoir où aller,
P.O.L., 2016, p. 194)


SEXUALITÉ

« Des baisers ils font des hommes »

Paul Éluard
(« Bonne justice », dans Pouvoir tout dire,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 376)

« […] hors des sentiments, la sexualité s’étend tel un désert où l’on meurt de tristesse. »

Milan Kundera
(L’ignorance, Éditions Gallimard,
coll. « Folio »  no 4155, 2005, p. 85)


SILENCE

« À peine arrivé chez toi
le silence te reconnaît et te fait fête. »

Carle Coppens
(Poèmes contre la montre,
Noroît-Obsidiane, 1996, p. 62)

« Assis côte à côte, ils ne se disaient rien, et là, on aurait cru que leurs âmes chuchotaient ce qu’ils n’osaient pas dire à voix haute. »

Anton Tchekhov
(« L’ennui de la vie »,
Des larmes invisibles au monde,
Éd. des Syrtes, 2006, p. 104)

« Le silence était si prenant que nous avancions sans un mot […]. »

Douglas Kennedy
(L’homme qui voulait vivre sa vie,
Belfond, 1997, coll. « Pocket » no 10571, p. 399)

« Les automobiles sont silencieuses. Il va pleuvoir du sang. »

André Breton et Philippe Soupault
(« S’il vous plaît », in Les champs magnétiques,
NRF, Poésie/Gallimard, 1968, p. 157)

« Nos silences sont des tiroirs à double fond. »

Rima Elkouri
(en parlant de son roman Manam,
dans Le Boréal Express, automne 2019, p. 2)

« Le silence alimente les conjectures. »

Alexis Bélanger-Champagne
(Le Devoir, Montréal, 18 et 19 juillet 2020, p. A11)


SILHOUETTE

« Une silhouette s’est avancée. Mon cœur s’est mis à battre. Si fort qu’il bat encore. »

(Danielle Shelton, « Le baiser »,
dans Brèves littéraires no 72, hiver 2006, p. 19)


SOI-MÊME

« La plus grande distance à laquelle je dois me mesurer, c’est celle qui me sépare de moi-même. »

Henning Mankell
(Profondeurs, Seuil, 2008, p. 300)

« L’être en soi est temporaire. Une lumière pour personne à part soi-même. »

Torgny Lindgren
(Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 222)


SOLIDARITÉ

« Les hommes sont reliés entre eux par des cordes, et cela va déjà mal quand les cordes se relâchent autour de quelqu’un et qu’il tombe un peu plus bas que les autres dans le vide, mais quand les cordes cassent et qu’il tombe tout à fait, c’est horrible. C’est pourquoi nous devons nous tenir les uns aux autres. »

Franz Kafka
(cité par Chard Chénier,
Facebook, le 10 décembre 2019)

« La majorité blanche n’a pas peur du Noir. Elle a peur de son émancipation, car […] elle ne veut céder pour rien au monde son titre de maître.
« Lorsque recule la solidarité de l’inclusion, les tensions sociales qui suivent favorisent la solidarité de l’exclusion. Les dominants s’unissent pour maintenir leur pouvoir et font front commun par tous les moyens nécessaires. »

Christian Nadeau
(« Pourquoi voter pour Trump? »,
Le Devoir, 7 et 8 novembre 2020, p. B18)


SOLITUDE

« Ne crois jamais que tu seras seul. Et pourtant, tu le seras. »

Monique Proulx
(Champagne, Les Éditions du Boréal, 2008, p. 88)

« Vaut mieux être seul, on est toujours d’accord. »

Émile Zola
(Germinal, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 1001, 1978, p. 328)

« […] nous ne pouvons nous voir que parce que quelqu’un nous a vus d’abord. En d’autres termes, notre solitude nous est révélée par les autres. »

Paul Auster
(Conversations avec Paul Auster, dans
Le carnet rouge, suivi de L’art de la faim,
Actes Sud, coll. « Babel » no 133, 1992, p. 420)


SONS

[À John Cage qui ne s’expliquait pas pourquoi il avait entendu deux sons dans la chambre anéchoïque de l’université Harvard, puisque celle-ci absorbait 99,8 % de l’énergie des ondes sonores :]
« Le son aigu, c’est votre système nerveux. Le grave, la circulation de votre sang. »

Un ingénieur
(cité par Kyle Gann, No Silence : 4’33” de John Cage
[No Such Thing as Silence: John Cage’s 4’33”],
Éd. Allia, Paris, 2014, p. 133)


SORDIDE

« Le calme de la chambre, où la lampe allumée les accueillait, avait quelque chose de fantomatique. Il avait cru que c’était sordide et voilà que c’était tragique, tragique de solitude, d’abandon. »

Georges Simenon
(Trois chambres à Manhattan,
Les Presses de la Cité, Paris, 1946, p. 73)


SORT

« Tous les écrivains jettent des sorts. »

Emil Ferris
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 27 octobre 2019)


SOUFFRANCE

« La souffrance est un trou, et la lumière vient de ce trou. »

Albert Camus
(cité à l’émission La grande librairie,
TV5, février 2014)

« […] quiconque souffre cherche à communiquer sa souffrance — soit en maltraitant, soit en provoquant la pitié — afin de la diminuer, et il la diminue vraiment ainsi. »

Simone Weil
(La pesanteur et la grâce, Plon, 1947, p. 12)


STYLE

« Un style, c’est arriver à bégayer dans sa propre langue, dit Gilles Deleuze. Non pas être bègue dans sa parole, mais être bègue du langage lui-même. »

Arne Deforce
(citant G. Deleuze et C. Parnet,
Dialogues, Paris, Flammarion, 1996,
dans le livret du CD
Pascal Dusapin, Item, aeon, AECD 1756, p. 8)


SOUMISSION

La soumission, « c’est un anesthésiant qui endort la douleur à mesure qu’il la cause ».

Roger Martin du Gard
(Jean Barois, NRF/Gallimard, 1921, p. 409)


SOURCES

« Plus de sources jaillissent de terre que nous n’avons de soifs pour les boire. »

André Gide
(Les nourritures terrestres, Gallimard,
1917-1936, Livre de poche no 1258, p. 117)


SOURIRE

« Ton sourire est aussi vrai
Que mes quatre vérités. »

Jacques Prévert
(« Le cheval rouge », Paroles)


SOUVENIR

« J’ai les souvenirs que je veux avoir, dit-elle. Je suis enfin une femme totalement libre. »

La mère de Torgny Lindgren
(sur son lit de mort, citée par Torgny Lindgren,
Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 123)


STOÏCISME

« Le stoïcisme […], c’est quand on a tellement peur de tout perdre qu’on perd tout exprès, pour ne plus avoir peur. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 232)


STRATÉGIE POUR GAGNER

« Ne rien admettre, tout nier, contre-attaquer. »

(Principes de Roger Stone que Donald Trump,
son ami de longue date, a faits siens;
cités par le journal Métro, le 29 janvier 2018)


STUPÉFACTION

« […] aucune flamme de stupéfaction ne reçoit assez d’oxygène pour brûler longtemps. »

Göran Tunström
(Le buveur de lune, Actes Sud, 1997, p. 216)


STYLE

« Le style, c’est l’angle. »

Philippe Djian
(à l’émission La grande librairie, TV5, mars 2017)


SUCCÈS

« Sur le terrain du succès, il y a de la place pour chacun. »

Nicole Bordeleau
(L’art de se réinventer,
Les éditions de l’Homme, 2015, p. 60)

« […] un succès n’est jamais qu’un malentendu. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(L’évangile selon Pilate, Albin Michel,
Paris, 2000, Livre de poche no 15273, p. 62)

« Avoir du style, c’est s’arrêter avant d’en faire trop. »

Philippe Djian
(37,2° le matin, Éditions Bernard Barrault,
coll. « J’ai lu » no 1951, 1985, p. 204)


SUICIDE

« Le suicide est une mort qu’on ne donne pas à l’ennemi. »

David Foenkinos
(Charlotte, Éditions Gallimard, 2014, p. 151)

« Se suicider, c’est punir tous ceux qu’on laisse derrière soi. »

Douglas Kennedy
(La symphonie du hasard, Livre 1,
Éditions Belfond, 2017, p. 274)

« […] je me serais volontiers suicidé s’il n’avait fallu pour cela que je renonce à vivre. »

Christian Mistral
(Vortex : Vautour, XYZ éditeur,
coll. « Romanichels », 1990. p. 63)

« […] nous sommes frères et sœurs de celui qui s’est donné la mort. »

Jean Barbe
(Autour de Dédé Fortin, Leméac Éditeur, 2001, p. 32)


TABLEAU

« […] un tableau […], ce n’est pas un objet qu’on voit, mais quelque chose avec lequel on voit. »

Maurice Merleau-Ponty
(cité par Robert Richard,
« L’art comme condition du politique »,
Liberté no 268, mai 2005, p. 121)


TABOU

« Le tabou, c’est quelque chose qui interdit, mais c’est quelque chose qui vous protège. Ça vous interdit d’accéder, mais ça vous protège de ce qui est caché. »

Jean-Luc Coatalem
(à l’émission La grande librairie,
TV5, 27 octobre 2019)


TALENT

« J’avais entendu l’histoire d’un acteur anglais qui avait perdu sa magie. C’était un acteur très éminent et capable de jouer toutes sortes de rôles. Il est monté sur scène un soir et, de manière complètement inattendue, il n’a pas su jouer. Il était atroce. Ce n’était pas le trac, c’était autre chose. Il avait simplement perdu sa magie. Dans l’histoire que j’ai entendue, cela durait des semaines. Et un jour, il a dit aux autres membres de la troupe : “Écoutez, j’ai perdu mon talent. C’est un tout petit machin, mais si vous le voyez quelque part, pourriez-vous, s’il vous plaît, le ramasser et me le rendre? Il a une valeur sentimentale pour moi.” »

Philip Roth
(à l’émission La grande librairie, TV5, mai 2015)

« Vu l’absence de grands talents, on tient aux petits. »

Anton Tchekhov
(« Règles du jeu à l’usage des écrivains novices »,
Des larmes invisibles au monde, Éd. des Syrtes, 2006, p. 35)


TECHNOLOGIE

Le dogme de la technologie, c’est « que la vie soit efficace, que tout soit lisse, qu’il n’y ait plus d’obstacle, plus de heurts, plus de concret et, au bout du compte, plus d’humain. S’il n’y a plus d’humain, ce sera plus facile, semble-t-il. »

Christian Bobin
(à l’émission La grande librairie, TV5, octobre 2018)


TÉLÉVISION

« La télé a remplacé la bible. »

Dany Laferrière
(Cette grenade dans la main du jeune Nègre
est-elle une arme ou un fruit?,
VLB éditeur, coll. « Roman », 2002, p. 305)


TEMPS

« Le temps le plus précieux que nous ayons est le temps que l’on peut se permettre de perdre. »

Guy Perreault
(ami)

« […] le temps […] ne respecte pas ce qui ne se fait pas sans lui. »

Nicole Bordeleau
(L’art de se réinventer,
Les éditions de l’Homme, 2015, p. 73)

« Le temps, c’est de l’éternité pliée. »

Jean Cocteau
(cité à l’émission La grande librairie, août 2017)

« C’est l’angoisse du temps qui passe qui nous fait parler du temps qu’il fait. »

(Jean-Pierre Jeunet et Guillaume Laurant,
scénaristes, Le fabuleux destin d’Amélie Poulin)

« Le temps est notre manière d’empêcher que tout se produise d’un coup. »

« Le temps n’est pas une trace qui se déplace à travers une collection d’instants. Le temps est un instant qui recueille toutes les traces en mouvement. »

Richard Powers
(Le temps où nous chantions, Lot 49 / Le Cherche Midi,
coll. « 10/18 » no 4053, 2006, p. 166; 453, 454)

« Le temps perdu est habituellement utile à l’âme. »

Thomas Moore
(Méditations, Éditions Flammarion, 1995, p. 83)


TENDRESSE

« […] elle était d’une tendresse à pleurer […]. »

Anne Dandurand
(Diables d’espoir, XYZ éditeur,
coll. « L’ère nouvelle » no 2, 1988, p. 55)

« La tendresse est antérieure à la séduction, c’est pourquoi il est si difficile de désespérer. »

Michel Houellebecq
(Les particules élémentaires,
Éditions Flammarion, coll. « J’ai lu », 1998, p. 32)

« La précieuse leçon de la tendresse nous indique l’insuffisance des nombreux postulats. »

François Charron
(La chambre des miracles,
Les Herbes Rouges, 1986, p. 23)


TENTATION

« Veillez et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation. »

Jésus
(Cité par Matthieu, 26:41)


TERRE

« la terre pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie… la neige…
la grêle… le beau temps…
jamais elle n’est ivre
c’est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan »

Jacques Prévert
(« La chanson dans le sang », Paroles)


TERREUR

« Soyons terribles pour empêcher le peuple de l’être. »

Danton
(cité par Évelyne Lever, à l’émission
La grande librairie, TV5, 15 décembre 2019)


TEXTE

« Le texte sera parachevé quand […] les possibles auront été saturés. »

Noël Audet
(Écrire de la fiction au Québec,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 100)


THÉORIE

« Einstein a la ferme conviction philosophique, voire spirituelle, que le premier critère de la vérité d’un principe doit être d’ordre esthétique : une théorie est vraie quand elle est belle; parce que la nature est belle, les théories qui la décrivent doivent l’être aussi. Pour le physicien, ce qui caractérise la beauté d’une théorie, c’est sa cohérence, son harmonie et sa “perfection interne”. Ce sont ces qualités qui lui confèrent sa “magie”.  Ainsi en est-il de la relativité générale, comme il l’écrit lui-même à la fin de son premier article sur le sujet : “Toute personne qui comprendra cette théorie ne pourra échapper à sa magie.” »

Trinh Xuan Thuan
(La plénitude du vide, Éditions Albin Michel, 2016, p. 141)


TOI

« Et c’est un parfum que penser à toi
Le dossier sur ton compte est complet
Sauf ce que nous avons omis de faire
Par mille baisers de fond »

Leonard Cohen
(« Par mille baisers de fond », dans Le livre du désir,
Le Cherche Midi, 2006, p. 64 et 65)


TORT

« Subir un tort n’est rien, à moins que l’on continue à s’en souvenir. »

Confucius
(cité par Douglas Kennedy dans
Toutes ces grandes questions sans réponse,
Belfond, 2016, p. 303)


TOTALITÉ

« En face de l’homme de bien, plus fort que lui dans sa partie et s’en venant lui peindre le bien dans sa béatitude, le démoniaque est bien capable de lui demander grâce, de le prier en larmes de ne pas lui parler, de ne pas, comme il dit, prétendre l’affaiblir. Car c’est sa continuité intérieure et sa continuité dans le mal, qui font que, lui aussi, a une totalité à perdre. »

Sœren Kierkegaard
(Traité du désespoir, Éditions Gallimard,
coll. « Idées NRF » no 25, 1949, p. 209)


TOUT

« On the stock of Balzac’s walking-stick: I surmont all obstacles. On mine: all obstacles surmount me. They have that “all” in common. »

Franz Kafka
(fragment tiré de la correspondance avec Milena
ou du journal, et utilisé par György Kurtág
dans son Kafka-Fragments, partie I)


TOUX

« […] de fortes toux montaient de l’abîme comme des appels à la tendresse […]. »

Marie-Claire Blais
(Manuscrits de Pauline Archange,
Éditions du Jour, Montréal, 1968, p. 84)


TRADUIRE

[Traduire des textes littéraires,] « ça me permet de plonger dans la tête d’un autre auteur. J’ai l’impression qu’on me donne les clés d’une maison pendant que quelqu’un est parti et que j’ai le droit de fouiller dans les tiroirs. […] C’est comme avoir accès à la garde-robe d’une fille qui a beaucoup plus de moyens que moi et avoir le droit d’essayer ses vêtements. »

Fanny Britt
(auteure et traductrice,
Voir, Montréal, 4 octobre 2012, p. 17)


TRAGIQUE

« […] le tragique nous a abandonné; et là est, peut-être, le vrai châtiment. »

Milan Kundera
(Le rideau, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 4458, 2005, p. 136, 137)


TRAHISON

« La tromperie directe et sincère est imprégnée d’une beauté impérissable. Sans la beauté de la trahison nous ne mériterions pas l’amour des hommes. »

Stig Wennerström
(grand espion et « Traître »;
mots placés dans sa bouche par Torgny Lindgren,
Souvenirs, Actes Sud, 2013, p. 216)

« On n’est jamais si bien trahi que par les siens. »

Odile Tremblay
(Le Devoir, Montréal, 27 et 28 juin 2020,
« Le D magazine », p. 5)


TRANQUILLITÉ

« […] soudain, la luminosité d’un hameau en plein soleil frappait l’œil presque douloureusement. Ce hameau s’appelait tranquillité et temps qui passe, comme si vivaient là des temps infinis, comme si des siècles étaient là chez eux, ainsi que l’ordre, la sécurité et l’exubérance. Des filets de fumée montaient lentement, les champs étaient ensemencés, une femme se dressait au bord de la route, et un enfant aux yeux immenses apprenait à marcher. »

Tarjei Vesaas
(L’arbre de santal, Actes Sud, 1994, p. 70)


TRAVERSÉE LITTÉRAIRE

[Les littéraires] préfèrent [à l’intrigue] « la traversée littéraire, la découverte d’une nouvelle vision du monde, l’espoir d’être un peu transformés par l’expérience, peu importe l’histoire. »

Chantal Guy
(« Que peut le roman? », La Presse, Montréal,
21 janvier 2012, cahier « Arts », p. 4)


TRÉSOR

« Un homme part à la découverte d’un trésor caché, croit-il, sous une pierre. Il retourne, l’une après l’autre, un grand nombre de pierres mais il ne trouve rien. Il se lasse de cette vaine entreprise mais il ne veut pas y renoncer car le trésor est trop précieux. L’homme va donc se mettre en quête d’une pierre trop lourde pour être soulevée; c’est en cette pierre qu’il va placer tout son espoir, c’est auprès d’elle qu’il va gaspiller ce qu’il lui reste de forces. »

René Girard
(Mensonge romantique et vérité romanesque,
Paris, 1978, Le livre de poche, coll. « Pluriel », p. 203)


TRISTESSE

« Ce type, il a plus assez de musique dans le cœur pour faire danser sa vie. »

Jean-Louis Milesi et Robert Guédiguian
(scénaristes du film Marius et Jeannette;
réplique de Justin)

« Cette tristesse signifiait : nous sommes à la dernière halte. Ce bonheur signifiait : nous sommes ensemble. La tristesse était la forme, et le bonheur le contenu. Le bonheur emplissait l’espace de la tristesse. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 393)

« […] la tristesse ne nous fait pas mourir, mais elle nous fait embrasser trop fort ceux que nous aimons. »

Élise Turcotte
(Le bruit des choses vivantes, Leméac éditeur, 1991, p. 118)


TUER

« Tuer pour la paix, c’est comme baiser par chasteté. »

Slogan imprimé sur un T-shirt
à l’époque de la guerre du Vietnam
(cité par Stephen King, Écritures,
Albin Michel, 2001, p. 78)

« Combien tuerais-je de méchants? Leur nombre est infini, comme l’espace. Alors que si je tue l’esprit de haine, tous mes ennemis sont tués en même temps. »

Shatideva
(bouddhiste, La Marche vers l’Éveil,
cité par Frédéric Lenoir,
Du bonheur, un voyage philosophique, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 136)

« On ne s’entretue que pour ce qu’on ignore. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 338)


TYRANNIE

« All tyrannies rule through fraud and force, but once fraud is exposed, they must rely exclusively on force. »

George Orwell
(cité sur reddit.com, visité le 7 juin 2020)

« Le peuple accepte tous les tyrans pourvu qu’on lui laisse le museau dans la gamelle. »

Gustave Flaubert
(Bouvard et Pécuchet, cité par Hannelore Cayre
à l’émission La grande librairie, TV5, 7 juin 2020)


UN

« un et un ne font ni une ni deux
[et] s’en vont »

Jacques Prévert
(« Page d’écriture », Paroles)


UNIVERS

« [L’homme] pense dans un espace qui ne pense pas, s’émeut dans un décor apathique, piste le juste et l’injuste dans un chaos amoral. »

Éric-Emmanuel Schmitt
(La nuit de feu, Albin Michel / À vue d’œil, 2016, p. 82)

« Si l’homme reconnaissait que l’univers lui aussi peut aimer et souffrir, il serait réconcilié. »

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 32)


UNIVERSEL

« La vérité unique, c’est de l’idéologie. Car l’universel, c’est toujours l’universel de quelqu’un, l’universel de celui qui dit : “Voilà l’universel.” »

Barbara Cassin
(Le bonheur, sa dent douce à la mort, extrait
cité à l’émission La grande librairie,
TV5, 20 septembre 2020)


USURPATION

« Il n’est pas du tout certain que Dieu ait vraiment voulu que l’homme règne sur les autres créatures. Il est plus probable que l’homme a inventé Dieu pour sanctifier le pouvoir qu’il a usurpé sur la vache et le cheval. […]
« […] L’homme attelé à un charroi par un Martien, éventuellement grillé à la broche par un habitant de la Voie lactée, se rappellera peut-être alors la côtelette de veau qu’il avait coutume de découper dans son assiette et présentera (trop tard) ses excuses à la vache. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 361)


VENGEANCE

« Ce qui est sacré dans la vengeance, c’est d’en jouir. »

David Goudreault
(La bête intégrale, tome 1,
« La bête à sa mère », Stanké, 2020, p. 201)


VENT

« […] le vent […] use les montagnes, qui ne l’usent pas. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 182)


VÉRITÉ

« […] à un certain niveau de pensée, lorsqu’on est décidé à prendre au sérieux la vérité et à suivre sa conscience, il est bien difficile d’être de son parti, sans être aussi un peu de l’autre […]. »

« La vérité, oui… La vérité quand même! C’est le grand mobile des consciences, tant qu’elles sont jeunes. Plus tard, on perd cette assurance : on admet la possibilité d’erreurs provisoires, individuelles; on préfère l’indulgence à la stricte justice… »

« La plupart d’entre nous ont bien davantage besoin de paix intérieure que de vérité […] »

Roger Martin du Gard
(Jean Barois, NRF/Gallimard, 1921,
respectivement p. 478, 434 et 490)

« La vérité n’est pas dans la connaissance qu’on en prend mais dans la jouissance qu’elle nous donne. »

Christian Bobin
(Le Très-Bas, Folio no 2681, p. 57)

« La vérité est terriblement autoritaire […]. »

Torgny Lindgren
(Fausses nouvelles, Actes Sud, 2002, p. 143)

« Lorsqu’on élimine l’impossible, le reste, même s’il est totalement improbable, doit être la vérité. »

Sir Arthur Conan Doyle
(Sherlock Holmes, cité par un personnage
de la télésérie Outlander, le Chardon et le Tartan,
de Diana Gabaldon, mars 2016)

« […] une vérité nouvelle ne triomphe pas en persuadant ses adversaires, mais parce que ses adversaires finissent par mourir et qu’une génération les remplace pour qui cette vérité va de soi. »

Niels Bohr
(formule citée par Emmanuel Carrère,
Je suis vivant et vous êtes morts, Seuil, 1993, p. 147)

« Je crois qu’en tant qu’écrivain, en tant qu’artiste, ce que je veux faire, c’est être aussi proche de la vérité que possible. Je dois aussi être très proche de la complication du monde. Il y a les politiciens qui nous décrivent le blanc et le noir. L’artiste, lui, est entre les deux. »

Ron Rash
(auteur du Chant de la Tamasse,
à La grande librairie, TV5, septembre 2016)

« Il fabrique la vérité pour la prouver. »

Patrick Boucheron
(préface de L’homme qui se prenait pour le roi de France,
citée à l’émission La grande librairie, TV5, avril 2018)

« Avant d’apprendre la vérité, il fallait apprendre la patience. »

Paul Auster
(La musique du hasard, Actes Sud,
coll. « Le livre de poche » no 13832, 1991, p. 209)

« Qui cherche la vérité doit être prêt à l’inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la rencontre, déconcertante. »

Héraclite d’Éphèse
(cité par Chard Chénier, bulletin de juin 2020, p. 8)

« Pourquoi est-ce que je veux raconter des histoires aux gens? Peut-être parce que je suis terrifié par la vérité. »

John Le Carré
(à l’émission La grande librairie, TV5, 7 juin 2020)

« Les faits n’étaient peut-être pas toujours exacts, mais il disait la vérité. »

Paul Auster
(Moon Palace, Actes Sud,
coll. « Babel » no 68, 1990, p. 423)

« […] la vérité pour les rois, c’est seulement ce qu’il leur plaît d’entendre. »

Jean-Christophe Rufin
(L’Abyssin, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 3137, 1997, p. 498)

« Nous n’avons pas de preuve que la vérité, une fois révélée si elle l’est jamais, sera le moins du monde intéressante. »

Friedrich Nietzsche
(cité par Douglas Kennedy dans
Toutes ces grandes questions sans réponse,
Belfond, 2016, p. 270)

« […] un homme est toujours la proie de ses vérités. »

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 50)

« Il n’y a que la vérité qui soit drôle. »

André Comte-Sponville
(Le goût de vivre et cent autres propos,
Éditions Albin Michel, 2010, p. 382)


VERTIGE

« Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 79)


VERTU

« Quand on n’a pas l’intelligence de son vice, il vaut mieux faire commerce de vertu. »

« La vertu n’est point miracle à qui n’est point tenté. »

Ève de Castro
(Nous serons comme des dieux,
Albin Michel, 1996, p. 104 et 149)

« La vertu qui détruit la vertu est une fausse vertu, je te le dis, une vertu cruelle. La vraie vertu surmonte les contradictions, nécessairement. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, Belfond,
coll. « Pocket » no 3938, 1989, p. 168)


VÊTEMENTS

« […] tes vêtements […] portent encore la trace de ta nudité. »

François Charron
(La chambre des miracles,
Les Herbes Rouges, 1986, p. 45)


VICTIME

« On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une victime. »

Milan Kundera
(L’insoutenable légèreté de l’être,
Éditions Gallimard, 1984, p. 390)

« […] c’est à la portée de tout le monde d’aimer des victimes. »

Jean-Christophe Rufin
(Check-point, Éditions Gallimard, 2015, p. 217)


VIDE

« À travers tout le vide qui, entre les mots, semble n’avoir rien à dire, vois ce qui doit être vu, comprends ce qui doit être compris, entends ce qui doit être entendu. »

Gilles Jobidon
(La route des petits matins, VLB éditeur,
coll. « Roman », 2003, p. 121)

« Quand les gens tombent dans le vide, dit Zoé, c’est parce qu’on ne les aime pas assez, c’est parce qu’on ne les serre pas assez fort dans nos bras, c’est parce qu’on ne les embrasse pas assez souvent. »

France Vézina
(Osther, le chat criblé d’étoiles,
Éditions Québec/Amérique, 1990, p. 1990, p. 67)


VIE

« C’est une chose tendre que la vie et aisée à troubler. »

Michel de Montaigne
(cité par André Comte-Sponville
à l’émission La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)

« […] la vie n’a pas d’odeur. »

Émile Ajar
(La vie devant soi, Mercure de France, 1975, p. 269)

« S’inventer une autre vie, ça fait battre le cœur. »

Paul Auster
(La musique du hasard, Actes Sud,
coll. « Le livre de poche » no 13832, 1991, p. 77)

« Peu importe que la vie soit obscure, floue et incompréhensible au-dedans de soi ou dans la chambre, pourvu qu’il y ait, le matin, cette familière odeur du café dans une salle à manger où la présence des autres est la garantie de la normalité de ce qu’on vit. »

Suzanne Jacob
(L’obéissance, Éditions du Seuil, 1991, p. 51)

« Life is what happens to you while you’re busy making other plans. »

John Lennon
(Voir, 25-31 août 2011, p. 6)

« L’existence tout entière est un combat; la vie, c’est de la victoire qui dure. »

Roger Martin du Gard
(Jean Barois, NRF/Gallimard, 1921, p. 23)

« La vie se ramène pour nous à ce que nous sommes capables d’en concevoir. »

Fernando Pessoa alias Bernardo Soares
(Le livre de l’intranquillité,
« Je ne suis personne », p. 60)

« La plupart du temps, la vie est occupée à se rétablir elle-même.

Torgny Lindgren
(Lumière, Actes Sud, 1990, p. 246)

« Nous voudrions que la vie fût comme l’ombre projetée par un mur ou un arbre, mais elle est comme l’ombre d’un oiseau en plein vol. »

Marek Halter
(La mémoire d’Abraham,
éd. Robert Laffont, Paris, 1983, p. 593)

« C’est mon souhait, dit-il, qu’avec le temps vous puissiez affronter la vie en tant qu’immunisé. »

Torgny Lindgren
(Fausses nouvelles, Actes Sud, 2002, p. 88)

« La vie se résume à peu de choses : “On ne se sent pas naître; on est angoissé par la mort; et on oublie de vivre.” »

Jean de La Bruyère
(cité par Michel Trudeau, mari de Fabienne Larouche;
propos rapporté par Luc Boulanger, La Presse,
Montréal, 30 janvier 2016, cahier « Arts », p. 7)

« La langue de la vie nous fondait dans la bouche »

Paul Éluard
(« Tout est sauvé », dans Une leçon de morale,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 343)

« Il n’y a qu’une vie c’est donc qu’elle est parfaite »

Paul Éluard
(« Les souvenirs et le présent », dans Une leçon de morale,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 319)

« La vie est brève, mais on s’ennuie quand même. »

Jules Renard
(Journal, cité par André Comte-Sponville
à l’émission La grande librairie, TV5, 24 mai 2020)

« La vie pouvait parfois ressembler à une forêt de lianes, il fallait en lâcher une dès qu’on avait attrapé l’autre ou on se retrouvait par terre avec les deux jambes cassées. »

Philippe Djian
(37,2° le matin, Éditions Bernard Barrault,
coll. « J’ai lu » no 1951, 1985, p. 170)

« […] je contemplai ma vie comme une page vierge et brillante où je pourrais écrire ce qu’il me plairait. »

Jack Kerouac
(Les clochards célestes, Éditions Gallimard,
coll. « Folio » no 565, 1963, p. 158)

« La vie ne garantit pas le bonheur. »

Rohinton Mistry
(L’équilibre du monde, Albin Michel,
coll. « Le livre de poche » no 15086, 1998, p. 640)

« […] il y a quelque chose “d’inexaucé” et “d’inassouvi” dans toute vie […]. »

Jean Royer
(empruntant les mots de Paul Chamberland,
cité par Gérald Gaudet dans « Jean Royer, ce compagnon veilleur »,
Les écrits no 156, 3e trimestre 2019, p. 134)


VIE ARTISTIQUE

« Une vie authentiquement artistique, et non pas simplement esthétique, est religieuse. L’inverse est aussi vrai. »

Thomas Moore
(Méditations, Éditions Flammarion, 1995, p. 104)


VIEILLESSE

« C’est probablement ça, la vieillesse : les réactions émotionnelles s’émoussent, on garde peu de rancunes et on garde peu de joies; on s’intéresse surtout au fonctionnement des organes, à leur équilibre précaire. »

Michel Houellebecq
(Les particules élémentaires,
Éditions Flammarion, coll. « J’ai lu », 1998, p. 189, 190)


VIE MONASTIQUE

« Ce n’est pas Dieu que tu sers en ce cloître, mais une idée de toi-même. »

Ève de Castro
(Nous serons comme des dieux,
Albin Michel, 1996, p. 236)


VIES HUMAINES

« La succession de toutes les vies humaines est comme une luciole vue de la Lune. »

Sylvain Trudel
(Terre du roi Christian, Les Quinze, éditeur, 1989, p. 70)


VIOLENCE

« L’univers tout entier est emporté vers la violence. Aucun être vivant ne peut dire : cette guerre n’est pas la mienne. »

Jean-Claude Carrière
(Le Mahabharata, éd. Belfond,
coll. « Pocket »no 3938, 1989, p. 180)

« La violence la plus extrême est un acte réflexe devant les miroirs légèrement inexacts. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Gallimard, 2011, p. 587)

« Traditionnellement, l’État détient le monopole de la violence légale. »

Alexandre Lacroix
(Philosophie magazine, numéro 70, p. 29)


VISAGE

« En hébreu, le mot visage ne se dit qu’au pluriel. Il n’y a pas un visage, il y a des visages. »

Lola Lafon
(à l’émission La grande librairie, TV5, 13 septembre 2020)

« Je connais ses traits comme s’ils étaient un paysage de mon enfance. »

Céline Huyghebaert
(Le drap blanc, Le Quartanier,
coll. « Série QR » no 129, 2019, p. 36)


VISIBILITÉ

« Aujourd’hui, grâce aux médias, au transistor, à la télévision surtout, le monde est devenu excessivement visible. La plus grande révolution des temps modernes, c’est cette soudaine et aveuglante visibilité du monde. »

« C’était une autre époque […]. Le monde prenait moins de place. […] il y avait beaucoup plus de place pour le chagrin intime […]. »

Romain Gary, sous le nom d’Émile Ajar
(L’angoisse du roi Salomon,
Mercure de France, 1979, p. 22 et 323)


VITESSE

« La vitesse est l’une des formes de la force. »

Alexis Jenni
(L’art français de la guerre,
Éditions Gallimard, 2011, p. 353)


VIVANT

Le vivant doit « mourir ou retentir ».

Albert Camus
(Les essais XII, Le mythe de Sisyphe,
essai sur l’absurde
, Librairie Gallimard, 1942, p. 46)


VIVRE

« Vis parmi les hommes si tu en as l’estomac […]. »

Sylvain Trudel
(La mer de la tranquillité, Les Allusifs, 2006, p. 185)

« […] on vit même en dormant […]. »

Yvon Boucher
(De la vacuité de l’expérience littéraire,
Le Cercle du livre de France,
coll. « Écritudes » no 75, 1975, p. 145)

« La majesté de vivre désavoue la mort »

Paul Éluard
(« Tout est sauvé », dans Une leçon de morale,
Œuvres complètes, Gallimard/NRF, 1968,
Bibliothèque de La Pléiade, tome II, p. 342)

« […] notre seule raison de vivre est la fabrication de l’âme. »

Thomas Moore
(Le soin de l’âme : un guide pour cultiver au jour le jour
la profondeur et le sens du sacré
,
Éditions Flammarion / Éditions du Rocher,
coll. « J’ai lu / Aventure secrète » no 4137, 1994, p. 212)


VOIR

« on ne voit bien que ce que l’on reconnaît »

José Acquelin
(L’oiseau respirable, Les Herbes Rouges/Poésie,
Montréal, 1995, p. 42)


VOIX

« Puis vint cette voix
Environ l’heure de midi
Au temps de l’été
Dans le jardin de mon père. »

Jeanne d’Arc
(à ses juges, citée par François Cheng
à l’émission La grande librairie, TV5, février 2018)


VOULOIR MOURIR

« Vouloir mourir, ce n’est pas naturel tout de suite […]. C’est une chose qui se développe et qui arrive quand on est mangé par son propre reflet […]. Se suicider, c’est refuser de se cannibaliser davantage. »

Nelly Arcan
(Burqa de chair, Seuil, 2011, p. 39)


VOYAGE

« Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une seule page. »

Saint Augustin
(cité par Ernie J. Zelinski dans Vive la retraite!
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2010, p. 227)


VOYAGEUR

« Le but suprême du voyageur est d’ignorer où il va. »

Lie Tseu
(cité par Louise Warren en exergue
de « L’invention du regard »,
Liberté no 269, septembre 2005, p. 50)


VOYEURISME

« Ces photos [celles de David Hamilton entre autres] ont été diffusées à travers le monde entier. Regardes-les. Dites-moi ce que vous voyez. C’est de l’art, voyons. Bien oui, c’est de l’art. L’art justifie tout. L’art masque tout. L’art excuse tout. L’art amène les princesses sur des plateaux. Servez-vous. »

Loulou Robert
(Zone grise, Flammarion; passage lu
par François Busnel à l’émission
La grande librairie, TV5, 13 septembre 2020)


VRAI

« Le vrai a le son du faux. »

Lao-tseu
(La Voie et sa vertu, Seuil, 1979,
coll. « Points Sagesses », chap. 78,
cité par Frédéric Lenoir, Du bonheur,
un voyage philosophique
, Fayard,
coll. « Le livre de poche », no 33359, 2013, p. 176)


YOGA

« Le yoga est l’arrêt des fluctuations mentales. »

Patanjali
(deuxième verset, cité par Emmanuel Carrère
à l’émission La grande librairie, TV5, 20 septembre 2020)


ZÉRO

« zéro est le seul chiffre qui n’a pas de doigts »

José Acquelin
(L’oiseau respirable, Les Herbes Rouges/Poésie,
Montréal, 1995, p. 14)


Plus de citations : suivez-moi sur Twitter
(600 autres citations, au 2 mai 2020).


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